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Le Covid 19 frappe Roura

J-M.T Jeudi 25 Juin 2020 - 19h25
Le Covid 19 frappe Roura
Roura - (photo : Eugène Epailly)

Depuis mercredi, des cas de Covid-19 sont apparus dans le bourg de Roura et à Cacao. Un jeune patient serait en réanimation.

 Suite à la venue de la ministre des outremers, le maire David Riché avait prévu une réunion avec les chefs de service de la commune  pour un débriefing. Suite à l'apparition de ces cas, la réunion s'est tranformée en réunion de crise. Des campagnes de dépistage devraient se dérouler prochainement.

David Riché nous a livré ses impressions : "Je suis en colère car ce n'est pas l’ARS qui m'a prévenu de ces nouveaux cas mais des habitants de Cacao et du bourg... Pour le bourg de Roura, la Covid a touché des agents municipaux, donc par principe de précaution, je me dois de confiner les services municipaux tout en assurant un service minimum pour éviter la propagation de ce virus. Nous allons également procéder à la désinfection des locaux municipaux comme il se doit. Donc les services seront en quatorzaine jusqu'au 14 juillet. Des masques ont déjà été distribués un peu partout mais cet après une nouvelle campagne de distribution se déroulera à nouveau. Nous demandons aux habitants qui en auraient besoins de se signaler auprès des services municipaux".

L'ARS a répondu aux attaques de David Riché par courrier (à lire ci-dessous).

David Riché est très remonté contre l'ARS - (photo : J-M.T)
• RÉACTIONS D'HABITANTS :
Germaine Ya Saï Po : "Je pensais que Cacao était à l’abri et je vois que le virus nous rattrape et ça commence à faire peur. Il faut respecter les gestes barrières et convaincre les gens de ne pas sortir pour rien et éviter les attroupements devant le libre-service. Il faut rester à la maison. Même mon fils, il part travailler, il rentre et reste à la maison après et il se lave en rentrant".
Germaine_YA_SAI?_PO - (photo : J-M.T)


Denazaré Pueblo : "C'est un virus qui vient de la ville, il faut rester à la maison".
Denazare_pueblo - (photo : J-M.T)


Tho Ndxong : "Il faut remettre le confinement en place, c'est le seule solution collective pour éradiquer le virus".
Afonsewa_recoit_ses_masques - (photo : J-M.T)


Bernard Lau : "On est en pleine crise, il y a beaucoup de cas à Cayenne et ici à Cacao ça arrive. Il faut reconfiner".
Bernard_LAU - (photo : J-M.T)


 
L'ARS répond à David Riché
 
" Monsieur le Maire,

Vous m’interpelez ce jour au sujet de cas de COVID19 à Roura. La commune de Roura est encore peu touchée par l’épidémie et fait l’objet à ce titre d’une surveillance très particulière, dans l’objectif de casser les toutes premières chaines de transmission dès qu’elles adviennent. Les communes davantage touchées bénéficient d’une autre stratégie, centrée sur la protection des plus vulnérables.

Le prétendu premier cas de Roura, déclaré début juin et au sujet duquel nous avions échangé, a dû comme vous le savez être reclassé dans une autre commune après plusieurs jours d’investigation, le patient annonçant ne plus résider à Roura depuis plusieurs mois.

A ce jour, 5 cas ont été confirmés dont un datant du de la semaine dernière et 4 datant de la semaine en cours. L’évolution de l’épidémie dans votre commune apparaît donc très récente. Le 1er cas résidant proche de la route de l’Est. Il y a ensuite 4 cas détectés cette semaine :

- 2 cas à Cacao datant du début de cette semaine

- et 2 autres cas à Roura dont un village Favard mais injoignable et un en cours d’investigation.

En revanche nous ne confirmons pas de cas de Roura en réanimation.

Ces cas d’apparition récente militent pour l’organisation d’une campagne de dépistage ciblée autour des cas, mon équipe est actuellement en train d’y travailler.

J’attire votre attention sur plusieurs points.

