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Covid-19 : un nouveau cluster détecté à Rémire-Montjoly

Propos recueillis par A.G. Jeudi 4 Juin 2020 - 17h21
Covid-19 : un nouveau cluster détecté à Rémire-Montjoly
11 cas de Covid-19 ont été détectés à la cité Arc-en-ciel, à Rémire-Montjoly - Géoportail

Onze cas ont été testés positifs au Covid-19 dans la cité Arc-en-ciel, à Rémire-Montjoly, et dans l’Île de Cayenne, 12 autres malades sont liés à ce cluster. Dans l’Ouest, le virus réapparaît alors qu’aucun cas n’avait été décelé depuis plusieurs semaines. Clara de Bort, directrice de l’Agence régionale de santé, insiste sur le traçage de la contamination auprès des patients et n’exclut pas de compter sur « la mobilisation sociale, la communication et le dépistage », plutôt que de confiner les quartiers.

La situation épidémiologique se dégrade en Guyane. Un cluster a été découvert dans la cité Arc-en-ciel, à Rémire-Montjoly...
La situation épidémiologique évolue assez rapidement depuis quelques jours. Il nous faut toujours plusieurs jours pour traiter les données, regrouper les récits des personnes que nous appelons. Parfois, on a une information qui est très floue. On commence à y voir un peu plus clair depuis hier dans la situation de la cité Arc-en-ciel, où 11 personnes résidant dans le quartier ont été testées positives au Covid-19.

Grâce au croisement de nombreuses enquêtes épidémiologiques, nous avons aussi découvert que 12 personnes testées positives mais qui ne résident pas dans ce quartier ont, dans leur récit, un point commun avec la cité Arc-en-ciel : ils y sont allés, par exemple. C’est tout le problème du lieu de résidence, surtout dans des communes comme celles de l’Île de Cayenne qui sont très intriquées. Ce travail-là n’est pas facile : il faut faire le point sur le lieu de résidence des gens et déterminer la zone où ils se sont contaminés (…)
Parmi les cas qui résident à l’extérieur d’Arc-en-ciel, on a des gens dont les adresses sont au village chinois par exemple, mais ce n’est pas à proprement dit un cluster. C’est-à-dire qu’on à trois cas dont deux sont directement liés. Pour dire qu’il y a un cluster, il faut avoir fini les enquêtes. Mais il est sûr que la situation de l’Île de Cayenne va probablement évoluer fortement dans les prochains jours, compte tenu de l’augmentation de nombre de cas quotidiens et que les cas positifs ne parviennent pas encore à ne pas en produire d’autres.
Est-ce qu’on a une idée de l’origine de ces cas ?
Oui. Là encore, les enquêtes mettent clairement en cause le cluster du carbet organisé sur la Comté à la mi-mai. Il y avait deux cas symptomatiques au départ, qui en ont donné sept immédiatement et cinq secondaires. Plusieurs personnes qui étaient à ce carbet habitaient dans la cité Arc-en-ciel et la date de démarrage des symptômes est cohérente avec une contamination lors de cette fête.
Quelles sont les solutions préconisées pour endiguer l’épidémie dans ce cluster ?
On a utilisé dans les clusters précédents des solutions de type confinement de village ou de quartier. La question pour la cité Arc-en-ciel est posée (elle est en discussion entre le préfet et la mairie, ndlr) mais la zone n’est pas facile à confiner : elle étendue et entourée de grands espaces. Plutôt que de confiner, on peut travailler sur la mobilisation sociale, la communication et le dépistage. On peut avoir comme piste d’action des mesures d’auto-confinement c’est-à-dire de contrôle social réciproque, un peu sur le principe des voisins vigilants. Ce sont des mesures où on a des responsables dans les quartiers, des adultes, des gens qui ont de l’influence, qui sont en mesure de faire respecter des consignes y compris celle d’évacuer les malades à Sinnamary. Nous n’avons pas encore assez utilisé cette mesure pour considérer qu’elle ne fonctionnerait pas et qu’il faudrait aller plus loin. On a beaucoup d’acteurs sur la zone, notamment la DAAC (Développement, accompagnement, animation, coopération, ndlr) et d’autres associations. Il ne faudrait pas qu’on élimine un peu trop vite le poids et l’influence que peuvent avoir ces acteurs dans cette zone.

