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Le centre interministériel de crise, pour coordonner et rassurer

Pierre ROSSOVICH Vendredi 10 Juillet 2020 - 17h26
Le centre interministériel de crise, pour coordonner et rassurer
Marc del Grande, préfet, Patrice Latron, directeur de la cellule interministérielle de crise de Guyane, Clara de Bort, directrice de l'Agence régionale de santé,- P.R.

Plus que jamais, la bataille contre le Covid se joue aussi sur le terrain de la communication. Patrice Latron, directeur de la cellule interministérielle de crise de Guyane, l’a bien compris. Si sa priorité est de mettre en place la coordination la plus exhaustive possible, son rôle sera aussi de rassurer la population. « La guerre n’est pas gagnée, mais on a des signes encourageants », a t il ainsi déclaré lors d’un point presse du centre interministériel de crise tenu ce vendredi matin.

• Le centre interministériel de crise
Le centre interministériel de crise (CIC) est installé et fonctionne « toute la journée ». Les autorités se réunissent tous les jours à 10h30 après le bilan quotidien de l’Agence Régionale de Santé. Les besoins sont redéfinis chaque jour et sont remontés aux instances parisiennes. « Ma priorité est de mettre en place une organisation qui permette à la fois de déterminer les besoins, pour soulager et renforcer les équipes qui travaillent sur le terrain depuis des mois», commente Patrice Latron.
• 83 renforts d’ici lundi
22 médecins et infirmiers du service santé des armées sont arrivés ce vendredi après-midi à l’aéroport Félix-Éboué. Ils iront renforcer l’Ouest guyanais, où le nombre de cas repart à la hausse. L’arrivée de ces renforts était initialement prévu pour la mi-juillet. Mais « compte tenu de la situation épidémiologique, nous avons accéléré leur arrivée », indique Didier Looten, commandant supérieur des forces armées en Guyane. Parmi ces 22 personnes : des médecins, des infirmiers et des aide-soignants. Ce qui donne une capacité complète pour 4 lits de réanimation. Dès lundi, ils seront en totale autonomie pour armer quatre nouveaux lits de réa au Centre Hospitalier de l’Ouest Guyanais (Chog).

Ces renforts ne sont pas venus seuls. Dans l’avion militaire arrivé ce vendredi étaient stockés 14m3 d’équipements sanitaires: 19 000 surblouses, 10 000 gants, 18 masques FFP2 et 5 respirateurs. « Un stock qui permet d’anticiper une éventuelle augmentation importante de l’activité », précise Clara de Bort, directrice de l'Agence régionale de santé. 

À ces 22 militaires, s’ajoutent 61 renforts sanitaires civiles qui arriveront dans les prochaines heures. Soit 83 renforts d’ici lundi.
• Le nombre de lits de réanimation
Dès lundi, seront « armés » 4 nouveaux lits de réa au Chog, et 5 nouveaux lits de réa au Centre Hospitalier de Cayenne (CHC). Pour un total de 43 lits sur le territoire.

« Un des éléments que nous surveillons comme le lait sur le feu est le nombre de places disponibles en réanimation covid, pose Patrice Latron. C’est crucial. On va communiquer un peu plus précisément sur ces éléments. Je crois avoir compris que la population guyanaise souhaite les connaître. Aujourd’hui, sur 34 places réanimation covid en Guyane, 8 places sont vacantes. Lundi, grâce aux renforts des militaires il y aura donc 4 places supplémentaires au Chog. En restant très prudent, on considère que la situation est sous contrôle. »

« Nous allons également augmenter le CHC de 5 places de réanimation covid grâce aux arrivées de réservistes sanitaires et de renfort des hôpitaux civils, rajoute Clara de Bort. On aura donc 9 places de plus en réanimation dès lundi. Soit 43 lits dès lundi sur le territoire. La prochaine étape se déroulera entre le 16 et le 18 juillet : date d’atterrissage des nouvelles équipes pour armer encore 4 ou 5 lits, qu’on installera au Char ou au Chog en fonction de la dynamique de l’épidémie à ce moment là. »
• Les évacuations sanitaires
Avec les renforts arrivés aujourd’hui et la montée en capacité des lits de réanimation, il n’y aura pas de nouvelles évacuations sanitaires vers les Antilles dans les prochains jours. « Nous avons une pause actuellement dans les entrées hospitalières, commente Clara de Bort. Le nombre de sorties s’équilibre avec le nombre d’entrées. Nous n’avons donc pas besoin de faire d’évacuations ». « Mais on reste en mesure de le faire, rebondit Patrice Latron, il faut rassurer la population. On ne fait pas n’importe quoi pour libérer des lits en Guyane. Il y a des protocoles très précis ».
• Les mesures de « freinage » de la propagation du virus
« Ces mesures de freinage ont été très sévères et très difficiles pour la population », reconnait le préfet, avec un couvre-feu quotidien dont l’horaire a changé mais qui n’a jamais été interrompu depuis le mois de mars.

Nous restons donc sur un couvre-feu à 17h les jours de semaine, et un couvre-feu le week-end du samedi 13h au lundi 5h. À cela s’ajoute le confinement ciblé de Saint-Georges de l’Oyapock, de Camopi et d’une vingtaine de quartiers sur le territoire.
• Le confinement ciblé dans les quartiers
« Nous ne pouvons pas mettre un gendarme à chaque entrée de chaque quarter confiné, poursuit Marc del Grande. Il y a néanmoins des patrouilles renforcées dans ces secteurs ». Le week-end dernier, 4 000 personnes ont été contrôlées et 166 infractions ont été relevées. Dans les prochains jours, des forces mobiles supplémentaires arriveront en Guyane. À la fin du mois, deux escadrons de gendarmerie mobile arriveront et seront dédiés à de la « pédagogie-répression », selon l’expression de Marc del Grande, notamment à l’intention des plus jeunes qui « on le voit, dit le préfet, ont du mal à comprendre la nécessité de ne pas se rassembler ».
• La frontière sur l’Oyapock
« On maintient la garde forte sur nos frontières, répond le préfet. On constate un adoucissement de la courbe à Saint-Georges, mais tant que le virus continuera de circuler côté Oiapoque, on ne pourra pas baisser notre vigilance ». Saint-Georges n’a jamais quitté le confinement depuis le 17 mars.
• Affluence dans les commerces
La plupart des grandes et moyennes surfaces se sont adaptées au couvre-feu et ouvrent désormais à 6h du matin. « Ne nous concentrons pas dans les commerces entre 10 et 11 h », demande le préfet.
• 14 juillet
Le défilé traditionnel du 14 juillet n’aura bien entendu pas lieu cette année. Le couvre-feu du 14 juillet, qui tombe un mardi, sera un couvre-feu de jour normal. Soit à 17h. Les grandes et moyennes surfaces seront ouvertes le matin.

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