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crise sanitaire

« On a une fusée qui doit décoller, mais une Guyane qui se meurt »

Stéphane HESPEL Mardi 23 Juin 2020 - 11h19
« On a une fusée qui doit décoller, mais une Guyane qui se meurt »
La rencontre avec la direction du Centre spatial guyanais avait lieu ce matin. - Photo DR

Ce matin, des membres du collectif Mayouri santé Guyane ont rencontré la direction du Centre spatial guyanais. Objectif de l’entretien : connaître la stratégie des moyens mis en place par le CSG (Centre spatial guyanais), depuis le début de la crise, pour les salariés et pour la population et demander au Cnes (Centre national d'études spatiales ) de continuer à apporter sa pierre à l’édifice compte-tenu de son influence auprès du pouvoir.

Composé d’une vingtaine d'associations, partis politiques et syndicats, le MSG (Mayouri santé Guyane) était reçu ce matin par la direction du Cnes. « Nous avons un but commun, c’est protéger la population, rappelle Philippe Bouba, porte-parole du collectif. « Nous sommes, au MSG, depuis le départ, sur les mêmes revendications et exigences. On est entendu au fur et à mesure. Mais il a fallu qu’on poursuive notre combat pour que des dispositions simples soient effectives en Guyane. »
La demande de gratuité
pour les masques
L’industrie spatiale tient une place importante à Kourou, en particulier, et dans toute la Guyane, en général. Dans son exposé et dans les demandes effectuées auprès de Marie-Anne Clair, directrice du CSG, le MSG a évoqué, entre autres, la question des masques. « Le CSG doit prendre conscience que la gratuité des masques est une priorité pour protéger la population. Il est inconcevable d’aller en pharmacie ou dans un magasin et de payer pour un masque. On l’a souvent répété. Les plus démunies ne peuvent pas se protéger. Mais il faut aussi que les distributions soient intelligentes. Coordonnées. »
« Ce qui a été fait est insuffisant »
Et Philippe Bouba d’ajouter que : « On est conscient qu’on est force d’action et de proposition, à l’instar du meeting que nous avons organisé samedi devant le centre hospitalier de Cayenne. On nous a expliqué au CSG que le Cnes et d’autres entreprises de la base ont opéré des distributions de masques. Des dons financiers ont également été fait. Il faut que cela continue. Des mesures ont aussi été prises pour les salariés de la base. »
Le syndicaliste est plus critique concernant la gestion de la crise par les autorités locales. « Ce qui a été fait est insuffisant et ça se voit. Et c’est d’autant plus légitime depuis plusieurs jours. Certains élus nous ont même dit, il y a trois semaines, regretter le manque de communication entre la préfecture et les élus de terrain. » Et d’indiquer que ce matin, « l’échange au CSG a été positif. On a confiance que des choses vont se faire. »
« La priorité c’est la santé »
En 2017, les leaders du mouvement social de mars-avril répétaient l’adage suivant : « La fusée décolle mais la Guyane reste au sol. Une phrase aujourd’hui adaptée à la crise sanitaire : « Actuellement, on a une fusée qui doit décoller mais on a une Guyane qui se meurt, rappelle au nom du collectif Philippe Bouba. La priorité, c’est la santé. Elle doit être au cœur de toutes nos préoccupations, au-delà des intérêts économique et financier. »
Le MSG poursuit ses rencontres et entend peser sur les choix et les décisions à venir concernant la crise sanitaire. - Photo DR

« Il faut appliquer aujourd’hui les propos
du président »
Une personne est maître de tout aujourd’hui, selon le MSG, c’est le président de la République. « C’est lui qui a pris position depuis le 12 mars en disant : la santé n’a pas de prix, quoi qu’il en coûte, le gouvernement sauvera des vies. Maintenant, à la France d’appliquer les propos de son président. » La situation actuelle continue d’inquiéter. « Entre les mots du président et la réalité sur le terrain… il y a un décalage. Mais c’est valable pour tous les territoires, peu importe la région. Et comme le président a dit, tout ne peut pas se décider à 7000 kilomètres de Paris. Et c’est pourquoi nous avons fait des propositions pour la Guyane depuis le début. »
La problématique des tests et
une demande de rencontre avec la ministre
S’agissant des tests, le MSG évoque aujourd’hui l’appel à l’aide du laboratoire Carage de Kourou. « Le laboratoire manque de réactifs. A deux reprises, ses colis ont été débarqués de l’avion à Paris. Une situation dont l’Agence régionale de santé se fait l’écho aujourd’hui dans un communiqué, citant Thierry Carage. « C’est permanent. On nous les a annoncés dans l’avion de samedi, puis de lundi. On va maintenir le drive et rattraper le retard (de tests) en fin de semaine (après congélation des prélèvements) mais ce n’est pas une bonne solution. »
Dans le contexte de l’arrivée cet après-midi de la ministre des Outre-mer, le MSG a demandé une rencontre avec Annick Girardin. « Nous sommes en attente d’une réponse, en tant que représentants de la société civile et de plusieurs organisations », indique Philippe Bouba.
 


