• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
Coronavirus

"Nous sommes à la croisée de deux vagues"

I.J. Vendredi 6 Août 2021 - 11h49
"Nous sommes à la croisée de deux vagues"

La troisième vague n'est pas redescendue que l'heure est déjà au bilan, avec, sans transition, l'émergence de la quatrième vague. France-Guyane fait le bilan croisé.

La troisième vague n'est pas redescendue que l'heure est déjà au bilan, avec, sans transition, l'émergence de la quatrième vague. C'est en ces termes que l'ARS ainsi que le préfet Thierry Queffelec - lors de son allocution hebdomadaire du 5 août -  présentent la situation.

Cette quatrième vague, c'est le spectre du variant Indien - alias Delta - qu'elle incarne : "La troisième vague se termine, mais il faut bien comprendre que nous allons enchaîner directement avec la quatrième, dont le variant Delta est encore plus agressif, plus virulent et plus mortifère" déclarait ainsi Thierry Queffelec en prenant pour exemple les Antilles où l'épidémie fait rage actuellement, avec des taux d'incidence cinq fois plus élevés qu'en Guyane.

Plus d'admissions en réanimation et de décès en quatre mois que sur une année de de circulation des souches historiques

En attendant les prochaines mesures restrictives qui ne sauraient tarder, que retenir de la vague liée au variant brésilien, dénommé à présent Gamma ? " Davantage de patients ont été admis en réanimation et/ou sont décédés au cours de cette vague épidémique qu’au cours des deux vagues précédentes, alors que le nombre de cas confirmés de Covid-19 est comparable. Les personnes avec comorbidités ont été les plus touchées, principalement celles souffrant de diabète, d’hypertension artérielle ou d’obésité. Les femmes ont été davantage touchées, mais pas les jeunes" constate la cellule régionale de Santé publique France, dans une note consacrée aux formes sévères de la maladie. 

Selon les estimations de l'ARS et des centres hospitaliers, ce sont au total, 276 personnes qui ont été admises en réanimation au cours de cette troisième vague contre 217 pour la période du 4 mars 2020 au 21 mars 2021. "En quatre mois, on a donc observé plus d’admissions en réanimation que sur une année de circulation des souches historiques" relève cette dernière. Même constat pour les décès : l'ARS comptabilise 100 décès au cours de la troisième vague contre 89 pour les deux précédentes. "Cela signifie que malgré une circulation du virus depuis un an et demi dans la population, une vague de plus forte ampleur et de plus grande sévérité est possible" conclue l'institution dans sa lettre de ce jour.

Les personnes les plus à risque de décéder du Covid-19 n’ont pas évolué

Second constat majeur : Le profil des personnes les plus à risque de décéder du Covid-19 n’a pas évolué au cours de cette troisième vague.

Il s’agit de patients âgés de plus de 60 ans et présentant au moins une comorbidité. Les "60 ans et plus" représentent ainsi plus des trois quarts des décès quelle que soit la vague. "Les données par âge montrent que la sévérité n’a pas augmenté chez les plus jeunes (moins de 50 ans). Proportionnellement à leur nombre, les 70 ans et plus ont été les plus touchés avec 460 décès pour 100 000 habitants contre 160 pour 100 000 pour les 60-69 ans et moins de 100 pour 100 000 pour les moins de 50 ans"indique l'ARS.

Le chef du pôle urgences – soins critiques à l’hôpital de Cayenne, le Pr Hatem Kallel a tempéré auprès de l'ARS : « La moyenne d’âge des patients ne changent pas, mais c’est une moyenne mathématique : toutes les tranches d’âge sont concernées. », relevant qu'une femme de 40 ans sans pathologie, par exemple, est décédée en réanimation à Saint-Laurent du Maroni, cette semaine.

La proportion de femmes parmi les personnes décédées est d'ailleurs plus importante lors de la troisième vague qu’au cours des précédentes (43% vs 35%).

Quelle que soit la vague, la majorité des patients avaient au moins trois comorbidités et les personnes sans comorbidité étaient rares. "Parmi les personnes décédées et pour lesquelles les informations sont disponibles (152), seulement 11 n’avaient pas de comorbidités".
Ce sont toujours les mêmes comorbidités : hypertension, diabète, et obésité. Les chefs de services de  réanimation relèvent enfin qu'aucun ne présente un schéma vaccinal complet.

En revanche, le Pr Kallel confirme ses observations déclarées initialement auprès de France-Guyane le 7 juin dernier lors de immersion au service de réanimation : le délai se raccourcirait entre le début des symptômes, le moment où la maladie est installée et son aggravation qui nécessite l’admission du patient en réanimation. "Une évolution qui peut s’expliquer par la nature du variant. Mais, en Guyane, des médecins ont aussi constaté un recours plus tardif au dépistage ou à la consultation de la part de certains patients symptomatiques" tempère l'ARS dans sa lettre du jour.

40 décès en juillet, un record en Guyane 

Les hôpitaux relevent que quarante personnes sont décédées du Covid-19 pour ce mois de juillet. C'est un record mensuel pour le territoire. "Cette hausse ne peut s’expliquer par la présence du variant delta, arrivé depuis trop peu en Guyane, selon l'ARS. Pour cette les institutions, ce chiffre s’explique par la durée particulèrement longue du pic de contaminations : "le pic des contaminations a été atteint mi-mai, celui des hospitalisations à la fin du même mois. Les incidences ont ensuite baissé brièvement pour se stabiliser à un plateau haut. On sait que la majorité des décès se produit après ce pic et sont les plus élevés en fin de vague. La durée de ce plateau n’a fait qu’aggraver l’impact de cette troisième vague".
Point Covid de la semaine

Selon le point épidémiologique de Santé Publique France du 6 août, l’incidence hebdomadaire est stable en Guyane, entre 200 et 260 cas de Covid-19 pour 100 000 habitants.

Le variant delta (ex-indien) circule de plus en plus, à mesure que le variant gamma (ex-brésilien) disparaît. Alors que ce dernier représentait encore plus de 90 % des contaminations il y a trois semaines, il n’était présent que dans un peu plus de la moitié des échantillons criblés, la semaine dernière. Dans le même temps, de quelques cas sporadiques, le variant delta est désormais présent dans plus de 40 % des échantillons.

Santé publique France prédit que le variant delta « sera majoritaire d’ici une à deux semaines en Guyane. Sa progression est plus rapide que celle du gamma en mars dernier. ». C'est parti pour la quatrième vague...
 

Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
Consultez également les données des pays dans le monde touchés par l'épidémie.
» Accédez aux données

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
2 commentaires

Vos commentaires

Alaingill973 07.08.2021

Alors pourquoi le préfet n'a jamais VRAIMENT fermé la Guyane aux arrivants (avec de vrais contrôles à l'aéroport)? Nous étions persona non-graeta pendant notre épisode "variant brésilien", alors fermez les vannes svp !!

Répondre Signaler au modérateur
Miroslav 07.08.2021

Un peu radical pour les Guyanais résidants en métropole et désireux de retrouver leur famille pour la pause estivale.

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
2 commentaires
7 commentaires
3 commentaires
2 commentaires
A la une
1 commentaire