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« Sur le plan médical, le reconfinement paraît être une évidence »

A.G. Lundi 22 Juin 2020 - 15h03
« Sur le plan médical, le reconfinement paraît être une évidence »
Le comité territorial scientifique recommande de conforter les capacités en réanimation et de prendre des mesures pour imposer le port du masque auprès de la population. - AG

Avant de se prononcer sur la question du reconfinement, le comité territorial scientifique de la Collectivité territoriale de Guyane souhaite entendre les propositions d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer, attendue demain en Guyane. Il recommande de conforter les capacités en réanimation et de prendre des mesures pour imposer le port du masque auprès de la population.

Après la question de la réouverture des collèges et lycées ou le report du second tour des élections municipales, c’est sur le reconfinement que le comité territorial scientifique de la collectivité territoriale de Guyane (CTG) s’est penché ce matin. Si les avis des médecins convergent très nettement vers la solution d’un reconfinement, le comité attend de rencontrer la ministre des Outre-mer pour trancher sur la question. Annick Girardin doit arriver en Guyane demain et dévoilera les contours des nouvelles stratégies de l’Etat pour faire face à la crise sanitaire dans le département.

« On est dans une situation de quasi-confinement. Les conséquences économiques sont déjà très lourdes et ne sont pratiquement plus accompagnées. S’il devait y avoir un nouveau confinement – et à mon sens comme pour la plupart de mes collègues, sur le plan intellectuel et médical, ça paraît être une évidence –, il devrait être mis en place avec l’accompagnement de l’Etat, comme en mars et en avril », fait valoir le Dr Antoine Burin.

Le comité d’expert salue l’initiative de la ministre de venir avec un hôpital de campagne de la sécurité civile, qui permettra d’augmenter le nombre de lits d’hospitalisation. Il recommande en parallèle un accroissement des capacités en réanimation. « L’urgence, c’est la réanimation. Il faut conforter ce service », affirme le Dr Roger Loupec.
Des sanctions pour non port du masque
Pour enrayer l’épidémie, le comité d’experts recommande et réaffirme la nécessité du port du masque, quitte à imposer des sanctions à ceux qui n’en portent pas. « Pour éviter un confinement total aujourd’hui, il faut que chacun mette son masque, respecte les gestes barrières et reste chez lui s’il n’a rien de particulier à faire », insiste le Dr Serge Plenet.

« Si deux personnes portent des masques, on diminue la transmission du virus entre elles de plus de 95 %, rappelle le Dr Mirdad Kazanji, directeur de l’Institut Pasteur. Dans les pays où le confinement a été évité, trois critères étaient associés : le port d’un masque, le dépistage massif de la population pour isoler les cas et la mise en place d’un système de traçage des cas contacts. Si ces trois critères sont appliqués, on peut diminuer les mesures de confinement. En Guyane, malheureusement, le port de masque n’est pas respecté. »
Objectif de 1.500 tests par jour
En stade 3 comme en stade 2, le dépistage reste un outil primordial pour avoir une vision précise de l’évolution de l’épidémie et de la circulation du virus. « On ne teste pas pour guérir les gens. Ça nous permet de savoir où se trouve le virus, d’isoler les cas et de ralentir la progression de la maladie pour éviter d’être submergé en réanimation », explique le Dr Loupec.

Grâce à l’acquisition d’un nouvel automate, le Centre hospitalier de Cayenne a doublé sa capacité de dépistage. L’objectif est d’arriver prochainement à plus de 1.500 tests par jour et d’avoir un meilleur maillage des capacités de dépistage sur le territoire. « Avec la mise en place d’un laboratoire d’analyse au CNRS, on va faire 500 tests supplémentaires par jour et une convention doit être signée entre le Centre hospitalier de l’Ouest guyanais et le Centre hospitalier de Cayenne : un automate sera mis à disposition du Chog pour développer ses capacités », souligne le Dr Antoine Burin.
Un pic mi-juillet
Le pic épidémique est envisagé lors de la deuxième quinzaine de juillet. Mais la situation saniatire guyanaise dépend aussi de celle de son voisin brésilien. « Le Brésil n’a pas encore atteint son pic épidémique aujourd’hui, indique Mirdad Kazanji. Il faut aussi tenir compte de la notion de saisonnalité. Le virus a le même mode de transmission que la grippe. Or on sait que pour la grippe, il y a deux vagues : une en février-mars et l’autre en mai-juin avec une fin d’épidémie de grippe en Guyane en août. Il est donc possible que le virus se comporte de cette façon. On espère que cette épidémie sera atténuée, en Guyane mais aussi au Brésil, d’ici à septembre ou octobre. »
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1 commentaire

Vos commentaires

Laurent du maroni 22.06.2020
Scolarité

Faudrait déjà, peut être, planifier une rentrée très particulière afin de pouvoir assurer la scolarité des jeunes dès septembre et ne pas se poser ces questions en août.

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