• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Covid-19 : le centre interministériel de crise de Guyane installé

A.G. Jeudi 9 Juillet 2020 - 16h29
Covid-19 : le centre interministériel de crise de Guyane installé
Clara de Bort, directrice de l'Agence régionale de santé, Patrice Latron, directeur de la cellule interministérielle de crise de Guyane, Marc Del Grande, préfet - A.G.

Le centre interministériel de crise de Guyane a été officiellement installé par le préfet Patrice Latron, ce matin. Le travail de montée en charge des capacités d’accueil en réanimation sur le territoire se poursuit alors que le potentiel d’évacuations sanitaires vers les Antilles a quasiment atteint ses limites.

« Je ne suis pas venu me substituer au représentant de l’Etat et à la directrice générale de l’ARS mais les accompagner en lien direct et étroit avec le centre interministériel de crise national » : le préfet Patrice Latron, arrivé en Guyane hier pour une mission d’un ou deux mois, a présidé la première réunion du centre interministériel de crise (CIC) de Guyane, ce matin. Il s’agit d’un dispositif inédit à l’échelle locale. « Je n’ai pas de grandes annonces à faire, a-t-il déclaré. Je suis venu pour faire remonter les besoins et épauler les équipes qui sont fatiguées mais qui jusqu’à présent ont fait face : il n’y a pas eu de rupture capacitaire. Ce CIC est un moyen supplémentaire de coordination à la fois en interne et avec les forces armées en Guyane, qui ont un rôle très important dans cette crise, les Antilles et la Métropole. »
Pour le préfet Marc Del Grande : « Ce renfort arrive à point nommé car c’est maintenant que nous allons entrer dans la gestion la plus complexe de la crise. »
Trois priorités
Alors que le pic épidémique est attendu d’ici à la fin du mois, la surcharge du système hospitalier est au centre des préoccupations. Trois priorités sont ainsi pointées : les renforts de soignants, l’augmentation progressive du nombre de places en réanimation et la stratégie d’évacuation sanitaire. « Le nombre de sorties de réanimation que nous annoncent les médecins est rassurant, souligne Clara de Bort, directrice générale de l’ARS. On a deux ou trois entrées quotidiennes depuis dix jours mais nous commençons à avoir un rythme de sorties quotidiennes qui augmente. Nous nous inquiétions d’être sur la phase de montée, c’est à dire cinq ou six patients admis par jour, mais ce n’est pas le cas, grâce au palier que nous connaissons aujourd’hui. Cependant, on anticipe et on met en œuvre l’augmentation capacitaire. »

On recense 40 lits de réanimation dont 30 pour les patients Covid-19 et 10 pour les non Covid-19 ; 29 patients Covid-19 sont hospitalisés actuellement en réanimation et cinq places sont disponibles. Pour ouvrir des lits supplémentaires, plus de 200 soignants sont attendus en renfort mais, pour l’heure, seulement une centaine sont sur place. « Demain, 22 personnels soignants militaires arrivent et seront affectés au Centre hospitalier de l’Ouest guyanais (Chog) », souligne Patrice Latron. Grâce à ce renfort, le Chog, qui dispose actuellement de quatre lits, devrait en disposer de huit à la fin de semaine. « Un autre module de quatre lits devrait être armé sous huitaine grâce aux équipes de la réserve sanitaire et celles envoyées par le centre de crise sanitaire. Ce qui nous amènera à 12 lits de réanimation contre quatre aujourd’hui au Chog », ajoute Clara de Bort.
Des renforts doivent en effet arriver les 11, 13, 16 et 18 juillet mais les autorités ne sont pas en mesure de donner les effectifs exacts : « Le flux est tellement tendu que nous ne connaissons le nombre exact de soignants que deux ou trois jours avant qu’ils arrivent, explique Clara de Bort. Mes équipes travaillent sur la logistique de ceux qui arrivent par les vols des 11 et 13 juillet, en sachant que j’ai arbitré hier soir les règles de distribution des équipes entre l’Ouest et Cayenne. »
Grâce à ces soutiens, la capacité du Centre hospitalier de Cayenne devrait être augmentée de dix lits de réanimation dans une dizaine de jours. « D’abord cinq d’ici à la semaine prochaine et cinq autres si nécessaire, les semaines suivantes », indique Clara de Bort.
Tests : « Aller dans les quartiers »
La stratégie reposant sur les évacuations sanitaires aux Antilles atteint, elle, ses limites. « On a les moyens de faire des évacuations sanitaires avec l’A400M mais il est sous-utilisé en raison du manque de places dans les hôpitaux de Martinique et de Guadeloupe », regrette Patrice Latron.
Douze malades ont été évacués depuis le début de la crise vers les Antilles. « C’est l’équivalent d’un service entier de réanimation et ça nous a permis de gagner du temps », souligne Clara de Bort. C’est donc désormais vers la Métropole que l’on se tourne pour procéder à des évacuations sanitaires stratégiques : « Nous essayons d’alléger la charge non-Covid-19 que nous envoyons vers les Antilles en les redirigeant vers la Métropole. Ce seront des évacuations au compte-goutte, via des vols commerciaux. »

