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Covid-19, dengue, leptospirose : la Guyane face à trois risques sanitaires

A.G. Vendredi 19 Juin 2020 - 11h43
Covid-19, dengue, leptospirose : la Guyane face à trois risques sanitaires
La leptospirose est une maladie qui s’attrape au contact de l’eau contaminée par les rongeurs. - DR

Alors que l’épidémie de Covid-19 est passée en stade 3 et que la dengue inquiète, la leptospirose se répand depuis plusieurs semaines en Guyane. Une personne est décédée des suites de cette maladie et treize cas ont été diagnostiqués depuis mai. Un plan d’action a été décidé.

Alors que le Covid-19 et la dengue sévissent, la leptospirose entre de nouveau en force dans le paysage épidémiologique guyanais. En période normale, le Centre hospitalier de Cayenne enregistre un ou deux cas par mois en moyenne ; depuis mai, 13 malades ont été suivis. Cette maladie est facilement soignée lorsque le diagnostic est précoce. Les premiers symptômes, similaires à ceux de la dengue ou du Covid-19, rendent cependant sa détection plus compliquée. La moitié des malades ont développé des formes sévères ces dernières semaines et un patient est décédé le mois dernier. Une deuxième victime pourrait être à déplorer : la cause du décès est en cours d’investigation à l'hôpital.

« Contrairement au Covid-19 ou à la dengue, pour la leptospirose, des marqueurs dans le sang nous incitent à prescrire un traitement antibiotique qui guérit le patient. Mais si les malades ne sont pas pris en charge suffisamment tôt, il peut y avoir des formes sévères. Les plus graves qu’on a eu ici présentaient souvent des atteintes au foie et aux reins très importantes et, ce qui est un peu plus fréquent en Guyane qu’en Europe, des atteintes pulmonaires », explique le Dr Loïc Epelboin.
Dans les quartiers informels mais pas seulement
Les cas récents ont été diagnostiqués dans l’île de Cayenne. Une enquête environnementale a été menée par les services de l’Agence régionale de santé (ARS) afin d’analyser le contexte de ces contaminations. « La maladie a été détectée dans des quartiers informels, à Bambou et à Baduel. On a deux cas à Balata qu’on a pas encore réussi à comprendre et quatre, cité Brutus et Thémire. Mais il existe sûrement d’autres personnes qui ont eu la leptospirose et qui ne sont pas dans nos comptages. C’est une maladie qui reste mal diagnostiquée », souligne Vincent Robert, ingénieur d’étude sanitaire à l’ARS.
Les zones touchée par des cas de leptospirose à Cayenne sont entourées en rouge - ARS

La bactérie à l’origine de la leptospirose se transmet par l’urine des rongeurs, via l’eau contaminée. « La bactérie pénètre dans le corps humain lorsque la peau est abimée par des petites blessures, ou a macéré dans l’eau », explique Loïc Epelboin. Sa résurgence est liée aux récentes inondations et à l’accumulation de déchets qui permet la prolifération des rats, notamment dans les quartiers informels. « Certains cas présentent les mêmes profils : les personnes vivent dans les quartiers informels, marchent sur un sol non bétonné, où la gestion des ordures est parfois problématique. Elles risquent davantage de marcher dans une flaque contaminée par l’urine de rat. Ce n’est cependant pas suffisant pour expliquer tous les cas », indique Vincent Robert.
Aucun cas décelé dans les élevages
Cette maladie peut aussi être transmise par les chiens errants. Elle ne se transmet que de l’animal à l’homme, pas entre les humains.
Aucun cas n’a pour l’heure été détecté dans les élevages. Alexandre Dumontier, directeur de la Société coopérative des éleveurs de Guyane (Scebog), se veut rassurant : « En raison des fortes pluies, les terriers des rats sont remplis d’eau, ce qui les poussent à sortir. La vaccination de tous les animaux du cheptel est obligatoire en cas de détection de cas. Les derniers cas portés à ma connaissance remontent à deux ou trois ans, chez des buffles. Il n’y a pas de danger pour la consommation de la viande. »

Afin de prévenir une contamination, Vincent Robert insiste sur plusieurs préconisations : « En cas d’égratignures et de plaies, appliquer un pansement pour ne pas contaminer des blessures. Chaque fois qu’on va dans l’eau et dans la boue, se laver avec de l’eau potable et du savon. Laver les fruits et les légumes avant de les consommer. Lutter contre les rats en général : éliminer les déchets. »
Pour faire face à l’épidémie, un plan d’action dans la Communauté de communes du Centre littoral a été voté hier, suite à réunion organisée par les communes concernées : Cayenne, Matoury et Rémire-Montjoly (lire ci-contre).

L’hôpital de Cayenne met en place la méthode diagnostic de la leptospirose par PCR. Auparavant, les échantillons devaient systématiquement être envoyés dans l'Hexagone pour analyse. « Ça nous rend un grand service car ça peut prendre parfois jusqu’à une semaine pour avoir le résultat », souligne Loïc Epelboin.

Le plan d’action contre la leptospirose
Afin d’enrayer la propagation de la leptospirose, quatre actions doivent être mises en place par la CACL, l’Agence régionale de santé et les communes de Cayenne, Rémire-Montjoly et Matoury :
1. la collecte des ordures ménagères, des bacs jaunes, des déchets verts et des encombrants va être renforcée dès la semaine prochaine dans les quartiers touchés par la leptospirose ;
2. la police municipale et la fourrière animale ont été sollicitées pour la capture des chiens errants et divaguants, réservoirs de la bactérie ;
3. une campagne de dératisation pilotée par l’Agence régionale de santé va être mise en œuvre, en priorité à Cayenne mais aussi à Matoury ;
4. une campagne de communication et de prévention sur la gestion des déchets et sur les bons gestes pour faire face à la leptospirose va aussi être menée auprès des habitants concernés.
Quant aux financements de ces actions, Eric La Fontaine, directeur de cabinet à la CACL, insiste sur des « compétences partagées » : « Nous avons prévu un principe de conventionnement. Nous avons reçu ce matin un accord de principe de l’ARS pour un soutien financier, dont le montant reste à déterminer. »
 


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2 commentaires

Vos commentaires

Vendeta973 21.06.2020
Toujours plus....

leptospirose, dengue, Covid.....c’est pire que le tiers monde

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Benkwa 21.06.2020

Commentaire supprimé par la rédaction

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A. LEA 19.06.2020

On n'est pas sorti de l'auberge !

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