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Marc del Grande : « Nous n'avons pas dilapidé notre avance »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Jeudi 28 Mai 2020 - 19h47
Marc del Grande : « Nous n'avons pas dilapidé notre avance »
Marc del Grande : "Nous restons sur nos fondamentaux : frontières fermées, quatorzaine à l’arrivée, Points de contrôles routiers renforcés" - P.R.

Avec plus de 200 cas positifs depuis le déconfinement, la Guyane passe en zone orange. Le préfet répond aux questions de France-Guyane.

Dès le 25 mars, dans une interview que vous nous accordiez, vous préveniez qu’il fallait « préparer la Guyane à affronter un pic important ». Estimez-vous aujourd’hui que l’on a dilapidé l’avance que nous avions au début du confinement ?
Non, on ne peut pas dire ça. On ne peut pas s’abstraire de notre contexte géographique. La Guyane a des voisins. La dynamique épidémique est différente en Europe et en Amérique latine. Je ne crois pas qu’on a dilapidé cette avance. Au contraire, ça nous a permis de prendre de bonnes habitudes collectives. La majorité de la population respecte les gestes barrières et le port du masque. Nous devons vivre avec le virus pour éviter un reconfinement complet. Il faut que nous restreignons nos contacts sociaux au maximum. La stratégie est de garder confinés Saint-Georges et Camopi, qui représentent environ plus de deux tiers des cas depuis le déconfinement.
Selon vous, la stratégie du déconfinement, qui repose en partie sur la discipline collective, est donc la bonne ?
C’est une discipline collective encadrée par le confinement des zones où le virus circule fortement, donc pour l’instant à l’Est. Nous cherchons à ce qu’il y ait le moins de contacts possibles entre les différentes zones de la Guyane. D’où un renforcement et une médicalisation des points de contrôles routiers (PCR) de Régina, mais aussi à Iracoubo à partir d’aujourd’hui. Nous protégeons aussi le Maroni, avec un contrôle médicalisé de tous les départs des vols intérieurs sur Air Guyane depuis hier (ndlr, mercredi). La semaine prochaine sera créée une force de projection de réserve sanitaire et de sécurité civile à Cayenne, en cas d’apparition de nouveaux clusters. Nous restons sur nos fondamentaux : frontières fermées, quatorzaine à l’arrivée, PCR renforcés.
Il est prévu que Saint Georges soit confiné jusqu' au 2 juin. On imagine que le confinement va être prolongé au delà de cette date...
Oui, nous poursuivrons le confinement à Saint-Georges au-delà du 2 juin. Avec quelques assouplissements : si on est testé négatif, on peut faire un aller-retour à Cayenne dans la journée pour faire des courses, pour honorer un rendrez-vous médical urgent etc. Les Oyapockois ont le droit d’avoir des motifs impérieux pour venir à Cayenne.
Pouvez-vous et allez-vous rendre obligatoire le port du masque dans les espaces publics ?
Cela ne fait pas partie des moyens juridiques mis à ma disposition. Beaucoup de commerces ont rendu le masque obligatoire, je trouve que c’est très utile. On peut désormais acheter des masques dans les grands magasins, et dans les pharmacies à compter de samedi.
Concernant le dédouanement, la priorité est donnée à l'alimentaire. De nombreuses commandes de masques sont parfois bloquées dans l'attente du dédouanement. Est-ce que vous comptez prendre des mesures particulières pour accélérer les choses dans ce domaine ?
Il n’y a aucun problème pour dédouaner les masques. Nous intervenons tous les jours dans la priorisation du fret. Concernant les masques, nous en avons déjà distribué 65 000 pour les plus vulnérables par l’intermédiaire des communes. Grand-Santi, Papaïchton, Saint-Georges, Camopi… Chaque commune a sa dotation de masque. Plus de 10 000 à Cayenne, 12 000 à Saint-Laurent, 4 500 à Kourou… Nous allons recevoir une commande de masques ce week-end, puis une autre la semaine prochaine.
Le couvre feu a été suspendu dans 12 des 22 communes par le tribunal administratif de Cayenne hier. La préfecture fera-t’elle appel ?
Non. Je ne commente pas cette décision de justice et je l’appliquerai. Mais je crois que c’est une décision évolutive. Si d’aventure le virus circulait dans l’une des douze communes dans lesquelles le couvre-feu ne sera plus appliqué, je pourrai à nouveau l'instaurer. Ce n’est pas le principe du couvre-feu qui a été remis en cause, mais peut-être son application dans des communes plutôt paisibles. L’interdiction de la vente d’alcool à emporter de 18h à 8h n’a pas été remis en cause.
Un centre d’accueil au collège de Saint-Georges a été installé. Qu’en est-il de l’installation d’un hôpital de campagne sur zone demandé notamment par des élus ?
L’idée est de garder à l’hôpital les patients fragiles, de manière à pouvoir les placer rapidement en réanimation si besoin. Le cœur de ce dispositif est l’hôpital de Cayenne, puis le CHOG. Pour l’instant, avec nos capacités, monter un hôpital de campagne pourrait être contre-productif. Si on devait envoyer des capacités médicales dans toute la Guyane, on serait vite débordés. Les centres Covid à Saint-Georges et Camopi permettent d’isoler les patients en attente de résultats et en attente d’évacuation vers Cayenne.
Comment se déroule le déploiement des moyens a Camopi ou une opération de test à grande échelle doit commencer vendredi avec l'arrivée de la réserve sanitaire?
Aujourd’hui (ndlr, jeudi) est arrivée la deuxième vague de la réserve sanitaire. La recherche active de cas débute à Camopi ce vendredi. Il y avait déjà des tests faits dans la commune, mais disons que là on met le paquet, comme on l’a fait à Saint-Georges.
Un nouvel arrêté préfectoral, signé dimanche, vous autorise à vous opposer au lieu d’hébergement choisi par un arrivant pour effectuer sa quatorzaine si ce lieu est manifestement inadapté. Pourquoi une telle mesure ?
Nous confinerons à l’hôtel les patients pour lesquels nous aurions un doute sur leur capacité de se confiner chez eux. On a imposé la quatorzaine aux arrivants depuis le départ. On ne change pas notre fusil d’épaule. Nous n’avons pas eu de cas importé par l’aéroport depuis le 1er avril.
L’hôtel du Fleuve, lieu de quatorzaine dédié pour les patients atteints du Covid, est-il attractif ?
Oui, nous avons actuellement plus de 100 patients à l’hôtel du Fleuve. Nous l’avons ouvert alors qu’il n’y avait pratiquement plus de cas. Il était alors difficile d’y attirer des gens. Puis le nombre de cas est remonté. Au départ, les Oyapockois ont été réticents. Ce jeudi, nous avons eu trente arrivées de Saint-Georges. On dépasse les cent cinquante patients depuis le début à l’hôtel du Fleuve.
Comment se déroule le dialogue avec les acteurs économiques, notamment les restaurateurs, dans ce contexte tendu ?
Le dialogue est permanent. Nous connaissons les difficultés de ce secteur, qui a été malgré tout beaucoup aidé par le gouvernement. Les mesures qui seront appliquées à partir du 2 juin sont celles annoncées par le Premier Ministre. Par exemple, la réouverture des terrasses, en prenant bien soin d’espacer les tables. C’est un point qui sera affiné avant le 2 juin.
Depuis le déconfinement, l’insécurité semble repartir à la hausse. Durant le confinement l’ensemble des moyens de police et de gendarmerie était dévoué à la crise, qu’en est-il aujourd’hui ?
On ne lâche rien. Le calme et le respect des mesures de couvre-feu sont une priorité. Évidemment, il y a des écarts. Comme dimanche dernier au Village Chinois de Cayenne ou dans certains quartiers du littoral. Ceux qui ne respectent pas l’interdiction de rassemblement de plus de dix personnes doivent être responsables. Si vous ne voulez pas vous protégez, protégez au moins les autres. Portez le masque, gardez une distance. Et pendant le couvre feu on est chez soi ! Les forces de sécurité ne peuvent pas tout toutes seules. L‘État ne cherche pas à transférer la responsabilité sur la population, ni à la culpabiliser. Mais nous devons tous faire attention à ce que le virus ne circule pas.
L’une de vos priorités depuis votre arrivée en Guyane est la maîtrise des flux migratoires. Lorsque les frontières rouvriront, comment envisagez-vous l’évolution de la coopération transfontalière avec le Suriname et l’Amapà ?
Cette crise nous a appris ou réappris à travailler ensemble. Nul n’a raison tout seul. Nous travaillons avec nos voisins. Nous étions dans une dynamique intéressante qui a été mise entre parenthèses. Cette dynamique reprendra, j’en suis sûr.
Un dernier mot ?
Nous devons restés concentrés, solidaires comme nous l’avons été jusque là, et patients. Je suis persuadé que nous arriverons à surmonter cette crise, et qu’en septembre nous serons prêts pour la rentrée.