En tant qu’élu local vous recevez des informations de vos administrés. Certaines d’entre elles sont inexactes ou non confirmées, ou confirmées dans une commune limitrophe, mais beaucoup d’entre elles sont fondées - quoique non exhaustives. Certains patients tiennent à la confidentialité sur leur état de santé et c’est leur droit le plus strict, que nous devons collectivement protéger.

Les informations que vous recevez localement sont en tout état de cause souvent plus rapides que celles que nous recevons nous-mêmes (et elles sont complémentaires) puisque les nôtres sont passées par le prisme d’une consultation, d’une prescription, d’un prélèvement, d’une analyse biologique, une enquête épidémiologique dans le meilleur des cas, et des retraitements et synthèses.

Je ne peux assurer une réaction immédiate à toute demande de vérification, et aucune ARS de France n’a fourni des informations aussi précises que celles que nous avons diffusées jusqu’à présent. Malgré les importants renforts qui nous ont rejoints, le volume de nouveaux cas limite nos capacités à investiguer de façon immédiate et poussée chaque situation comme nous le faisions pendant les semaines de début de l’épidémie. Comme je vous l’ai indiqué dimanche, dès que vous m’avez interpelée, « je ne peux pas vous répondre, nous avons eu un très grand nombre de positifs, ils n’ont pas pu être tous appelés encore ».

En tout état de cause je tiens à souligner auprès de vous une information essentielle. En tant qu’élu local vous savez anticiper les zones dans lesquels le virus risque le plus de se multiplier. Vous connaissez l’habitat, les modes de vie, les langues, les flux et les zones dans lesquelles les autres maladies (infectieuses ou non) sont les plus fréquentes. Ces zones de vulnérabilité sont hélas bien souvent les mêmes pour l’épidémie COVID. Je comprends que la confirmation de cas COVID peut renforcer la motivation à agir mais je tiens à vous le dire : cette circulation sera générale dans peu de temps et vous pouvez agir tout de suite. Dans les zones de vulnérabilité de votre commune, le virus circule déjà probablement, compte tenu des dynamiques de contamination dans les communes qui vous entourent. N’attendez pas une confirmation biologique pour faire ce que vous pressentez comme nécessaire car vous serez ainsi plus efficace.

En vous appuyant sur votre connaissance intime et préalable du terrain, en complétant celle-ci avec les informations qui vous parviennent de la part de vos administrés, malgré leur caractère incertain, non exhaustif, et parfois inexact, vous agissez efficacement et appliquez le principe de l’urgence de la proximité et du pragmatisme, en sachant que les cas d’aujourd’hui reflètent, comme vous le savez, des contaminations déjà anciennes (entre 5 et 15 jours). Attendre une confirmation biologique, tant au plan individuel pour se confiner qu’au plan collectif pour agir, est compréhensible mais inadapté à un virus qui circule très vite et à un processus de dépistage qui prend toujours plusieurs jours et qui ne pourra plus, lors du pic, toucher tous les symptomatiques.
Votre travail de terrain, adapté aux différents quartiers que vous ne connaissez mieux que quiconque, sera d’autant plus précieux dans les semaines à venir, lorsque la surveillance syndromique prendra une place majoritaire dans la surveillance de l’épidémie, au détriment de la surveillance biologique dont le caractère exhaustif est réservé au stade 1 et 2 et qui se concentre davantage en stade 3 sur les cas graves et les personnes fragiles. La surveillance syndromique reflètera l’évolution de la dynamique épidémique bien mieux qu’un décompte individualisé lourd et tardif de cas confirmés biologiquement.

Il est très important qu’à nos côtés vous expliquiez à vos administrés que l’urgence lors de symptômes est de s’isoler et prévenir ses proches. Dès qu’une personne est symptomatique, avant même qu’elle se rende chez un médecin, avant qu’elle soit prélevée si un médecin le décide, avant que le résultat soit accessible et avant que l’ARS ait pu le retraiter, cette personne doit s’isoler et ses proches se considérer également à risque.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes salutations distinguées.
"

Clara De Bort
 


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