Clara de Bort, directrice de l’Agence régionale de santé. - AG

Le virus est de retour dans l’Ouest qui était épargné ces dernières semaines. Le point épidémiologique fait état d’un cas à Saint-Laurent du Maroni aujourd’hui…
Oui et il y a plusieurs autres cas qui ont été détectés dans l’Ouest. Là, les enquêtes ne sont pas faciles car on a parfois du mal à joindre les gens pour savoir s’ils ont passé les derniers jours à Saint-Laurent ou s’ils sont venus se faire dépister à Saint-Laurent. Parmi les tous derniers cas, on a des adresses postales à Saint-Laurent dans un quartier où on a déjà eu des cas il y a longtemps. On a aussi des adresses postales plus haut, sur le Maroni, mais qui ne sont potentiellement pas actualisées car ce sont celles figurant dans les dossiers hospitaliers des patients. Il nous faut donc plusieurs jours pour dire avec certitude si les personnes contaminées récemment et dépistées à Saint-Laurent résident toutes à Saint-Laurent ou arrivent, par exemple, du Suriname ou de Papaïchton : on sait qu’on a eu des sujets à Papaïchton. Ce travail est en cours (…) Mais le fait qu’on ait des positifs à Saint-Laurent, c’est un signal. Clairement, il y a quelque chose qui se passe. Quoi et où : on ne le sait pas encore !
Avec plus de 150 cas en une semaine, l’épidémie prend de la vitesse. Etes-vous inquiète ?
Ça prend plus ou moins de la vitesse selon les zones. Il faut se laisser plusieurs jours pour observer le rythme d’évolution des nouveaux cas. Leur nombre chaque jour depuis le début de la semaine est plus élevé dans l’île de Cayenne qu’ailleurs. Il y en a à Kourou mais on a le même nombre de nouveaux cas chaque jour, ces derniers temps, ce qui peut signifier qu’on n’y est pas encore dans une explosion des cas. Et les lieux de résidence des cas sont disséminés.
Est-ce qu’il devient difficile d’identifier les origines de la contamination ?
Plus on avance dans l’épidémie, plus la trace de la contamination initiale est difficile à trouver, voire s’efface puisqu’on peut atteindre une cinquième, septième… génération de cas. Depuis début mars, nous n’avons jamais cessé les interrogatoires de traçage auprès des patients pour essayer de comprendre la dynamique épidémique

« La demande ne dépasse pas 250 tests par jour pour le moment »
Depuis le début de la semaine, la capacité de tests en Guyane a été sensiblement augmentée avec l’ouverture de trois drives dans l’île de Cayenne (lire ici : « Vous avez des symptômes Covid, appelez votre médecin »). On constate cependant que, comme les semaines précédentes, seulement 100 à 250 analyses sont réalisées par jour.
« Ce n’est pas dû à une limitation de nos capacités de tester. La demande ne dépasse pas 250 pour le moment en considérant la stratégie qu’on a adoptée : tester les cas contacts et symptomatiques et dépister massivement à Camopi et Saint-Georges », indique Alexandre de La Volpillière, directeur général adjoint de l’ARS Guyane. L’objectif de l’ARS est de monter à 500 tests par jour. « On a un stock de plus de deux mois d’écouvillons, à raison de 250 tests par jour, et on peut être réapprovisionnés au fur et à mesure. Côté réactifs, on a plus d’un mois de stock. »
Depuis le début de la semaine, les dépistages Covid-19 ont repris au Centre hospitalier de l’Ouest guyanais (Chog) qui était en rupture de réactif. « Dans chaque laboratoire de biologie médicale, il y a un couple machine et réactifs. Les réactifs ne sont pas interchangeables entre hôpitaux. La machine du Chog utilise un réactif américain qui est en forte tension mondiale. L’hôpital est approvisionné régulièrement mais au compte-goutte, ce qui peut limiter sa capacité locale d’assurer ces tests. Mais quand les analyses ne peuvent plus être assurées, les écouvillons sont acheminés dans un autre laboratoire disponible. »
A Kourou, le laboratoire Carage doit ouvrir un drive d’ici à la fin de la semaine. « La CTG a proposé d’apporter son soutien pour trouver des espaces en appui des laboratoires. Les discussions sont en cours et ne sont pas encore totalement finalisées. »
Depuis le début de la crise sanitaire, 6.372 tests ont été réalisés en Guyane et 556 cas détectés, dont 295 les 14 derniers jours. Environ 135 personnes sont actuellement isolées à l’hôtel du Fleuve, à Sinnamary.
 


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