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Dans les coulisses de la désinfection de l’A400M

A.G. Mardi 7 Juillet 2020 - 12h03
Dans les coulisses de la désinfection de l’A400M
L'A400M est revenu hier de Pointe-à-Pitre vers 16 heures - A.G.

L’A400M a réalisé hier sa troisième mission d’évacuation de patients Covid-19. A son retour, à son bord, une patiente guyanaise atteinte du Covid-19 et sortie de réanimation. Sur le tarmac de la base aérienne 367, les équipes de désinfection attendaient le retour des militaires pour entrer en action.

L’activité est intense hier après-midi, sur le tarmac de la base aérienne 367 Capitaine-François-Massé. Alors que deux hélicoptères Fennec sont de retour d’une mission de protection, liée aux activités sensibles du Centre spatial guyanais, les équipes de désinfection se préparent au retour de l’A400M. L’avion est parti vers 9 heures afin d’évacuer deux patients Covid-19 vers Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

Vers 16 heures, le mastodonte se pose sur la piste, avec à son bord une patiente Covid-19 guyanaise sortie de réanimation. La malade venait d'accoucher à Cayenne quand elle a été transférée en Guadeloupe. Pendant qu’une partie du personnel médical s’active à son chevet, le reste de l’équipage est accueilli par les équipes de désinfection, sous un hangar à avion aménagé selon une procédure nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC). Leurs équipements de protection individuels leur sont précautionneusement retirés et leurs vêtements ôtés. Le déshabillage prend environ dix minutes par personne. Pour ce faire, les équipes de désinfection elles aussi sont intégralement vêtues d’équipements de protection. Initialement non-spécialistes, elles ont été formées au fur et à mesure par l’adjudant Romain, seul pompier de la base habilité aux normes NRBC.

L'équipe de désinfection accueille l'équipage de l'A400M, le déshabillage prend environ 10 minutes par personne. - A.G.
78 évacuations de patients Covid-19
Ce système de désinfection est instauré depuis la mi-avril, explique l’adjudant Romain : « Pour mettre en place ce protocole, nous avons suivi les directives émises par nos centres d’expertise NRBC dans l’Hexagone. Le but de la désinfection, c’est en premier lieu de traiter les personnels, l’humain. Ensuite, tout ce qui a été stocké en soute : sacs médicaux, brancards, pièces de l’avion. Les petits matériels, tels que les harnais de sécurité, l’accastillage, les tablettes, sont traités sur le côté avec des lingettes imprégnées qui permettent de décontaminer facilement. » Des douches et des machines à laver de campagne ont été intégrées au circuit de la désinfection pour apporter un peu de confort aux militaires et faciliter l’entretien.

Depuis le début de la crise, 78 patients Covid-19 ont été évacués par les forces armées en Guyane (FAG), dont 12 vers les Antilles (6 en Guadeloupe et 6 en Martinique). Trois des opérations d'évacuations ont été réalisées par l’A400M, avion qui présente l’intérêt d’être totalement indépendant des personnels de santé de Guyane pour effectuer les evasan. « Ce vecteur est venu en capacité complète, se félicite le colonel Thierry Chapeaux, commandant de la base aérienne 367 : un équipage de conduite, des pilotes, des mécaniciens de soute, des mécaniciens au sol qui vont entretenir et réparer l’appareil, et également, et c’est la grosse différence avec le Casa, une équipe du service de santé des armées qui gère les patients depuis leur entrée dans l’avion, en Guyane, jusqu’à la sortie de ces patients, aux Antilles, lorsqu’ils sont confiés au Samu, soit en Martinique soit en Guadeloupe. »

Depuis l’arrivée de l’A400M, les effectifs des équipes de désinfection ont donc été revus à la hausse et les lignes de décontamination ont été quadruplées. « Quand on désinfecte un Casa, les équipages à accueillir représentent trois ou quatre personnes ; l’A400M, c’est 28 personnes », souligne le colonel Thierry Chapeaux. Ainsi une vingtaine de militaires se sont portés volontaires ou ont été désignés pour participer, en plus de leur travail sur la base à l’escadron transport, à la direction des vols… à cette mission de désinfection. « Mon secrétaire particulier fait partie de cette équipe : c’est dire l’implication des personnels de la base aérienne », précise le colonel Chapeaux.
Sept heures de désinfection
Un peu plus d'une heure après l’atterrissage de l’A400M, l’ambulance qui doit prendre en charge la patiente Covid-19 arrive enfin sur le tarmac. Une fois le transfert réalisé, commence la phase de désinfection de l’aéronef, qui va durer près de sept heures. « La première étape est le surfaçage, détaille le colonel. On nettoie avec des tissus imbibés de produits virucides la zone à proximité des patients. La deuxième étape, c’est l’assèchement : on laisse l’appareil se ventiler naturellement. On brumise ensuite un virucide qui restera en contact avec l’intégralité de l’avion pendant plusieurs heures pour être sûrs de bien désinfecter en profondeur. »

Une patiente atteinte du Covid-19 qui avait été transférée à Pointe-à-Pitre après avoir accouché au centre hospitalier de Cayenne, est sortie de réanimation. Elle a été raccompagnée en Guyane par l'A400M. - A.G.

Quelques heures seront encore nécessaires avant que l’aéronef désinfecté soit pleinement opérationnel. « Il faut faire des vérifications mécaniques, remettre du carburant, des fluides, etc. Le deuxième aspect, c’est la fatigue du personnel. Il faut attendre plusieurs heures, voire une journée pour que l’équipage puisse se reconfigurer », souligne le colonel. Le savoir-faire en désinfection des FAG a par ailleurs été mis au service d’autres acteurs. « Nous avons réalisé une dizaine d’opérations de ce type pour des entreprises privées comme Hélicoptère de France », indique le colonel.

Aucune évacuation sanitaire de patient Covid-19 n’est prévue vers les Antilles aujourd’hui. Pour l’heure, 30 des 35 lits disponibles en réanimation sur le territoire sont occupés.

Une vingtaine d’évacuations non Covid-19
En plus d’être mobilisées sur cette mission, les FAG interviennent pour les évacuations des patients non Covid-19. Ces évacuations sont normalement réalisées en priorité par l’hélicoptère de la sécurité civile, qui rencontre des problèmes mécaniques récurrents, ou celui du Samu, qui ne peut pas voler de nuit. Une vingtaine ont été réalisées pendant les six premiers mois de l’année, contre 16 en 2019.
 


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4 commentaires

Vos commentaires

Vendeta973 08.07.2020
Un pont aérien

Bien fragile ce pont, il ne repose que sur un avion, souhaitons qu’il n’ait pas de problème technique

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youpix973 07.07.2020
Irresponsables et indisciplinés

Voilà où ça mène....
De se moquer des consignes... Et ça continue..avec tous ces débiles profonds..
Quelle honte !

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Delgado 08.07.2020
Colombo

Mais vous êtes qui pour juger les gens ? Vous connaissez quoi de ces gens malades de leurs habitudes ? Vous savez où et quand ils se sont contaminés ? Alors un conseil : un peu de retenu un peu d’humilité et de respect. Parce qu’on en connaît tous des malades. De sont des gens normaux qui ne prennent pas de risques qui travaillent et font leurs courses pas plus. ça peut arriver à tout le monde Et même à vous. Alors du calme un peu

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Affreux Jojo 07.07.2020

Merci à nos militaires.
Nous autions pu nous épargner toute cette peine/ces risques si nous avions reçu l'hôpital de Mulhouse

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