• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Covid-19 : le privé au secours de l’hôpital

Propos recueillis par A.G. Samedi 4 Juillet 2020 - 11h24
Covid-19 : le privé au secours de l’hôpital
Guylène Mergerie, directrice du groupe Guyane Santé, - DR

Délestage des patients en provenance du Centre hospitalier de Cayenne, prise en charge des patients Covid-19 en hospitalisation à domicile (HAD), impact de la crise sanitaire… Entretien avec Guylène Mergerie, directrice du groupe Guyane Santé, qui gère trois cliniques privées et un service d’HAD.

Comment le groupe Guyane Santé est-il associé à l’effort collectif en cette période de crise sanitaire ?
En premier lieu, il faut savoir qu’il y a vraiment une dynamique partenariale entre tous les acteurs de la santé en Guyane. On peut aussi compter sur des associations telle qu’Ebène qui contribue aux différentes filières en place. Il y a aussi l’Imed, Rainbow et le groupe SOS, qui font partie de l’ensemble des acteurs mobilisés au quotidien pour assurer des parcours fluides aux patients qui viennent du Centre hospitalier de Cayenne (CHC).
Pour ce qui concerne Guyane Santé, plusieurs conventions sont en place pour le délestage des patients, comme celle du service maternité. L’idée, c’est que les patientes qui présentent des grossesses sans pathologie associée soient délestées vers la clinique Saint-Gabriel (ex-Véronique). Depuis début juin, nous avons eu dix accouchements de patientes en provenance du CHC. Nous avons également une collaboration, toujours à Saint-Gabriel, avec le service de médecine-chirurgie. Depuis le 5 juin, l’Agence régionale de santé (ARS) nous a demandé d’arrêter notre activité programmée de bloc opératoire. Nous avons aussi arrêté la prise en charge en médecine car c’est une activité non-urgente. Ainsi, 25 lits d’hospitalisation ont été libérés. Depuis le début du partenariat, on a reçu une vingtaine de patients. Avec l’accord de l’ARS, ces lits ont été transformés en soins de suites et de réadaptation (SSR) polyvalent ce qui a permis de fermer le SSR polyvalent du CHC et de le transformer en unité Covid-19.
Pouvez-vous ouvrir des lits en réanimation ?
Non, nous n’avons pas de service de réanimation ni de soin continu.
Le groupe Guyane Santé dispose de combien de lits d’hospitalisation ?
Il y en a 90 à la clinique Saint-Paul, 25 à Saint-Gabriel et 45 à Saint-Adrien, soit 160 lits. Nous sommes à environ 85 % de taux d’occupation.
Etes-vous en convention seulement avec le CHC ?
Non, on travaille avec tous les établissements de Guyane car nous disposons du seul plateau de rééducation du territoire.
Guyane Santé est également associé à la création du SSR Covid-19 (Soins de suite et de réadaptation) à l’Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (Itep) du groupe SOS, à Roura. Il accueille des patients Covid-19 qui ont été hospitalisés et sont en rémission. Quel est votre rôle ?
Nous nous occupons de la prise en charge des patients grâce à notre service d’hospitalisation à domicile (HAD) et à celui de Rainbow. Concernant les patients qui ne peuvent pas se laver, manger ou se déplacer seuls, c’est l’association Ebène qui prend le relai. Le Centre SSR Covid-19 a ouvert depuis quinze jours et dispose de 24 places. Au niveau de l’HAD santé, on a déjà accueilli une dizaine de patients en file d’active. Dès que les patients sont en mesure de sortir, ils sont renvoyés à domicile avec un autre type de prise en charge.
Les patients ont besoin des soins de suite pendant combien de temps ?
Ça peut varier. En général, pendant une semaine à quinze jours.
Combien de patients sont suivis par l’HAD Guyane depuis le début de la crise ?
On a doublé notre capacité de prise en charge au niveau de l’HAD. Avant, on était aux environs de 30 patients par jour et depuis une semaine, on est à 60 patients. Et on continue d’augmenter notre file active. L’objectif est d’arriver à 100 patients d’ici à la fin de l’année. On est centré sur l’île de Cayenne jusqu’à Roura et jusqu’à Macouria.
Guyane Santé s’occupe seulement des patients Covid-19 via son activité d’HAD ?
Oui, la plupart de nos patients Covid-19 sont à l’Itep de Roura mais on peut en avoir à domicile. Hier, on comptait une dizaine de patients Covid-19 sur les 60 patients suivis.
Vous avez également une convention pour les patients qui ont besoin de dialyse…
Oui, nous avons 16 postes de dialyse, comme le CHC, mais il accueille des patients avec des pathologies beaucoup plus lourdes. Nous observons depuis un mois une augmentation du nombre de patients dialysés Covid+. En résumé, nous prenons en charge les patients dialysés non-Covid à Saint-Gabriel et les patients Covid-19 sont pris en charge par le CHC. Des séances supplémentaires ont été programmées pour accueillir tous ces patients et tout à l’heure (hier, ndlr), nous étions en réunion avec le CHC à propos de cette problématique. Les acteurs travaillent en étroite collaboration depuis le mois de mars pour voir comment ils peuvent créer des parcours de patients efficaces.
