• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
Les socioprofessionnels avec le ministre des Outre-mer

Sébastien Lecornu : « Si la crise continue, on n’abandonnera personne »

SH Lundi 13 Juillet 2020 - 12h41
Sébastien Lecornu : « Si la crise continue, on n’abandonnera personne »
La rencontre de ce matin avait lieu à la résidence préfectorale, peu avant le départ de Sébastien Lecournu pour Saint-Georges de l'Oyapock. - Photo Préfecture de Guayne

Arrivé hier avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, a rencontré ce matin, à la résidence préfectorale, à Cayenne, les représentants du monde socioprofessionnel. Jean Castex, de passage éclair, n'avait pas eu l'occasion de les voir, la veille, avant de repartir vers Paris. Avant de s'envoler vers Saint-Georges, le représentant du gouvernement a tenté de rassurer son auditoire et de faire la promesse que personne ne sera abandonné en marge de la crise économique que vit aujourd'hui la Guyane, comme expliqué en marge de la réunion.

« Une fois que la Guyane sera déconfinée, est-ce que l’activité va redémarrer ? C'est aujourd'hui la vraie angoisse », rappelle Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, qui rencontrait ce matin, à la résidence préfectorale, à Cayenne, les représentants du monde socioprofessionel. Ces derniers, un peu déçus de ne pas avoir pu transmettre, la veille, au Premier ministre, leurs craintes et leurs interrogations au chef du gourvernement ont pu néanmoins obtenir quelques réponses et autres confirmations auprès du nouveau locataire de la rue Oudinot (lire par ailleurs dans l'encadré). Et le ministre de faire la promesse, à la sortie de cette réunion que « si la crise continue, on n’abandonnera personne. »

Depuis le début de la crise sanitaire, les socioprofessionnels ont rapidement réagit face aux difficultés rencontrées par l'économie guyanaise. Leurs craintes face à cette situation avaient notamment été réitérées mercredi dernier lors d'une conférence publique au siège de la CCI (Chambre de commerce et d'industrie). Une réunion au cours de laquelle il avait été rappelé qu'un plan de relance, d'une dizaine de points, serait remis à la délégation gouvernementale lors de sa visite en Guyane.
Le fonds de solidarité confirmé
à 3 000 euros
« Pour aller mieux sur le terrain économique, il faut aussi qu’à un moment l’activité puisse redémarrer. Le préfet Latron a reçu des instructions très claires en la matière », a indiqué Sébastien Lecornu quelques minutes avant son départ pour Saint-Georges de l'Oyapock. Passage obligé, explique-t-il, car « la tenue des frontières participe aussi à la gestion de la crise sanitaire. »

Aujourd'hui, poursuit-il, « il y a un enjeu de sauvetage. Des entreprises peuvent disparaître dans les jours qui viennent. C’est l’objet de l’annonce du Premier ministre hier que de doubler le premier volet de fonds de soutien aux entreprises. Qui passe de 1 500 à 3 000 euros. C’est de l’aide à la trésorerie. De la subvention. Cet argent ne sera pas à rembourser par l’entreprise. Ces jours gagnés seront précieux et donneront de l’air aux entreprises. »
Il a aussi indiqué que « l’Etat mettait bien les dispositifs d’accompagnement aussi longtemps que l’état d’urgence sera tenu : chômage partiel, exonérations de charges, report de charges fiscales. »
Des moyens financiers nouveaux de l'Etat
Le maintien des aides, est l'une des promesses faîte par le ministre qui évoque aussi « la mise en place par l’Etat de moyens financiers nouveaux pour la Guyane pour un redémarrage par la commande publique. Il faut définir et hiérarchiser un certain nombre de projets d’investissements, publics et privés, dans le cadre d’un plan de relance spécifique par rapport à la Guyane. » Mais il rappelle également qu'il y a déjà « de l’argent nouveau mis sur la table pour les collectivités territoriales. Cela permet de les aider à avoir une trésorerie qui fonctionne et à payer leurs fournisseurs dans les temps et dans une autre mesure des subventions directes pour permettre des investissements (équipements scolaires constructions nouvelles…). »

Sur le plan national, « un milliard d’euros a été débloqué, dont une bonne enveloppe pour les Outre-mer, en fonction des projets. Mais il faut faire en sorte qu’ils démarrent vite. » Et pour les Outre-mer… ? Ce serait environ 60 millions, peut-être plus… « Il faut rapidement des crédits de paiements qui créent de l’activité économique qui eux créent des emplois. »

