• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Comment se passent les quatorzaines à l'Hôtel du Fleuve

P.R Jeudi 2 Juillet 2020 - 13h48
Comment se passent les quatorzaines à l'Hôtel du Fleuve
Depuis le début de la crise, l'Hôtel du Fleuve de Sinnamary a été réquisitionné pour accueillir les malades atteints du Covid, sur la base du volontariat.
 Dès le début de la crise, l’Hôtel du Fleuve à Sinnamary a été choisi comme lieu de quarantaine dédié à l’accueil des patients atteints du Covid-19, sur la base du volontariat. Une alternative au confinement à domicile permettant de s’isoler sans risquer de contaminer ses proches. Les personnes placées en quatorzaine y ont des chambres individuelles. L’établissement a été choisi, sous réquisition du préfet Marc del Grande et sous le contrôle de l’ARS, notamment parce qu’il n’a pas de voisins immédiat (lire notre interview du préfet publiée le 8 avril dernier).

L’ARS a commandé une étude qualitative auprès de huit malades placés en isolement à Sinnamary. Selon cette étude, les points les plus appréciés sont la qualité de l’hébergement, la possibilité de s’isoler en famille ou en couple, la qualité de la prise en charge et le dispositif qui permet les échanges entre personnes hébergées.
 
« Un outil essentiel pour freiner les contaminations »
La société qui a mené cette étude qualité a réalisé huit entretiens de vingt-cinq à trente minutes avec des patients. Protéger son entourage est « le principal moteur de l’acceptation » de Sinnamary.  « J'y ai pensé spontanément par peur de contaminer d'autres personnes », témoigne un premier patient. « Je me suis isolé spontanément, chez mon frère et j'ai appelé la famille pour les avertir. Donc je savais qu’il fallait s’isoler », ajoute un deuxième. « Chez moi, ce n’est pas possible. J’ai moi même fait la demande », souligne un troisième.
 
Et certains patients de poursuivre : « J’ai eu vraiment peur pour mes proches », « J’ai eu peur pour moi, mais surtout pour ma mère qui vit à côté de chez moi. »
 
Aujourd’hui, l’isolement à l’hôtel du Fleuve est géré par le centre hospitalier de Kourou, avec la possibilité de soins infirmiers une fois par jour par une infirmière sur place le matin. Toutefois,  « les patients doivent être autonomes », rappelle l’ARS.
Pas tout rose non plus
Néanmoins, certains points restent à améliorer, révèle l’étude. Des personnes hébergées regrettent ainsi le peu d’information mises à leur disposition en amont de leur départ à l’isolement. La qualité des repas est également remis en cause.

La limite de cette enquête est évidemment qu’elle n’a pris l’avis que de huit personnes sur les presque 300 personnes hébergées depuis le début de la crise. Ainsi, notre rédaction a pu s’entretenir avec Patricia*, qui a été placée à Sinnamary le 23 juin dernier. Et le son de cloche n’est pas du tout le même. « On m’a placée dans une chambre sale, raconte t’elle (voir les photos ci-dessous). Il y avait des cafards morts et des excréments d’insecte… Le frigo n’avait pas été nettoyé et il y avait des restes de la personne précédente… J'ai demandé à ce que ce soit nettoyé, mais on m'a répondu que le personnel n'avait pas le droit d'entrer dans les chambres. On m'a donné un savon pour le faire moi-même… ». Pire que la saleté, Patricia avoue avoir craint pour sa sécurité : « La porte de ma chambre ne fermait tout simplement pas à clef. Je mettais donc le frigo devant la porte le soir… ». Finalement, le compagnon de Patricia a éxigé que sa femme puisse quitter les lieux dès le samedi. « Durant cinq jours je me suis sentie traîtée comme une bête », raconte t'elle aujourd'hui, alors que les effets du Covid se font encore sentir chez elle. 
 
Jorginet nous a envoyé ces photos de sa chambre à l'hôtel alors qu'elle y était placée en quatorzaine. -








* Le prénom a été modifié
 
Les modalités d’admission

Patients éligibles :
• Personnes majeures ou mineurs accompagnés ;
• Pauci ou asymptomatique, compatible avec un maintien au domicile, sans critères d’hospitalisation ;
• Pour lesquels les critères de confinement au domicile ne peuvent être remplis
• Patients autonomes (possibilité d’injection de Lovenox 1 fois par jour par IDE sur place le matin) ;
• Accord du patient.

Si possible, informez le patient :
• Qu’il s’agit d’une structure d’hébergement (et non hospitalière) ;
• Qu’il sera hébergé jusqu’à J14 du début des symptômes ou de la date du test si asymptomatique ;
• Qu’il sera hébergé jusqu’à J21 si faisant suite à une hospitalisation ;
• Nécessité d’apporter ses médicaments, vêtements et affaires de toilettes en quantité suffisante pour la durée du séjour.

Modalités :
• Remplir la fiche de demande d’admission ci-jointe ;
• L’envoyer à l’adresse saucovid@ch-kourou.fr ;
• Un mail d’authentification anti-spam vous sera renvoyé lors de votre premier envoi, il est indispensable d’y répondre pour assurer la bonne réception de votre demande, cet e-mail peut être dans vos « courriers indésirable » ;
• Le CHK s’occupe d’organiser le transport ;
• Si besoin, vous pouvez joindre le CHK au 0694 23 27 57.
 
 


Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
Consultez également les données des pays dans le monde touchés par l'épidémie.
» Accédez aux données

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
7 commentaires
11 commentaires
7 commentaires
3 commentaires
A la une