Alors que, en une semaine, le nombre hebdomadaire de tests est passé de 5.000 à 4.000 environ, Clara de Bort réaffirme la stratégie en la matière. « Nous allons continuer à augmenter le nombre de points de prélèvements. Un drive a d’ailleurs ouvert aujourd’hui à Saint-Laurent du Maroni. Et nous allons développer massivement les équipes mobiles de dépistage pour aller dans les quartiers et au plus près des Guyanais. »
Arriver à 100% de port de masque
Le préfet Marc Del Grande rappelle les mesures de freinage de l’épidémie mises en œuvre. « Nous avons durci le couvre-feu, restreint les horaires d’ouvertures de magasin, promu le confinement autant que possible des personnes vulnérables (…) J’ai rendu le port du masque obligatoire partout dans l’espace public. Je crois que 80% de la population le respecte mais il faut que nous arrivions à 100%. Nous avons des stocks de masques et nous avons ouvert une adresse mail (1) où des personnes peuvent faire des demandes de masques gratuits. »

Sur l’aspect répressif, Marc Del Grande rappelle que, le week-end dernier, 4.000 contrôles ont été réalisés par les forces de l’ordre et 166 procès-verbaux dressés. Deux escadrons de gendarmes mobiles supplémentaires sont attendus dans les prochains jours.

(1) masques973@guyane.pref.gouv.fr

Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
Consultez également les données des pays dans le monde touchés par l'épidémie.
» Accédez aux données

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
5 commentaires

Vos commentaires

kiki973 10.07.2020
Je suis rassuré

Avec l'arrivage de la réserve et des services sanitaires des armées on a pas besoin des cubains laveurs de cervelles.
Pensez à offrir à Toto et à ses camarades un séjour de rééducation à La Havane.

Répondre Signaler au modérateur
CBxyz 10.07.2020

Merci pour vos articles bien informé

Répondre Signaler au modérateur
Affreux Jojo 10.07.2020
Mayenne/Guyane

La Mayenne a autant d'habitants que nous (enfin... officiellement)
La Mayenne a vu son nombre de cas augmenter (quadruplement sur 10 jours) pour arriver à 200.
Mais nous les 200 positifs, on les a eus quotidiennement il y a 10 jours (et si on ne les a plus, comment savoir si c'est faute de tests ou parce que la Covid recule ?)
La Mayenne envisage de tester toute sa population de plus de 10 ans.
Et nous ?
ET NOUS ?

Répondre Signaler au modérateur
jesaispas 10.07.2020
??

9 semaines de retard Cf premiers cas à st Georges.Puis non confinement strict du quartier Arc en Ciel qui a contaminé l'Ile de Cayenne.Le confinement responsable ?????
ET ON EST TOUJOURS PAS PRET POUR FAIRE FACE

Répondre Signaler au modérateur
Garimpo 09.07.2020

750 km de frontière impossible à protéger ?
Foutage de gueule! 5 à 6 points de passage tout au plus !
Points de passage parfaitement connus des autorités.
Alors pourquoi cette gêne à reconnaître les vrais raisons de cette première vague Covid?
Idem au Surinam, covid importe de Belem avec les orpailleurs...



Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
5 commentaires
3 commentaires
6 commentaires
2 commentaires
A la une