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crise sanitaire — fermeture de l'abattoir

Viande locale : un retour sur les étals envisagé dès mardi

Stéphane HESPEL Jeudi 25 Juin 2020 - 14h26
Viande locale : un retour sur les étals envisagé dès mardi
Les prévisions les plus optimistes prévoient un retour de la viande locale (bœuf et porc) sur les étals mardi prochain. - Photo d'Archives DR

L'Agence régionale de santé doit donner, dans les heures qui viennent, son feu vert pour la réouverture de l'abbatoir territorial. Au plus tôt, comme l'espère Alexandre Dumontier, ce sera pour lundi. Dans le cas contraire, le secteur pourrait connaître d'importantes difficultés. Le consommateur, lui, fait déjà les frais de cette pénurie de viande locale sur les étals des bouchers qui dure depuis quelques jours maintenant. 

Il y a plus de dix jours, deux salariés de l'abattoir territorial, à Rémire-Montjoly, ont été déclarés positifs au Covid-19. Une situation qui a mis à l'arrêt la structure. Les locaux ont été désinfectés cette semaine. Les personnels ont tous été mis en quarantaine. Initialement prévue pour début juillet, leur réouverture pourrait être effective lundi. La Scebog (Société coopérative des éleveurs de bovins de Guyane ...), les éleveurs et les bouchers l'attendent avec impatience. Faute de quoi, la viande locale pourrait être absente encore un peu longtemps dans l'assiette des Guyanais.
Des mesures barrière renfocées
Alexandre Dumontier, président de la Sebog est aujourd'hui optimiste sur la réouverture de l'abattoir, mais reste prudent. « Les rayons habituellement fournis en viande locale le resteront jusqu’à la fin de la semaine », précise-t-il. « On va essayer de rouvrir l’abattoir en début de semaine prochaine. Les agents ont été à nouveau testés et, en fonction des résultats, s’il y a suffisamment de négatifs et en renforçant les mesures barrières… on rouvrira. On est dix jours après le premier test avec deux cas positifs. Par contre, s’il n’y a pas suffisamment de personnel, l’abattoir ne pourra pas rouvrir. »
L'abattoir est un outil de travail désinfecté tous les jours. Pas d'inquiétude à ce sujet. « Le problème concerne essentiellement la partie vestiaire. Il faudra, dans le cadre de la réouverture, étaler les arrivées de personnels, désinfecter après chaque passage… »
Entre 25 et 30 bêtes livrées habituellement
Cette semaine, les bouchers ont dû travailler avec ce qui leur restait, pour certains, de la semaine précédente. Il n'y a donc pas eu d'abattage à Rémire. Quatre bêtes l'ont été à l'abattoir de Mana, l'autre abattoir de Guyane, mais plus petit. La viande a été livrée aujourd'hui sur Cayenne, notamment auprès de certains bouchers des halles centrales. Mais ça reste limité. « Habituellement, 25 à 30 bêtes sont livrées chaque semaine par l'abattoir de Rémire. Celui de Mana a par ailleurs réduit sa capacité d’abattage pour un problème de chambre froide. Généralement ont faisait appel à eux. Même s'ils nous rendent service, ils ne sont pas en mesure d’absorber plus de la moitié de l’abattage réalisé à Rémire. Il y a aussi un problème de coût car ce sont les collectivités locales qui subventionnent l'abattoir. Celui de Mana est donc réservé principalement à l'abattage des animaux élevés dans l'ouest. Il peut nous dépanner mais l'abattage est fait à prix coûtant. Ce qui augmente le coût de l'abattage. »
« Il faut qu’il puisse rouvrir »
Depuis plusieurs jours, les volumes de viande sur les étals de l'Île de Cayenne fondent comme neige au soleil… Si l'abattage ne redémarre pas, il n'y aura nulle part de viande locale. Sauf dans l'Ouest. Ni viande bovine. Ni porc. « Il faut qu’il puisse rouvrir. Sinon ça va devenir problématique pour beaucoup d’entreprises. D’ailleurs, je plains beaucoup les entreprises des autres secteurs qui elles ont subi cette situation de fermeture pendant plus de huit semaines. En plus, elles doivent, avec les nouvelles mesures, refermer, comme c’est le cas pour les restaurants, le soir. Quand on voit les difficultés que l’on a en nettement moins de temps… ça fait froid dans le dos. »

Si les bovins sont de nouveaux abattus lundi, mardi ils seront livrés aux bouchers. Même chose pour le porc. « Un bovin qui pousse un peu plus ne crée pas de souci à l’éleveur. C’est différent pour le porc car quand il est prêt, il ne peut pas attendre avant d’être abattu. Au bout d’un certain temps d’élevage, la bête cesse sa croissance, et ensuite elle commence à faire du gras. La qualité de la viande n’est alors plus la même. »
 
« Tout le monde essaye de se mobiliser »
Marie Mornand est éleveuse de bovins à Macouria et propriétaire d’une boucherie. Elle commercialise uniquement de la viande des élevages familiaux et donc de la viande locale.
« Toute cette semaine, et vu les conditions actuelles, on ne se permet pas de faire de stock. S’il n’y a pas d’abattoir, il n’y a pas de production, explique-t-elle. On n’a pas de carcasse en stock. La demande locale est pourtant en pleine progression, elle représente aujourd’hui 20% du marché. »

Tous les points de vente sur les marchés étaient donc fermés cette semaine. De même que la boutique au marché central, place du Coq, à Cayenne. La possible réouverture de l’abattoir de Rémire lundi prochain est un réel soulagement, dit-elle. « Au départ ce qui avait été annoncé, c’est plus de 15 jours de fermeture. C’était très inquiétant. Tout le monde essaye de se mobiliser. Cela dépendra aussi des résultats qui seront donnés par l’ARS, sur les personnes testées. »
Une catastrophe si cela se prolonge
Beaucoup de craintes reposaient, au niveau de la profession, sur la communication qui serait faite par rapport à cette fermeture. « Il ne fallait pas que ce soit interprétée comme viande = covid. Les choses ont été bien faites. Si la fermeture se prolonge, ce serait une catastrophe du point de vue économique pour la filière. La difficulté est plus grande encore pour les producteurs de porc ou de volaille qui sont sur du hors-sol. Ils doivent continuer à leur apporter de l’alimentation qu’ils doivent acheter. C’est différent pour les éleveurs bovins qui travaillent sur de l’extensif. Les bêtes peuvent continuer à paître dans les près. »

Le confinement a quand même permis à certaines personnes d’accéder à la production locale, via les paniers, les livraisons à domicile… « Mais il ne faut pas que ça traîne, que ça encourage des abattages illégaux… »
Et l’éleveuse d’ajouter « qu’on n’est toujours pas assez au niveau des élevages de bovins installés en Guyane. Des structures comme la Scebog ont permis de structurer la filière et de développer la commercialisation. Notre chance dans cette crise est d’avoir un camion magasin qui peut se déplacer sur les marchés et d’avoir aussi une loge au marché central, contrairement à d’autres qui n’ont que ça. »
 


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Vos commentaires

Ergo sum 25.06.2020

Relancer le bovin en pleine montée de la leptospirose ?
Allez-y...

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