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Covid-19 : 36 nouveaux cas en 24 heures, l’ARS appelle à la mobilisation générale

Propos recueillis par A.G. Dimanche 24 Mai 2020 - 13h47
Covid-19 : 36 nouveaux cas en 24 heures, l’ARS appelle à la mobilisation générale
36 nouveaux cas ont été testés positifs en 24 heures en Guyane - DR

Avec 36 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, la Guyane enregistre son plus haut pic de contamination depuis le début de la pandémie. Face à une « dangereuse » progression du virus, Clara de Bort, la directrice générale de l’Agence régionale de santé, appelle à la mobilisation : « Respectez les mesures barrières et si vous êtes positifs, allez à l’hôtel du Fleuve, à Sinnamary. »

Hier, 18 nouveaux de Covid-19 cas avaient été annoncés mais finalement, il y en a le double…
Oui, les équipes n’avaient pas encore fini d’analyser les prélèvements à l’heure du point Covid-19 et ont travaillé tard. Au final, sur la journée d’hier, on compte 36 nouveaux cas. Nous annoncerons les cas que nous n’avons pas recensés hier dans le point Covid-19 de ce soir. Si ça continue, on devrait en annoncer une quarantaine.
On recense donc 100 nouveaux cas depuis le début de la semaine en Guyane. Que peut-on dire de la propagation de l’épidémie ?
La courbe épidémique progresse dangereusement. On commence à être vraiment inquiets car on n’a jamais eu autant de nouveaux cas chaque jour et même sur une semaine complète. Et ce n’est pas seulement lié au fait que l’on en cherche à Saint-Georges. Certains apparaissent spontanément à Kourou, Cayenne, Rémire, Matoury et Macouria. Nous sommes aussi inquiets parce que l’origine de quelques contaminations apparaissent inconnues. On a notamment un cas à Rémire, un cas à Macouria, un cas à Matoury pour lesquels nous n’arrivons pas pour le moment à relier les nouveaux contaminés à l’histoire d’une chaîne de contamination X ou Y. Ça signifie que les contaminations nous échappent et que l’épidémie prend de la vitesse.
Qu’est ce qui ressort des enquêtes épidémiologiques concernant les cas apparus cette semaine ?
On commence à avoir des histoires de contaminations professionnelles qui sont très clairement du post-déconfinement et des contaminations de loisirs. Notamment, 20 personnes sont allées ensemble en carbet. Au moins cinq d’entre elles sont contaminées : elles ont clairement baissé leur garde. Ce n’est pas le moment !
Ce qui nous inquiète aussi, c’est le ton des gens au téléphone qui, lorsqu’ils sont appelés pour leur confirmer leur positivité au Covid-19, minimisent la situation ou sont fatalistes. De nombreuses personnes déclarent ne pas vouloir aller à l’hôtel de Sinnamary pour être isolées – et je rappelle que c’est sur volontariat. On va enquêter pour comprendre pourquoi certaines personnes ne veulent pas aller à Sinnamary. Ce que l’on entend, c’est : « Je ne suis pas très malade et de toute façon, je vis avec ma famille donc je leur ai déjà transmis. » Les appelants commencent à avoir la sensation que les gens sont passés à autre chose, que l’épidémie est derrière nous. Pourtant, elle n’a jamais été aussi présente !
Moi, je veux juste sonner la mobilisation générale car on file un mauvais coton. Jusqu’à il y a quelques jours, on pensait qu’on pourrait s’en sortir mais s’il y a des comportements comme ça, on n’y arrivera pas.
Depuis quand ce basculement est-il ressenti ?
Depuis cette semaine. Les précautions à observer lors du déconfinement sont manifestement aléatoires. On a plusieurs cas de professionnels qui travaillent masqués et qui, à midi, se retrouvent ensemble pour déjeuner dans une petite pièce. Ça, ce n’est pas possible ! Je ne suis pas favorable à tout interdire mais il faut que la population comprenne par elle-même quels sont les moments à risque…