S'agissant du secteur de la restauration, dont la problématique est récurrente ces dernières semaines, « les 3 000 euros sont une première réponse qui ne suffira sans doute pas. Donc on va regarder avec la CTG comment on peut faire. » Rodolphe Alexandre, président la Collectivité territoriale avait déjà évoqué le sujet la semaine dernière, évoquant même une enveloppe qui pourrait approcher, plus ou moins, les 7 millions d'euros.
« Ce n'est pas qu'une affaire d'argent »
Le ministre des Outre-mer évoque aussi, pour dans les jours à venir, d'encore un peu plus de souplesse dans les procédures d'aides aux financements par l'Etat. « Aujourd’hui, en dessous de 40 000 euros, les procédures sont simplifiées et on se demande si on ne va pas encore aller au–delà. Ce n’est pas qu’une affaire d’argent, beaucoup de subventions ont pu être données et l’argent n’est pas dépensé car le projet n’avance pas. Il y a des crédits importants sur la construction de logements qui pour un tas de raisons  ne sont pas construits et l’argent n’est pas dépensé. »

A Mayotte comme en Guyane, la plupart des mesures d'indemnisations dans le cadre des pertes de chiffre d'affaire relevait du droit commun. Mais, ajoute le ministre, « on commence à aller plus loin vers des mesures spécifiques car la crise sanitaire perdure. Ces dispositifs sont nécessaires. Sur le plan social, les entreprises seront ainsi exonérées jusqu’à la fin de l’état d’urgence. »

Quelques réactions des socioprofessionnels
 
Albert Siong, président de la Chambre d’agriculture
« Nous avons besoin de plus aujourd’hui »
« Les agriculteurs ont beaucoup de problèmes, rappelle le président de la chambre d’Agriculture. Ils ont travaillé mais comme les restaurants sont fermés, les marchés locaux aussi… et malgré les quelques points de vente ouverts cela ne suffit pas pour l’ensemble de la profession qui continue à avoir beaucoup de charges. » Le ministre n’a pas eu le temps de répondre à chaque question poser. Ce qui fait dire aujourd’hui à Albert Siong que « l’agriculture est un peu oubliée. Nous lui avons demandé plus de soutien financier pour les agriculteurs. Malgré le fonds de solidarité (1500 euros par exploitation) cela ne suffit pas et permet juste de survivre. Il faut un plan de relance pour la profession. L’annonce a été confirmée que cette aide serait doublée mais nous avons besoin de plus, d’une aide plus conséquente. »


Carine Sinaï, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI)
« On ne croit que ce qu’on voit »
Carine Sinaï, présidente de la CCI a présenté ce matin au ministre les propositions établies dans un plan de relance pour la Guyane avec la CPME, le Medef, la Chambre des métiers, la FRBTP (bâtiment), la Fedom G, les ordres des professions libérales, le barreau.
« Nous allons travailler sur ces points avec le cabinet du ministre dans les jours à venir, précise-t-elle. Le ministre a compris nos revendications. Il a notamment confirmé un des points pour lequel nous demandions le doublement du fonds de solidarité. De 1500 à 3000 euros. On peut dire que ça avance. D’autres points — 9 au total — seront ensuite abordés. »
Parmi ces autres points, il y a les propositions sur les délais de paiement, les exonérations aux charges sociales, aux indemnisations car il y a une perte de chiffre d’affaire (nous demandons pour certaines professions comme les salles de sports, les organisations de bals, d’événementiel, les hôtels, la restauration…).
Et la présidente d’expliquer que le ministre se dit aujourd’hui « ouvert à tout travail et que bientôt il reviendra vers nous pour que nous puissions avancer sur les dossiers, comme nous l’avons déjà fait depuis le début du confinement. C’est plutôt positif. Mais, on ne croit que ce qu’on voit ! »

