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Hôpital de Cayenne : « On n’a jamais été en saturation »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Mercredi 22 Juillet 2020 - 17h52

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Les médecins du Centre Hospitalier de Cayenne font le point sur plusieurs aspects de la prise en charge des patients durant cette crise sanitaire : capacitaire, nombre de patients, décès

Il n’y aura plus d’évacuations sanitaires pour l’instant ?
• Dr Jean-Marc Pujo, chef des urgences du centre Hospitalier de Cayenne (CHC) :
"Depuis le 18 juin, nous avons opéré 31 évacuations sanitaires (evasan), dont 12 liées au Covid. Sur les 19 evasan non-liées au Covid : 14 l’ont été vers les Antilles, 5 vers Paris. C’est notre rythme habituel, compte tenu de notre offre de soins. L'A400M a effectué 3 vols avec deux patients. Les six autres ont été évacués en Casa avec les équipes du CHC. L’A400M est reparti dans l’Hexagone, ce qui ne pose pas de problème en terme de gestion d’evasan puisqu’un deuxième Casa est arrivé en renfort."

• Dr Hatem Kallel chef du service de réanimation :
"Pour l’instant, on est plus dans le besoin. Le taux d’occupation du service de réanimation est aujourd’hui de 67%. On est largement monté en puissance. On a la capacité d’absorber les nouvelles entrées. Mais on n’est jamais à l’abri d’un nouveau rebond. On s’y prépare."
Le nombre de cas baisse, pourtant le nombre de morts augmente. Pourquoi ?
• Pr Félix Djossou, directeur médical de crise du CHC et du Groupement hospitalier de territoire de Guyane (GHT) :
" Nous avons eu moins de décès qu’ailleurs. Il n’empêche que pour nous professionnels de santé, un décès est toujours un décès de trop.

Alors que la courbe du nombre de cas positifs est en train de se stabiliser, la courbe des décès à l’air de monter. C’est logique si l'on prend en compte le temps de l’hospitalisation puis le séjour en réanimation, qui peut durer trois ou quatre semaines. Donc même si la situation s’améliore, nous devrions encore déplorer des morts dans les prochains jours.

Faisons la comparaison du nombre de décès des premiers semestres des deux dernières années au CHC. De janvier à juin 2018 : 89 décès. De janvier à juin 2019 : 88 décès. De janvier à juin 2020 : 67 décès."
Les 39 décès à l'hôpital sont-ils tous dus au Covid ?
• Dr Hatem Kallel chef du service de réanimation :
"Au service réanimation de l’hôpital de Cayenne, nous connaissons un taux de mortalité de 16%, alors que le taux habituel en réanimation est de 25%. Il faut aussi pouvoir parler de mort attribuable. Tous nos morts du Covid sont morts AVEC le Covid, mais pas forcément PAR le Covid. Le virus peut être le facteur qui entraîne une gravité et qui cause le décès. Il peut aussi décompenser une maladie grave et déjà existante, comme le ferait n’importe quel phénomène infectieux comme la dengue par exemple. Ou encore, le Covid peut toucher des personnes très fragilisées par une maladie qui elle même aurait conduit au décès dans les deux ou trois mois, même sans le covid."
La Guyane est la région où on a le plus testé disent les autorités. C'est vrai ? 
• Pr Mathieu Nacher, Coordonnateur interrégional Centre d'Investigation Clinique Antilles Guyane :
" La métropole de Marseille a testé massivement dès le début de la crise : 160 552 tests ont été réalisés pour 5 061 cas positifs. 9,1% de la population de la région de Marseille a donc été testée. En Guyane, c'est 11,6% de la population qui a été testée à ce jour.
Avec 164 décès, le taux de décès à Marseille est de 3,24% (164/5061)
En Guyane, le taux de décès est de 0,56% (39/6851
)"

« On n’a jamais été en saturation »
L'hôpital de Cayenne a t'il été saturé au plus fort de la crise ? 
• Dr Hatem Kallel chef du service de réanimation :
"Depuis le début de la crise, le service réanimation du CHC a été, à tout moment, en mesure d’accepter des patients Covid et non Covid. On n’a jamais été en saturation. Nous sommes partis d’une capacité de 11 lits de réanimation et de 5 lits de surveillance contenue, pour atteindre aujourd’hui 31 lits de réanimation covid et 8 lits de réanimation non-covid. Il y a encore 9 autres lits de réa covid à Cayenne qui sont équipés et pas encore ouverts."

