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Coviplasm : « Ce n’est pas la première fois qu’on utilise ce type de traitement »

A.G. Mercredi 1 Juillet 2020 - 18h44
Coviplasm : « Ce n’est pas la première fois qu’on utilise ce type de traitement »
Le professeur Narcisse Elanga, chef du service pédiatrie du Centre hospitalier de Cayenne (CHC), le professeur Magalie Pierre-Demart, responsable du laboratoire du CHC, le professeur Félix Djossou, chef du service des maladies infectieuse au CHC, Mathieu Nacher, professeur des universités, praticien hospitalier et directeur du CIC et le professeur Pierre Couppié, chef du service dermatologie au CHC - AG

L’annonce de la mise en place d’un centre d’essai thérapeutique Coviplasm en Guyane a provoqué une polémique, ces derniers jours. Des réactions qu’ont du mal à comprendre les professeurs des universités et praticiens du Centre hospitalier de Cayenne, pour qui il s’agit avant tout d’un problème de communication.

La polémique enfle depuis le 25 juin, lorsque la professeure de médecine Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, annonce qu'elle projette de mettre en place des essais thérapeutiques Coviplasm. Cet essai clinique a débuté en avril dans trois régions de l’Hexagone. Il consiste en la transfusion à un patient souffrant du Covid-19 de plasma issu de patients guéris du Covid-19. Ce plasma contient en effet alors des anticorps dirigés contre le virus. Ces anticorps pourraient aider les patients en phase aiguë de la maladie à lutter contre le virus. Cinq professeurs universitaires du Centre hospitalier de Cayenne (CHC) ont donné une conférence de presse cet après-midi, pour essayer de ramener un peu de raison dans le débat.

Le professeur Félix Djossou, chef du service des maladies infectieuses au CHC, indique avoir été contacté par l’Etablissement français du sang (EFS) le 25 juin, puis par Karine Lacombe le 26 juin, afin de mettre en place le protocole d’utilisation thérapeutique Coviplasm. « Nous avons donné un accord de principe en attendant de voir les modalités. Si ce protocole fait débat en Guyane, il faut savoir que c’est parmi les premières idées évoquées pour combattre le Covid-19. Les premiers essais sur le plasma ont commencé en janvier 2020, en Chine puis aux Etats-Unis, et leurs résultats ne sont pas du tout mauvais : la pertinence est là, sur le plan scientifique (…) Ça ne sera pas la première fois qu’on va utiliser ce type de produit non plus. Quand le chikungunya circulait, nous avons utilisé des immunoglobulines et je ne sais pas trop pourquoi personne n’a rien dit à l’époque. C’est donc peut-être un problème de communication. »
Dans le monde, actuellement, plus d'une quarantaine d'essais multicentriques sont conduits sur ce type de traitement contre le Covid-19.
La recherche a besoin de renforts humains
La recherche et donc la mise en place d’un essai thérapeutique ne sont pas nouvelles en Guyane. Lorsque les cliniciens décident de leur pertinence, le Centre d’investigation clinique (CIC), créé en Guyane il y a douze ans, les examine, sur le plan règlementaire, et en juge la faisabilité. « Pour développer des recherches conformes aux bonnes pratiques, c’est-à-dire éthiques, nous avons des professionnels de la recherche, des attachés de recherches cliniques, des statisticiens, des spécialistes de la méthodologie, rassure Mathieu Nacher, professeur des universités, praticien hospitalier est directeur du CIC. Ensuite, il y a la qualité des données. Pour avoir une réponse claire précise, fiable à la question posée, il faut avoir suffisamment de personnes et c’est pour ça qu’une recherche est multicentrique : pour disposer de la puissance statistique (…) On a reçu plus d’une dizaine de projets de recherche mais on manque de bras : il nous faut des médecins et des techniciens supplémentaires. » Bien sûr, un patient à qui l’on propose de participer à un essai thérapeutique est informé de ses modalités et son consentement est requis.

Le professeur Magalie Pierre-Demart, responsable du Laboratoire du CHC, appelle à la modération. « Je pense qu’il y a une méconnaissance, en termes de communication, sur la thématique des essais, qu’ils soient cliniques, diagnostiques ou thérapeutiques. Dans la partie laboratoire, on peut être sollicités pour tester de nouveaux produits. On a des propositions pour tester de nouvelles approches comme le test salivaire car, en effet, c’est plus sensible. Dans cette période qui est compliquée pour tout le monde, j’en appelle à la retenue et surtout à la modération dans les propos. On ne fait pas n’importe quoi ! (…) Nous avons un Centre de ressources biologiques qui vise justement à faire de la collecte biologique pour des études et c’est comme ça qu’on avance ! Tout ce qui a été fait dans la recherche clinique a été très encadré et il faut surtout le voir comme quelque chose de positif pour la Guyane car, quand on voit les courbes, on a besoin de soigner les gens, de les tester, d’avancer sur cette pathologie. »
Un espoir : le remdesivir
En quelques mois, le traitement des patients Covid-19 a évolué. Les cliniciens des trois centres hospitaliers de Guyane se réunissent tous les jours et le protocole de traitement est mis à jour régulièrement. « Les traitements supports, les corticoïdes et anticoagulants, ont révolutionné notre prise en charge. Au début, on pensait qu’ils aggravaient la maladie et, progressivement, grâce aux recherches, on s’est aperçus que ça empêchait qu’un certain nombre de patients aillent en réanimation ou meurent », souligne Félix Djossou.