Thara Govindin, présidente du Medef Guyane
« Ce sont tous les secteurs qui sont concernés,
pas que le tourisme »
Les choses vont dans le bon sens, acquiesce la présidente du Medef, « nous avons rappelé que les 9 propositions ne sont qu’une annexe d’un plan de relance élaboré avec l’ensemble du secteur privé, au mois d’avril. Nous avons expliqué qu’il serait temps de travailler sur un plan de refondation de l’économie guyanaise. Ça n‘allait pas assez vite jusqu’à présent, mais nous espérons que maintenant ça ira très vite avec cette nouvelle équipe. »
Et Thara Govindin d’expliquer aussi que « nous avons à nouveau rappelé, dans notre plan de relance, que les points que nous évoquons sont dans l’Accord de Guyane et qu’il y a d’autres plans qui ont été proposés à maintes reprises. On est toujours sur la dynamique. On a le sentiment que le ministre est réceptif sur la question des pertes de chiffre d’affaire. Il n’y a pas eu de oui ferme sur une indemnisation la question de la perte d’exploitation. On va y travailler ensemble. Ce sont tous les secteurs qui sont restés confinés qui sont concernés, pas que le tourisme. »
 


Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
Consultez également les données des pays dans le monde touchés par l'épidémie.
» Accédez aux données

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
6 commentaires

Vos commentaires

gerard 14.07.2020
C

undefined

Répondre Signaler au modérateur
Ergo sum 14.07.2020

"Si la crise continue, on n’abandonnera personne "

Et si la crise se termine, on abandonnera tout le monde...

Répondre Signaler au modérateur
Didy20 14.07.2020

Quelle honte!!
Colonialisme à vie.
Les 1er ont demandé leur indépendance. Mais quand on voit le cours de l histoire, on constate que la dette est à vie.

Répondre Signaler au modérateur
dny973 13.07.2020

On ne croit que ce que l'on voit. Ce sont là les mots qui résument ces visites. Lorsque les actes suivront, la confiance sera rétablie.

Répondre Signaler au modérateur
Vendeta973 13.07.2020
Plan de Relance

1) Céder des permis d’exploitation aurifère et ainsi supplanter le pillage des grimperons par l’initiative privé,
2) Céder des permis d’exploitation pétrolifère, et ainsi éviter que le surinam et le Brésil ne pompent nos reserves,
3) Céder des permis d’exploitation forestière, et arrêter la cueillette qui aboutit à ce que l’on importe du bois depuis l’Europe !!!
4) Créer Une zone franche sur l’ensemble de la guyane (le CNES n’en bénéficie t il pas déjà),
5) Remettre au gout du jour les travaux forcés pour tout les délinquants du pays qui pourraient construire des routes pour désenclaver le fleuve, Saül, ouanary, etc...
6) pour éviter le pillage de notre Guyane et l’immigration illégale, mise en place d’une frontière Comme celle séparant la Corée du Sud et du nord (barbelé, mirador, champs de mine),
7) priorité à l’emploi national,
8) suppression des aides aux non nationaux,

En deux/trois ans la Guyane deviendrait un veritable Eldorado et nos jeunes auraient du travail au lieu de risquer leurs vie à faire les boulet eux.

Répondre Signaler au modérateur
MartinEden 13.07.2020

1) Supprimer toute possibilité exploitation aurifère sur notre territoire.
Déforestation, pollution, criminalité et maladies sont les conséquences (trop) visibles pour la population locale.
2) Supprimer toute possibilité exploitation pétrolière sur nos côtes pour éviter tout risque de crise écologique sur nos plages.
Les derniers forages n’ont pas prouvé que la Guyane possède des gisements satisfaisants.
3) Organiser la déforestation et la construction de logements et activités touristiques seulement surtout le littoral de la RN1 jusqu’à l’océan atlantique.
4) Appliquer une politique répressive et efficace pour la démoustication du littoral pour attirer le tourisme.
5) Promouvoir l’énergie solaire et éolienne avec des avantages fiscaux importants aux propriétaires d’habitations.
6) Créer une zone franche MAIS « … avant procéder à des analyses coûts-avantages serrées et user de clauses couperet. »
7) Fin des aides de la CAF après le 3ème enfant et révision du « statut personne isolée »
8) Construction (déjà proposée par des politiques) d’un pont entre Saint Laurent du Maroni et Albina et contrôle des transports par pirogue.
9) Aménagement des pistes cyclables sur la RN 1 et les villes.
10) Aide aux immigrants « choisis » comme au Canada.
12) Taxe importante sur les ventes d’alcool. Interdiction des campagnes publicitaires et consommation dans la rue.
13) Construction d’établissements scolaire à hauteur du nombre d’élèves guyanais. Enorme retard par rapport à la Martinique.

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
1 commentaire
4 commentaires
10 commentaires
4 commentaires
A la une