Avez-vous dû recourir au recrutement, comme les autres hôpitaux du territoire ?
Le groupe Guyane Santé a communiqué sur la nécessité de trouver des volontaires pour un ou deux mois, il y a huit jours. Cette demande a été relayée par la Fédération des hôpitaux privés et par la Fédération hospitalière publique. Nous avons eu une vingtaine de candidatures dont beaucoup de profils aide-soignant. Nous cherchons encore des profils infirmiers. C’est valable pour nous mais aussi pour les hôpitaux et les associations. Il y a vraiment un besoin très fort de compétences soignantes sur le territoire.
Combien y a-t-il de salariés dans le groupe Guyane Santé ?
Tous établissements confondus, environ 300 personnes sont mobilisées pour la prise en charge des patients, dont près de 60 % de soignants. Depuis le début de la crise, on a pu avoir une dizaine de personnes supplémentaires mais pas plus car le Covid-19 a aussi généré des arrêts maladies. Que ce soit émanant des personnes qui ont eu le Covid-19 ou pour des personnes fragiles qui ne doivent surtout pas être en contact avec le virus.
Vous avez mis en place le dispositif Gardons le contact. Quel bilan en tirez-vous ?
Par mesure de précaution, pour éviter que le Covid-19 entre dans nos établissements, les familles ne peuvent pas visiter les patients hospitalisés chez nous. Nous avons donc mis en place, dès le mois de mars, sous l’impulsion de notre équipe de psychologues et de neuropsychologues du groupe, le dispositif Gardons le contact. Un prestataire de la place a mis à notre disposition des tablettes. Nous avons contacté une centaine de familles par ce biais. C’est une expérience qu’on va maintenir car on s’est rendu compte que, au-delà de la visite des proches, ce dispositif permet aux malades de prendre contact avec des membres de la famille qu’ils ne voient pas souvent. Cette solution a même permis d’adapter la vision de nos paramédicaux sur l’impact de l’environnement familial.
Avez-vous perdu la trace de beaucoup de patients ?
Bien sûr, des patients ont disparu, des patients qui ont eu peur du Covid-19 et qui n’ont pas repris contact. Ça concerne l’ophtalmologie, la chirurgie digestive, l’endoscopie… Je pense que, à tous les niveaux, la crise Covid-19 a contribué à ce que les malades chroniques restent chez eux et ne se fassent pas soigner et ça, c’est dangereux.
Comment vous préparez-vous à faire face à cet afflux de patients à la fin de la crise ?
C’est un vrai sujet d’actualité. Nous avons des réunions avec les acteurs de la santé. Nous sommes en train de préparer un plan.
Quel est l’impact de la crise Covid-19 sur le groupe Guyane Santé ?
Un gros impact financier qui se chiffre à plusieurs centaines de milliers d’euros puisque nous avons dû arrêter une partie des activités non-urgentes. Par exemple, à Saint-Paul, le SSR prise en charge des affections des systèmes digestifs, métaboliques et endocriniens, l’unité qui s’occupe des patients en situation d’obésité est à l’arrêt depuis mars. On a arrêté pendant deux mois l’hospitalisation de jour à Saint-Paul, qui représente quand même 30 % de notre activité. L’activité a aussi diminué à Saint-Adrien et nous n’avons pas pu mettre en place la médecine gériatrique au mois de mars, comme c’était prévu. A Saint-Gabriel, l’impact est très important également puisque, depuis le mois de mars, on a arrêté notre bloc opératoire à la demande de l’ARS. Pour un groupe privé comme nous, avec beaucoup de projets de développement, l’impact est important.
Quel est votre projet-phare pour les années à venir ?
Le médipôle de l’Ouest, à Saint-Laurent du Maroni. L’idée, c’est de créer un village santé qui regroupe des consultations médicales spécialisées ou générales, adossées à un plateau technique d’imagerie, de radiologie et de rééducation. Ce village disposera aussi de plateaux de télémédecine et d’hospitalisation de jour en SSR. C’est un projet à échéance 2024. L’objectif est de finaliser d’ici à la fin de l’année à la fois l’acquisition d’un terrain sur la ZAC Saint-Maurice et le plan de financement. C’est un projet à 15 millions d’euros.
Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
Consultez également les données des pays dans le monde touchés par l'épidémie.
» Accédez aux données

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
2 commentaires

Vos commentaires

cloclo 06.07.2020

L'ÉVIDENCE PARTENARIAT!

Répondre Signaler au modérateur
kiki973 05.07.2020
Bravo

On va dans le bon sens sans cubains et sans risque d'embrigadement par les marxolélinistes.

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
3 commentaires
2 commentaires
4 commentaires
A la une