• Dr Jean-Marc Pujo, chef des urgences :
"Je suis intervenu il y a quelques semaines, au moment où on était en difficulté, parce qu’il y avait un afflux important de patients. C’était avant l’arrivée des renforts sanitaires. Aujourd’hui, la conjonction de l’arrivée de ces renforts, de l’escrim (ndlr, Élément de sécurité civile rapide d'intervention médicale français) et la diminution du nombre de Covid, fait que nous sommes revenus à une situation gérable et normale depuis deux semaines. Nous sommes prêts à absorber un éventuel rebond."
« Le Covid est une météorite virale tombée sur la Guyane »
Quel a été la teneur de vos échanges avec le premier ministre et le ministre de la Santé. À l’Assemblée Nationale, ce dernier a déclaré que tout va bien et que vous ne manquez pas de moyens ?
• Pr Félix Djossou, directeur médical de crise du CHC et du GHT :
"Dire que tout va bien, le mot est trop fort. La réalité c'est que l'on donne beaucoup de nous-mêmes et le résultat n’est pas mauvais. Dire qu’on ne manque pas de moyens ce n’est pas vrai. Mais il faut quand même être reconnaissant vis-à-vis des moyens envoyés par la France. Ce serait faux de dire que l’on nous abandonnés. Mais on a pas tout, c’est vrai."

• Pr Mathieu Nacher, Coordonnateur interrégional Centre d'Investigation Clinique Antilles Guyane :
"Le Covid est une météorite virale qui est tombée sur la Guyane. L’hôpital a pris le choc. Mais ce n’est rien à côté du chaos qu’il y a eu en Ile-de-France ou dans le grand Est."

• Dr Hatem Kallel chef du service de réanimation :
"On n’a pas manqué de moyens. Il y a des moyens fixes et des moyens consommables. Il faut continuer à nous approvisionner. Depuis la montée en charge de l’épidémie, nous avons demandé un renfort de moyens techniques, que nous avons reçus. On a quasiment doublé notre parc de machines. À aucun moment, un patient s’est présenté à l’hôpital et n’a pas été pris en charge, faute de place. On fera le bilan après la crise. L’après-crise nécessitera d’autre moyens. Avec les ministres, nous avons parlé de la crise."

• Pr Félix Djossou, directeur médical de crise du CHC et du GHT :
"Nous avons ouvert douze lits de soins de suite et de réadaptation pour des malades sortis de réanimation affaiblis par le Covid. Il fallait les ouvrir maintenant et ça a été fait. Si cela n’allait pas, on le dirait, on ne va pas se tirer une balle dans le pied. On est pas maso à ce point ! On est pas payé par le préfet ou l’ARS ! "
Le point sur le Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais
• Pr Félix Djossou, directeur médical de crise du CHC et du GHT :
"Aujourd'hui (ndlr, mercredi) Au service de médecine du Chog, il y a aujourd’hui 24 lits sur 34 occupés. Au service soins critiques : 3 patients hospitalisés sur 8 lits de réa. "



Pour en savoir plus :
Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
Consultez également les données des pays dans le monde touchés par l'épidémie.
» Accédez aux données

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6 commentaires

Vos commentaires

PAKIKOY 23.07.2020
VERITE QUAND TU NOUS TIENS !!

enfin une déclaration des toubibs pour remettre la vérité au milieu du débat le mdes et l'utg ne vont plus pouvoir déverser leur haine de l’état et manipuler l'opinion (enfin ceux qui reflechissent ! et voient plus que le bout de leur nez )

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Affreux Jojo 23.07.2020
Et donc ?

C'était donc bien du profito-situationnisme d'indépendantistes, pour le coup démasqués.

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cap40 23.07.2020
une mise au point...

Une mise au point...inutile. Mayouri et UTG vont continuer leur carnaval grand-guignolesque;"L'ÉTAT FRANÇAIS NOUS MÉPRISE" À lire ce jour article du Parisien sur les renforts envoyés en Guyane avec les interviews de ces mêmes renforts.

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kiki973 23.07.2020
Qui sont les intoxicateurs ?

Après avoir lu les propos des médecins, je pense que les politiques ont tout fait pour nous intoxiquer. Il faudra nous en souvenir. A coup sur, ils vont nous servir un changement de statut...Wait and see !

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siage 23.07.2020

L'UTG a t'il été en copie de ce communiqué?

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Vendeta973 23.07.2020
Enfin la vérité des chiffres

Les chiffres, c’est terrible parce que ça parle sans interpretation, juste les chiffres et là pour tous ceux des comités machins choses, des mayouris truc muches, des collectifs Théodule et autres extrême-gauche indépendantistes, c’est la douche froide....ça crie au loup, ca affole le peuple, ça gesticule devant la prefecture, pourquoi en definitive,
Juste pour servir leurs propres intérêts et pensées idéologiques au detriment du vivre ensemble Guyanais,
SHAME ON YOU

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