Clara de Bort, directrice de l’Agence régionale de santé. - Angelique GROS

Quels sont vos conseils ?
Si vous êtes positifs, allez à Sinnamary, s’il vous plaît (lire ci-contre) ! Qu’on ait encore besoin aujourd’hui de convaincre les gens malades qu’il faut s’isoler, ce n’est pas possible ! J’en appelle à la responsabilité individuelle de chacun. Si on déconfine, c’est qu’on considère que les gens sont ensuite capables d’appliquer les mesures barrières !
Ne nous dirigeons-nous pas peu à peu vers un reconfinement ?
On espère que non et que l’on va pouvoir continuer à avoir des mesures adaptées par communes ou par quartiers. Par contre, si le virus se met à circuler partout, c’est malheureux mais ça risque d’être le cas. L’Ouest est épargné pour le moment mais sur l’Île de Cayenne, ça s’aggrave.
Les premiers malades ont été enregistrés cette semaine à Camopi. Comment se passe le dépistage sur place ?
Il y a une recherche active de cas avec une équipe de deux médecins. La réserve sanitaire arrivera en appui jeudi. Une opération massive de dépistage doit commencer vendredi. On essaie de monter un centre « tampon » qui permette d’héberger les personnes symptomatiques le temps que les résultats des tests arrivent et que s’ils sont positifs, elles soient évacuées vers l’hôpital si nécessaire ou à Sinnamary. On va organiser un pont aérien avec Camopi.
Combien de temps cette réserve sanitaire restera-t-elle en Guyane ?
Elle est arrivée vendredi matin à Saint-Georges et doit rester en Guyane dix jours.
Qu’en est-il de la situation à Saint-Georges de l’Oyapock où une opération de dépistage massif est conduite depuis lundi ?
On a testé 580 personnes [soit 14 % de la population environ, ndlr] mais nous sommes limités par les capacités de biologie de nos laboratoires : elles ne permettent pas d’aller aussi fort et aussi vite que l’on voudrait. La semaine prochaine, nous prévoyons d’évacuer des tubes pour qu’ils soient analysés à Paris. Nous n’avons que deux vols par semaine mais nous pourrons dépister massivement à Saint-Georges la veille des décollages. Les équipes sont dimensionnées pour faire des prélèvements massifs sur place.
Quelle est la capacité quotidienne d’analyse des tests en Guyane ?
Ça dépend des jours, en sachant qu’on ne peut pas faire travailler les personnels 24 heures sur 24. Quand le laboratoire de l’institut Pasteur fonctionne, ça dépend s’il traite une ou deux séries et s’il y a des prélèvements de dengue ou pas : pour ce qui concerne la dengue, des prélèvements arrivent aussi des Antilles car nous sommes le centre de référence.
Avec le Centre hospitalier de Cayenne, le laboratoire Carage et l’institut Pasteur, on peut en moyenne traiter 200 à 250 tests Covid-19 par jour et il faudrait que l’on monte à 500. D’autant que dès l’instant où des cas sont testés positifs, les sujets contacts peuvent être testés également même s’ils n’ont pas de symptôme. On augmente nos capacités de test mais pas assez vite par rapport à la flambée qu’on est en train de constater. Près de 2.000 tests rapides ont par ailleurs été commandés mercredi par le CHC [pour un montant de 48.000 euros, soit 1.200 euros une boîte de 48 tests, ndlr] mais les délais d’approvisionnement sont longs.
Qu’en est-il des laboratoires privés Eurofins et Biosoleil qui doivent eux aussi proposer des dépistages Covid-19 ?
Ils ne sont pas encore tous équipés. Ils devraient pouvoir analyser environ 70 prélèvements chacun par jour. Mais eux non plus ne peuvent pas travailler sept jours sur sept.
Une soixantaine de personnes isolées à domicile
Sur plus de 90 cas cette semaine, huit ont été hospitalisés et seulement une dizaine a choisi de s’isoler à l’hôtel du Fleuve, à Sinnamary. Le reste des malades, soit plus d’une soixantaine, a choisi de s’isoler à domicile. Pourtant, ce n’est pas faute de place à l’hôtel du Fleuve, qui dispose de 50 bungalows et de 250 chambres… et qui n’accueille en ce moment qu'une quarantaine de malades.
 


Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
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2 commentaires

Vos commentaires

MartinEden 25.05.2020

'' L’Ouest est épargné pour le moment''
C' est fini madame !
Beaucoup sont partis de Mana et St Laurentce week-end pour faire la fête ce lundi 25 mai au Surinam.

Répondre Signaler au modérateur
den97300 24.05.2020
????????

On est mal .... vraiment ! Mais tous le monde s'en fiche. C'est carbet, sortie à la comté, grillades, sorties criques, fête de famille, siroptage devant le libre service. La vie quoi!

Répondre Signaler au modérateur
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