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Crise sanitaire — consommation

L'abattoir a rouvert et la viande locale de retour sur les étals

SH Vendredi 3 Juillet 2020 - 15h08
L'abattoir a rouvert et la viande locale de retour sur les étals
Guy D'Abreu (en médaillon) évoque les difficultés rencontrées par la filière depuis le début de la crise. - Photos d'Archives France Guyane

Après plus d'une semaine de fermeture, l'abattoir a repris du service. Progressivement, tout au long de la semaine, les artisans-bouchers ont vu leurs étals se remplir à nouveau de viande locale. Un événement qui, cependant, n'efface pas les difficultés rencontrées par la filière depuis le début de la crise du coronavirus.

Avec la réouverture mardi dernier de l’abattoir territorial, les bouchers ont à nouveau pu offrir de la viande locale à leur clientèle. Ce matin, dans sa boutique, à la halle centrale de Cayenne, Guy D’Abreu, également président du 2BTCG (Fédération des boucheries) affichait un sourire… mitigé. « Ça nous a inquiété, explique-t-il, mais on a tout de suite pris les devants quand nous avons appris cette nouvelle de la fermeture de l’abattoir. Avec ce qu’il nous restait, on a réussi à ouvrir encore quelques jours, sauf samedi dernier. »

Depuis trois jours donc, l’abattoir de Rémire a repris son activité. « On a rouvert mardi, avec les mêmes horaires. Les neuf salariés et quatre intérimaires, qui travaillent sur la chaîne d’abattage, ont repris leur poste, confirme Eric Blanchard, directeur de l’établissement. Après désinfection de l’outil, le travail a repris. « Un seul des deux salariés testés positifs au Covid-19 a repris mardi, après s’être assuré qu’il était guéri. Le second doit revenir lundi prochain. »
Deux mètres entre chaque
poste de travail
Désormais, de nouvelles règles de travail ont aussi été imposées afin que l’abattoir puisse fonctionner normalement. « A l’arrivée au travail, à 5 heures, la température de chacun est prise à l’entrée, mais aussi en fin de journée, précise Eric Blanchard. La prise de fonction se fait maintenant de manière décalée. Trois personnes, au maximum, peuvent être ensemble dans le vestiaire. « C’est une contrainte supplémentaire mais qui prend à peine 45 minutes de plus dans la journée. » Et d’ajouter que « la reprise s’est faîte dans le respect des gestes barrière. Au niveau de la chaîne d’abattage, les postes sont désormais à plus de 2 mètres les uns des autres. Le personnel a dû changer ses habitudes en raison de la nouvelle distanciation.
De lourdes pertes depuis
le début de la crise
Le patron de la Scebog (première coopérative bétail viande de Guyane) Alexandre Dumontier est lui aussi « soulagé. Au final, sur l’ensemble de la semaine, tous les acteurs bouchers ou grandes surfaces doivent avoir de la viande locale dans leurs rayons pour le week-end. Tous les jours, il y a abattage et ça permet de fournir l’ensemble des acteurs de la filière, les différents opérateurs. On met tous des animaux tous les jours à l’abattoir et on fournit les clients qui ensuite revendent aux consommateurs. »

Fermeture de l’abattoir ou pas, la crise sanitaire fait toujours autant souffrir les commerces. Même ceux qui ouvrent partiellement comme les bouchers. « Nous avons de lourdes pertes depuis le début du Coronavirus, poursuit Guy D’Abreu. C’est 50% de notre chiffre d’affaires qui s’est envolé. On travaille deux fois plus et on gagne deux fois moins, ajoute-t-il. Dans ma boucherie, tout le monde a continué à travailler. Mais les livraisons nous ont pris beaucoup de temps. »
Les banques ne jouent pas le jeu
Le président de la 2BTCG est néanmoins ravi de voir l’abattoir rouvrir aussi vite, grâce à l’impulsion donnée par la CTG, dit-il. Et heureusement, car « les banques ne jouent pas réellement le jeu durant cette crise. Aujourd’hui, les éleveurs nous font confiance et reportent les paiements. La profession est très solidaire. Mais jusqu’à quand tiendront nous ? » Et l’artisan boucher de regretter « que le marché de Cayenne ne soit pas encore rouvert en y appliquant comme ailleurs les gestes barrière. Aujourd’hui, la clientèle n’est plus la même. On avait avant beaucoup de clients qui utilisaient les transports et qui ne viennent plus. »




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