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Crise sanitaire — économie

Les interrogations se multiplient et les inquiétudes grandissent chez les socioprofessionnels

SH Mercredi 8 Juillet 2020 - 15h03
Les interrogations se multiplient et les inquiétudes grandissent chez les socioprofessionnels
Une minute de silence a été observée en début de séance, à la mémoire des personnes décédées en Guyane depuis le début de la crise du covid. - Photo SH

Ce matin, deux sujets ont prédominé les débats à la chambre de commerce et d'industrie (CCI) lors de la rencontre entre les socioprofessionnels et les représentants de l'Etat, de la Collectivité territoriale, des finances publiques… : les horaires de couvre-feu qui ranlentissent voire annihilent l'activité économique du territoire et les mesures d’accompagnement aux entreprises pour les aider à s'en sortir.

« Qu’allez-vous faire pour le monde économique ? Arrêtons de parler, on veut des actes. Nous, ce qu’on veut aujourd’hui, c’est travailler, pas juste quémander des aides », a expliqué ce matin cette responsable d’entreprise face aux représentants de l’Etat (Rémy Brochard, sous-préfet), de la Collectivité territoriale (Rodolphe Alexandre, président), de l’association des maires de Guyane (David Riché, président) et de la direction régionale des finances publiques (Rodolph Sauvonnet, directeur). Les socioprofessionnels avaient rendez-vous ce matin à la CCI pour tenter d'y voir plus clair et si possible obtenir des réponses sur leurs interrogations et leur avenir.

Le durcissement du couvre-feu a donc beaucoup alimenté les débats et soulevé de nombreuses interrogations. « Pourquoi est-il à 17h en semaine et à 13h le samedi ? ». Ce à quoi le sous-préfet a répondu que la décision préfectorale s’était adaptée à l’évolution de l’épidémie. « Les derniers chiffres (le point covid du jour n’était pas connu au moment de la réunion, ndlr), laissent à penser que cette mesure a eu de l’effet. L’idée générale est d’éviter les regroupements de fin de journée ou de week-end. »
Couvre-feu : « C’est beaucoup de déagréments »
Cette première réponse a sans doute été jugée insatisfaisante pour l’assistance qui avait beaucoup d’arguments contre ces horaires. « Ces mesures sont incohérentes et inégales… preuve en est que toute la population rentre en même temps chez elle, cela crée des bouchons. L’après-midi, les supermarchés sont pleins à craquer. Dans cette situation, la distanciation n’est plus possible… », a-t-on entendu. Qui plus est, « les entreprises perdent, pour beaucoup, deux heures de travail. Au final, il n'y a que des désagréments. 17 heures est un horaire inadapté. » Même son de cloche lors d’une autre intervention, de commerçants du quartier Hibiscus : « On nous impose des règles que l’on respecte, mais d’un autre côté, on voit la population du quartier qui continue de vivre normalement », explique un restaurateur.

« Pourquoi Saint-Laurent a un couvre-feu à 17 heures alors qu’il y a de moins en moins de cas, questionne à son tour Alex Madeleine, président du comité du tourisme. Les socio-pro de l’Ouest souffrent aussi énormément de cette crise. Le Tourisme est un secteur énormément pénalisé. Il faut sauver ces entreprises au bord du dépôt de bilan. » « L’incertitude est la pire des choses pour les chefs d’entreprises, concède le sous-préfet, qui rappelle une (nouvelle fois) que les adaptations seront faîtes au regard de l’évolution de l’épidémie. »
« C’est la santé qui prédomine »
Appelé à répondre également aux questions posées, Rodolphe Alexandre a lui aussi évoqué « un léger tassement de l’épidémie. » Différentes raisons y sont liées, dit-il. Et de rappeler que la CTG est la « seule collectivité à avoir mis en place un comité scientifique. Mais surtout, elle a multiplié les tests (300 000 euros d’investis). Cela nous a permis de détecter rapidement les premières bases de cluster sur le territoire. » « On vient de recevoir 1500 tests sérologiques, ajoute-t-il, en indiquant, comme dans ce cas, que parfois la CTG va au-delà de ses compétences, en aidant les labos, les étudiants à repartir du Canada où ils sont bloqués… »

« Les week-ends fermés, les contrôles renforcés aux frontières… même si certains arrivent à passer comme durant ces derniers jours où trois canots brésiliens ont débarqué à la pointe Liberté, à Macouria… ont contribué à ralentir l’épidémie », poursuit-il. Pour le couvre-feu, « c’est la santé qui prédomine. Pour l’instant on n’a pas d’autre solution. »
Déjà 21 millions d'euros de la Collectivité
S’aggissant des mesures d’accompagnement, le président de la CTG a rappelé que la « collectivité a déjà déployé 21 millions d’euros pour l’économie locale. Ces aides sont d’abord pour ces entreprises, majoritaires, qui ont moins de 500 000 euros de chiffres d’affaire. Pour les autres, on n’a pas les moyens. Elles doivent utiliser le prêt rebond. »
Concernant le secteur de la restauration, « on est en train de mettre sur pied un dispositif qui pourrait être de 7 millions d’euros, mais sur des fonds propres de la Collectivité, et donc des contribuables. D’un autre côté, on a aussi beaucoup perdu avec l’octroi de mer, la taxe sur les carburants… mais une chose est sûre, on avance lentement, mais sûrement. »

La Collectivité travaille d’ores et déjà sur la rentrée de septembre, a rappelé le président. « Les personnels sont formés, les établissements désinfectés. La priorité, c’est la santé. Aujourd’hui, la Guyane a encore plus besoin de médecins et de personnels soignants. Si la CTG doit affecter un avion pour ramener de l’Hexagone des personnels, elle le fera. Il faut aussi qu’il y ait une solidarité qui s’établisse avec les CHU. »
Des propositions remises dimanche au Premier ministre
Restaurateurs, agriculture, transporteurs, artisans… tous ont fait part de leurs inquiétudes et de leurs difficultés mais aussi régulièrement de leurs incompréhensions, du manque de cohérence dans les mesures. « Aujourd’hui, nous sommes fragilisés, endettés, on essaye tant bien que mal de maintenir une activité pour ceux qui le peuvent… quelles sont les solutions pour que l’on puisse garder la tête hors de l’eau », évoquent, pêle-mêle les socioprofessionnels.

« Il est temps de penser aux chefs d’entreprises. Nous demandons une année blanche sur les charges. Nous demandons à l’Etat de s’impliquer un peu plus… », ont insisté d'autres entrepreneurs. De son côté Carine Sinaï, présidente de la CCI de Guyane, a rappelé, que lors de la visite d’Annick Girardin, en juin, dix propositions concrètes avaient été remises à l’ex ministre des Outre-mer. « Nous les remettront à nouveau au nouveau Premier ministre qui arrive dimanche, a-t-elle indiqué. Jean Castex, notamment accompagné par Sébastien Lecornu, le nouveau ministre des Outre-mer, apportera peut-être d'autres réponses lors de sa visite en Guyane, sa première sortie officielle depuis son arrivée à Matignon.
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2 commentaires

Vos commentaires

dogs 09.07.2020

Demandons le retrait de la taxe foncière ainsi que la cotisation foncière des entreprises. Ainsi les entreprises auront un bol d'oxygène. Solidarité oblige!

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jayjay5 10.07.2020
fonctionnaires

Je propose que les fonctionnaires qui ne sont aucunement impactés par la crise du covid donnent tous un pourcentage de leur salaire (10-20% à négocier) qui sera versé aux entreprises en difficulté pendant tout le temps que durera la situation. C'est cela la vraie solidarité, le reste ce ne sont que des mots.

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