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épidémie de covid-19

Collectif PLPG : « Nous n’avons jamais été autant en danger qu’aujourd’hui »

Stéphane HESPEL Vendredi 29 Mai 2020 - 15h54
Collectif PLPG : « Nous n’avons jamais été autant en danger qu’aujourd’hui »
Albert Darnal (à droite sur la photo) et Armand Achille appellent également la population à la plus grande des prudence en cette veille de réjouissances familiales et culinaires liées au week-end prolongé de la Pentecôte. - Photo SH

Le collectif Panga Lasanté Pèp Gwyané-a (PLPG) a aujourd'hui lancé un appel aux Guyanais pour qu'ils se mettent en auto-confinement. Au regard d'une situation épidémiologique qui s'est détérioriée depuis le 11 mai, il réclame plus de transparence sur la propagation du virus sur le territoire et critique ouvertement les décisions prises par l'Etat et les autorités sanitaires.

D'un côté de la table, Armand Achille, militant indépendantiste. De l'autre, Albert Darnal, ancien secrétaire général de l'Union des Travailleurs Guyanais (UTG). Et autour d'eux, d'autres militants, nouveaux adhérents et noyau dur du collectif PLPG (Panga Lasanté Pèp Gwiyané-a) créé le 11 mai, jour du déconfinement avec pour leitmotiv : le bien-être de la population guyanaise. Si ce collectif a été créé, c'est que « nous ressentions un gros vide  », insiste Albert Darnal. « Nous ne pouvions pas rester silencieux et avons créé ce collectif. L’Etat ne fait pas ce qu’il doit faire. On travaille sur un certain nombre de choses. Nous souhaitons le plus large rassemblement possible pour faire face à cette épidémie. Il faut que l’ensemble des organisations politiques, syndicales et associatives se rassemblent. Il ne s’agit pas de politique-politicienne et encore moins d’attirer quoi que ce soit vers nous.  »
De la prudence
Aujourd'hui, le PLPG lance « un appel au peuple guyanais pour qu’il se mette en auto-confinement. La situation sanitaire de la Guyane se dégrade, et ce profondément depuis le 11 mai. Avec 300 cas supplémentaires. 25 hospitalisations, deux patients en réanimation. Nous appelons le peuple guyanais à réduire au maximum les contacts physiques extérieurs et les activités non essentielles. A la veille de ce long week-end, traditionnellement réservé aux réjouissances culinaires, familiales, nous recommandons à tous la plus grande prudence. Nous n’avons jamais été autant en danger qu’aujourd’hui. »

Le collectif dénonce le fait que les décisions des autorités compétentes, « ont plus favorisé la propagation du virus que le contraire. Notamment le confinement précoce et le déconfinement anticipé sans fondement scientifique. Nous devons prendre notre destin en main. Indépendamment des décisions prises par les autorités coloniales et les élus politiques, commente Armand Achille. « Hier le Premier ministre a annoncé un certain nombre de mesures d’allègement, mais c’est, selon nous, le contraire qu’il faut faire. On ne peut pas être confiné dès lors qu’il y a une centaine de cas et déconfiné à plus de 400 cas officiels, en allégeant les mesures.  »
Juste l'essentiel
Les membres du PLPG regrettent « l’absence total de transparence, depuis le début de la crise ». Et évoquent des « situations préoccupantes » comme : la sécurité des habitants de Sinnamary et le contrôle du centre corona de l’Hôtel du Fleuve où une centaine de personnes résident, malades ou personnes contact. On ne sait rien concernant le nombre de personnes actuellement en quarantaine. C'est dommage, car c’est un indicateur des risques à venir ou en cours. »

Selon eux, la situation de la Guyane, passée en département orange depuis hier est paradoxale. « Les Guyanais doivent s’auto-confiner et ne sortir de chez eux que pour des choses essentielles : les courses et l’aide aux personnes les plus vulnérables. »
« Des cas dont personne ne parle… »
« Personne ne contrôle plus rien, commente Armand Achille. Alors nous, on dit aux Guyanais, contrôlez-vous. Restez chez vous. Et c’est maintenant. C’est une des missions qu’on s’était donné au départ. N’écoutez pas les autorités en charge de la santé en Guyane car jusqu’à aujourd’hui ce sont elles qui nous ont mis dans cette situation ». « Il ne s’agit pas d’un jeu, ajoute Albert Darnal. C’est un combat pour la vie que l’on doit assumer tous ensemble.
Et d'évoquer plusieurs cas…
— Au centre commercial Family plaza, « nous sommes sûrs qu’il y a au moins trois victimes du virus identifiées. Une est en réanimation aujourd'hui. Ce sont des victimes liées au déconfinement. »
— Le super U de Kourou « a été décontaminé. Personne n’en parle non plus ».
— Il y a aussi eu « un faux cas négatif à Papaïchton. Négatif en Guyane, il a été testé positif au Suriname. »
— « Les autorités sanitaires de Guadeloupe disent aujourd’hui qu’elles ont reçu des cas en provenance de la Guyane. »
— « Il y a des cas à l'hôpital de Kourou. Hier matin à 10h, il y avait un chsct pour prendre des mesures car des personnels ont été testés positifs. »
— « Un certain nombre de militaires ont été testés positifs à Camopi et il y en a une trentaine à Kourou… alors on nous dit qu’il ne faut pas fustiger les militaires, alors on prend des gants… mais d’un autre côté, on ne s’est pas posé ces mêmes questions quand il y a eu des cas positifs et un mortel chez les Amérindiens au village Cécilia. »
— « Il y a aujourd'hui des discussions sur la base spatiale, assure Albert Darnal, pour savoir si ils ne vont pas redemander leur personnel de se reconfiner. Cela aurait certainement des conséquences graves pour les futurs lancements. La vie des Guyanais est-elle moins importante que la fusée ? »
  