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2 commentaires

Vos commentaires

jesaispas 29.05.2020
????

La majeure partie des cas de ce jour sont de Saint-Georges de l'Oyapock, 19 et 2 sont de Saint-Laurent alors que 6 sont en cours d'investigation.source Guyane la 1ere.
Tous les cas positifs sur le littoral depuis ces derniers jours sont venus de St Georges ou Camopi et cela revient par Saint Laurent: Cas importés comme avant le contrôle très strict de l'aéroport. LA TENAILLE SE MET EN PLACE !!!
Mais la solution est très simple TAPER DU POING SUR LA TABLE ET DIRE STOP: PLEINS POUVOIRS aux Gendarmes Policiers Douaniers Polices Municipales Militaires.
Il faut profiter de cette crise pour éliminer tout les virus de Guyane : activités informelles
squats
vols d"électricité et d'eau
orpaillage clandestin
importations clandestines fruits et legumes et
produits manufacturés dangereux
traffics de drogues
ect ....
Biensur on peut réver mais si ces crimes pouvaient baisser de façon significative la Guyane s'en porterais que mieux.

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bozo 29.05.2020
la rentrée...

Presque tout est dit dans cette interview, l'impossibilité d'imposer le masque sur les lieux publics, le procès inutile ldh, et enfin l'objectif clairement conclu sur la préparation de septembre.
Un discours clair et précis, très différent de ce que l'on entend régulièrement de la part de l'ARS..

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