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11 commentaires

Vos commentaires

Nespresso 24.06.2020
les nuisibles

J'ai vraiment beaucoup de mal à comprendre la publicité que fait la presse lokale à ces miettes de groupuscules qui ne représentent qu'eux-mêmes, qui ont du mal à aligner deux idées cohérentes, dont tout le monde se fout éperdument, qui ne respectent pas les lois de la République et dont on ignorerait avec bonheur l'existence et le pouvoir de nuisance, si on en parlait pas dans ces colonnes.

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Josse 24.06.2020
... force d’action et de proposition...

P.Bouba ose dire qu'ils sont "force d’action et de proposition"

Il y a plus de monde devant les chinois chaque soir, que ces 25 clampins présents devant l’hôpital.

La gueule du meeting....

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Josse 24.06.2020

j'aimerai bien connaitre les différentes aides et subventions que touchent tous ces collectifs ?

Et comme dit plus bas , ils ne représentent rien ni personne.
Ils ne sont pas élus, ils ne sont pas choisis par les Guyanais, ils n'ont aucune légitimité.

On a bien vu samedi lors de leur dernier rassemblement devant l’hôpital qu'ils étaient 25 à tout casser.
Les Guyanais ont en marre de ces gens.
C'est bien dommage que la presse écrite et radio leur accorde autant de visibilité.

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den97300 24.06.2020
Toujours à critiquer...

Les internautes qui ne cessent de critiquer, vous en avez pas marre ? Trouvez des solutions, apparemment vous avez un avis sur tout...et j'espère aussi LA solution qui va avec toutes ces critiques. Partagez votre science. A vous lire tous, vous ferez mieux que tous les autres. Alors au boulot !!!

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Vendeta973 24.06.2020
Représentant que de leurs Nombrils....

Composé d’une vingtaine d'associations, partis politiques et syndicats, ces auto-proclamés portes-parole prêchent leurs propres discours politiques indépendantiste et d’auto-détermination traduction de frustrations profondes en quête de reconnaissance.
Fonctionnaire pour la plus part profitant de la générosité républicaine, crachant sur le confinement du week-end et paradant l’étendard levé marqué de l’étoile rouge du communisme disparu dans les abimes de l’histoire.

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titi2b 24.06.2020

Des gens qui ne représentent qu'eux même !! Pitoyable..

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bozo 24.06.2020
guignol

Les Komité associatifs présentent encore et toujours 500 associations composées en tout et pour tout de moins de 20 membres dont chacun porte 25 casquettes.

Pendant ce temps, il existe un véritable manque de moyens récurent en Guyane, 300.000 personnes laissés pour compte?
Nous verrons bien si la visite du ministre change quelque chose, sauf que là le résultat sera visible, il se comptera en nombre de morts...

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Laurent du maroni 24.06.2020
Cerveaux

J'apprécie l'action du CSG durant cette période cependant je regrette fortement que tous ces véritables "cerveaux sur pattes" qui planchent pour envoyer des trucs dans l'Espace façon Musk et sa Tesla ne soient pas plutôt intéressés pour des études plus terriennes afin de sauver des vie, protéger l'environnement...

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mikeromeo 24.06.2020

Couverture de survie, nourriture lyophilisé, désinfection des germes avant tir...
Heureusement que des curieux cherchent des choses qui ne présentent pas d'intérêt aux yeux des autres. On n'aurait pas inventé le feu.

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mikeromeo 23.06.2020

20 associations, ils sont moins de 10.
Qu'ils se présentent aux élections !

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