Un hôpital de campagne demandé au Premier ministre
« La semaine dernière, nous avons rencontré les parlementaires et les maires de Guyane, explique Albert Darnal. « Le président de la CTG a décliné l’invitation. Nous avons convenu d’écrire au Premier ministre poour lui demander un certain nombre de choses. Dans cette demande il y a des gants, des moyens de protection pour la population, du gel hydro mais on a surtout insisté aussi sur la mise en place à Oiapoque d’un hôpital de campagne. Pour permettre de soigner les ressortissants brésiliens chez eux et éviter que l’épidémie se propage chez nous. Ce courrier est en cours de signature. »
 
Municipales du 28 juin : « Ne déposer pas vos candidatures »
Armand Achille a aussi appelé tous les candidats qualifiés au second tour des municipales du 28 juin, dans les sept communes ou les maires ne sont pas désignés, « à boycoter ces élections, en renoncant à déposer leurs candidatures. La campagne et les opérations électorale vont mettre le peuple guyanais en danger. On veut que les gens assument leurs responsabilités. Le 15 mars c’était déjà problématique, pour le 1er tour des municipales. »
 

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7 commentaires

Vos commentaires

Garimpo 30.05.2020

Que de contorsion pour ne pas mentionner l’orpaillage illégal,
Là, camarades, vous frôler la complicité d’orpaillage illégal !
Ce déni augmente le risque d’une presence Covid à rallonge...

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siage 30.05.2020
Une lueur d'éspoir

Complètement d'accord avec vous. Armand Achille, Albert Darnal confinés vous, bien hermétique surtout et ne lésinez pas sur la durée.

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Garimpo 30.05.2020

Euh et l'orpillage ? Camopi est livré à lui même, vous ne dénoncez pas ? Vous n’exigez pas la fin immédiate de ce scandale ???
Les pirogues vont et viennent, Villa Brasil et ilha Bella sont dans le parc Brésilien! Et ne devraient pas exister ! Vue le nombre de cas a Oyapock, Camopi, combien de clusters en forêt ?
MDES, Karam, Roro, Serville, les kolektifs etc... Pourquoi cet...“oubli”?

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Georges de Cayenne 30.05.2020

La courbe épidémiologique de la Guyane a au moins six semaines de retard par rapport à celle de la métropole. Cela n'a peut-être pas été une erreur d'appliquer le confinement le 16 mars en Guyane. Il aurait fallu au moins fermer les frontières et surveiller étroitement tous les arrivants dans le territoire, ce qui n'a pas été le cas : revenu de métropole le 21 mars, j'ai été choqué par la légèreté des mesures à l'accueil à Rochambeau ! Par contre, c'est une aberration d'avoir déconfiné le 11 mai alors que nous sommes aujourd'hui en plein pic de la courbe, si ce n'est à son début car il nous faudra attendre une dizaine de jours pour savoir si les comportements irresponsables de certains au Village Chinois et sur la Comté seront suivis d'une éclosion de nouveaux foyers épidémiques. Autre aberration : la levée du couvre-feu dans certaines communes...

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RAF973 30.05.2020

La ou ils ont raisons c'est sur le fait qu'il faut mener le combat ensemble. On n'a d'ailleurs pas le choix.
Maintenant, sans stigmatiser qui que ce soit,quand on voit ce qui s'est passé à cayenne la nuit avec les fêtes, le cachiri a Camopi avec 400 âmes , les comportements sur st Georges , les apéros discussions chez les chinois ( moins qu'avant quand même), ....., faut pas s'étonner .
On veut tous une bonne santé pour tout les gens qui vivent ici, encore faut il qu'au départ ces mêmes gens fassent ce qu'il faut pour que cette épidémie diminue et pourquoi pas ne disparaisse, sans ca ...

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Nespresso 29.05.2020
ahou! ahou ! ahou!

Restez confinés le plus longtemps possible, n'allez plus travailler, coulez l'économie de ce pays, mais surtout n'oubliez pas de sortir pour aller encaisser les aides de la mère patrie et bien évidemment, ne manquez pas l'office de dimanche.
Décidément cette poignée d'irréductibles indépendantistes bouffent à tous les rateliers qui se présentent !

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bozo 29.05.2020
Union sacrée ?

Si les indépendantistes mettent leurs idéologies de côté le temps de la crise, pour aider les populations, aider les entreprises, aider les services publics à lutter contre la crise sanitaire, c'est une très bonne initiative.
Car il faut bien reconnaître que avoir cru en une immunité guyanaise et un retour à la vie normale furent des erreurs stratégiques, on risque bien d'en payer le prix...
Pour une fois, la démarche des indépendantistes semble aller dans le bon sens, pourvu que ça dure !

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