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CORONAVIRUS

Les préconisations du CST de ce matin seront-elles entendues en CIC ? Réponses dans quelques instants

Xavier-Paul Le Pelletier Jeudi 27 Mai 2021 - 14h36
Les préconisations du CST de ce matin seront-elles entendues en CIC ? Réponses dans quelques instants
Finalement bien peu de scientifiques physiquements présent à l'occasion de ce CST en salle plénière, en dehors de la présence des deux épidémiologistes membre du comité et du directeur de l'Institut Pasteur, le Pr Mirdad Kazanji - XPLP

Le comité scientifique territorial (CST) a décidé cette semaine de se réunir le matin même de la tenue de la cellule interministérielle de crise (CIC) -dont les annonces devraient être communiquées incessamment d'ici la fin de journée. Alors que l'on s'attendait à ce que la présence des représentants patronaux soient mise à l'honneur dans les débats, c'est finalement encore une fois la question des écoles qui sera resté au cœur des échanges. Dans un communiqué, la CTG indique qu'elle se prononcera quant à la prolongation du retrait de ses personnels des établissements scolaires demain, après avoir pris connaissance des décisions émanant de la CIC qui se tient en ce moment même.


Manuella Imounga Desroziers, épidémiologiste et membre du CST : "Nous sommes au creux de la vague, la vigilance est de mise." - XPLP

De meilleurs chiffres, certes, mais des chiffres qui ne refléteraient pas la réalité d'une régression de l'épidémie et plutôt celle d'un ralentissement dans les dépistages (-27%). Ainsi que cela a déjà pu être observé auparavant pendant des périodes de congés, selon les conclusions des participants au comité scientifique territorial (CST) réunis ce matin du 27 mai en salle d'assemblée plénière et s'appuyant sur les données de Santé Publique France et les analyses des deux épidémiologistes de la CTG. "Au regard de ce qu'était la situation il y a un an, nous avons désormais du recul et des moyens pour pouvoir anticiper et faire des projections. Là on se rend bien compte que nous sommes au creux de la vague, quand il y a un an nous étions en phase de croissance épidémique. On peut donc s'attendre à ce qu'elle continue à augmenter, la vigilance reste donc de mise", analyse Manuella Imounga Desroziers, l'une des deux épidémiologistes membre du comité.
DES CHIFFRES ACTUELS À RELATIVISER
Alors que l'importante baisse du dépistage entraine une diminution du nombre de nouveaux cas actuellement, les participants à la réunion du CST se sont inquiétés de l'augmentation du taux de positivité parmi les tests réalisés. En outre, le taux d'incidence demeure bien supérieur à celui observé en hexagone au moment de la dernière prise de décision de fermeture des écoles.Soit 364 à l'époque outre-Atlantique contre 436 actuellement en Guyane. Une observation que soulignent les conclusions du CST pour rappeler la forte probabilité que la CTG acte demain la prolongation du retrait de ses personnels des établissements scolaires.

Ce, vraisemblablement au moins jusqu'en milieu de semaine prochaine afin de respecter la période de douze jours à partir de laquelle une baisse de la courbe épidémique avait pu être observée en hexagone de manière significative. D'abord chez les 10-19 ans puis pour les autres tranches de la population, toujours selon les données de Santé Publique France.

Ne manquant pas de constater que la Guyane n'est pas la pire élève en en terme de vaccination -qui serait d'ailleurs cette semaine en augmentation- en se situant devant la Guadeloupe (dont les chiffres seraient faussés, ndlr) et de Mayotte avec un peu plus de 11% de la population ayant reçu une première injection, le CST a réitéré l'appel à l'augmentation de moyens techniques et humains afin de permettre la diminution de la tension hospitalière. Le nombre de lits de réanimations restant très proche de la saturation mais le manque de moyens humains demeurant la préoccupation première.
À QUAND UNE SOLUTION AUX CARENCES EN RÉANIMATION ?
Il convient de rappeler qu'à l'heure actuelle, selon nos sources hospitalières, certaines admissions en services de réanimation ne peuvent se faire non pas en raison d'un manque de lits, mais bien de disponibilité en personnel formé (voir notre reportage en immersion dans notre prochaine édition).

Les arrivés de contingents de membres des réserves sanitaires semblent pour l'heure ne pas s'être traduites pas un soulagement notable de cette tension. Le communiqué du CST estimant d'ailleurs que la Guyane ne saurait pour l'heure recevoir "le soutien médical dont elle a bénéficié pour la première". Enfin, des participants du CST ont aussi mis en exergue la situation de la pédiatrie à l'heure actuelle, notre territoire ne disposant de pas du moindre lit de réanimation pour enfant et n'ayant pas fait de la population mineure une cible vaccinale prioritaire quand cette tranche représente pourtant la majorité de notre population.

Aussi, une mention concernant le monde sportif figure en fin de communiqué rappelant la préoccupation permanente de la CTG quant à la préparation des sportifs guyanais aux compétitions internationales qui se tiendront dans les semaines à venir, ainsi que le rappelle Rodolphe Alexandre : "Quand je sais que des guyanais se préparent aux JO, nous ne pouvons banaliser le débat. Il y a aussi des gymnastes qui doivent partir en métropole pour les qualifications des mondiaux. La ligue des Champions se tient bien en France à huis-clos, je ne vois pas la difficulté à réunir 10-12 personnes dans des salles où ils s'entrainent, tout en respectant les jauges."
LE PATRONAT VEUT SE FAIRE ENTENDRE
Joëlle Prévôt-Madère présidente de la CGPME : "On est parti pour un certain nombre d'années à vivre dans le cadre de cette pandémie". - XPLP

Enfin, alors que l'on pensait que les débats seraient centrés autour des problématiques du monde socio-professionnel en raison de la présence de leurs représentants, en la qualité de Thara Govindin -présidente du MEDEF Guyane- et de Joëlle Prévôt-Madère -présidente de la CGPME ; aucune mention n'est faite dans le communiqué à leur propos. Les échanges concernant le monde économique n'ayant duré que quelques minutes et s'étant articulés autour de la tension en réanimation.

Les deux représentantes patronales ont d'ailleurs rappelé avec vigueur que le manque de lits en réanimation ne pouvait être un argument "entendable" à la paralysie du secteur économique :

"Tant que nous n'aurons pas résolu cette problématique, nous ne pourrons pas avancer. A un moment donné il va falloir prendre une décision. Demandez de l'aide dans l'hexagone pour faire venir du personnel : on sait faire ça ? Ne me dîtes pas qu'on ne sait pas le faire !" s'est emporté avec poigne Thara Govindin tandis que le président de l'association des maires de Guyane, François Ringuet, rappelait que ce type de prises de décisions incombe à l'ARS.

Des observations partagées par Joëlle Prévôt-Madère, présidente de la confédération guyanaise des PME : "On est parti pour un certain nombre d'années à vivre dans le cadre de cette pandémie. On doit pouvoir s'organiser pour qu'il y ait le moins d'impact possible, pour un maximum de personnes sur un territoire tel que le nôtre."

Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
Consultez également les données des pays dans le monde touchés par l'épidémie.
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