Alors qu’aucun antiviral n’a fait ses preuves, les praticiens Guyanais projettent d’entrer dans l’essai clinique Discovery. Cet essai européen porte sur quatre traitements, dont l’hydroxychloroquine. « Il n’y a pas eu le nombre d’inclusions souhaitées pour donner toutes les réponses et c’est pour ça que c’est intéressant puisque l’épidémie se poursuit ici. C’est dans notre intérêt à tous. Nous avons profité jusqu’à présent des expériences et des résultats des essais. L’hydroxychloroquine, on en a prescrit en Guyane et on n’a jamais eu le sentiment de donner du poison à nos malades. Par contre, on sait qu’il y a des effets indésirables possibles, qu’il y a des choses à surveiller. Et quand on l’a prescrit, on a fait rigoureusement attention à tout ça. On peut regarder nos dossiers : je ne pense pas qu’on n’a pas eu un décès dû à un traitement par hydroxichloroquine. Mais nous avons été amenés à arrêter quand le haut conseil a interdit sa prescription. »

Un des quatre traitements de l’essai Discovery a déjà été écarté, le Kaletra. « C’est une association de lopinavir et de ritonavir, que nous connaissons bien car nous l’utilisons chez nos patients VIH. On connaît ses effets indésirables et il y a des problèmes d’interaction avec les traitements des patients diabétiques ou hypertendus, notamment. Nous avons donc cessé de le prescrire en Guyane. Il y a en revanche beaucoup d’espoir avec le remdesivir », souligne Félix Djossou.
Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
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11 commentaires

Vos commentaires

Guine 03.07.2020

Dommage pour nous, ils auraient toujours put refuser le traitement ceux qui ne voulais pas mais là ils ont imposé leur choix a tout le monde, si seulement ces politiciens pouvait être poursuivi en justice pour non assistance... Mais je sais que c'est impossible.

Ces chercheurs seraient en plus avec pleins de matériels qu'ils auraient laisser en Guyane car trop cher a rapatrier par la suite.

Sa me désole de voir ça, car pour l'instant le seul business qui va prospérer c'est celui des cercueils et la métropole va encore plus de détachées de nous je vois bien le " vous participez pas à l'effort nationale "

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Didy20 03.07.2020

Le gouvernsmement français est très génereux.
S inquiéter pour la santé des noirs vivant en Afrique, en guyane et à Mayotte au détriment de sa population????.
Quell reconnaissance nous devobs avoir envers nirre cher gouvernement français!!
Et quel dèvouement de la part de lenaik adams en tant que gardien de la france en guyane française????????????????

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jayjay5 02.07.2020
Les Guyanais ne sont pas des cobayes

Ils ont beau tourner la chose dans tous les sens, on constate seulement qu'ils essaient de se faire de l'argent sur le dos des Guyanais en nous prenant des cobayes.

En attendant, le traitement de Raoult marche très bien, il est utilisé au Brésil, Trump le recommande, et il n'y a que les politiciens français pour le rejeter.

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Affreux Jojo 02.07.2020
De l'argent ?

Il faudra m'expliquer comment faire fortune avec une thérapie au plasma.
Se lancer dans le commerce de centrifugeuses ?

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RAF973 02.07.2020

Jayjay
STP, tu es libre de constater ce que tu veux et si tes modèles ce sont Trump et Bolsonarao c'est ton choix, pas de soucis.
Le covid se passe super bien au Brésil ( + de 60 000 morts) et aux EUA il y a juste 2.7 Millons de cas et plus de 127000 morts ( c'est un constat ...), mais à part ca ils se portent à merveille.
Se faire de l'argent sur le dos des guyanais ... toi t'es trop fort !! Un vrai champion comme on les aime .
Rassure moi, tu n'envisage pas une carrière politique ?

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Nespresso 02.07.2020
ahou! ahou ! ahou!

Quand on voit quelles sont les références citées : Raoult, Trump et Bolsonaro, il n'y a rien à ajouter, la messe est dite.
Et ça permet même de suggérer un petit miracle : "se faire de l'argent sur le dos des Guyanais" grâce à un traitement entièrement gratuit.
Ce n'est plus la messe qui est dite, c'est la multiplication des pains sur le Mont des Oliviers !

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Garimpo 02.07.2020

“On ne nous respecte pas” éternelle rengaine ! le respect ca s’acquière...ca ne s’exige pas.

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Nespresso 02.07.2020
On se tait quand les grands discutent

Il est en effet plus que temps de revenir à la raison, laissons les scientifiques s'occuper de sciences, les médecins de médecine, et que les bateleurs de foire qui nous servent d’hommes politiques retournent à leurs activités de prédilection : faire tourner les moulins à vent de leur incompétence, mais par pitié, surtout qu’ils ne viennent plus renifler du côté de notre santé.
Pour le coup ils nous auront plus énervé qu’amusé, nos Bozo-les-Clowns-48h, alors grande distribution de fessées, silence dans les rangs de la maternelle quand les grandes personnes s’expriment !

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Affreux Jojo 02.07.2020
La parole aux scientifiques, avant les politiques

J'espère que les paroles de nos médecins sauront apaiser les passions.
Coviplasm doit pouvoir être PROPOSÉ.

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dogs 02.07.2020

Le patient est informé et en connaissance de cause décide par lui-même. Messieurs les politiciens restez à vos places, sinon nous irons porter plainte contre vous.

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RAF973 02.07.2020

Merci à tous pour ces commentaires qui vont dans le bon sens et que chacun reste à sa place. Ce sujet dépassent les politiques locaux de très très loin.

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