France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Au cœur du montage de l’hôpital de campagne, à Cayenne

Angélique GROS Jeudi 25 Juin 2020 - 11h38

Une salle de stérilisation jouxte le bloc et permet de nettoyer dans des conditions d’asepsie tous les instruments utilisés en chirurgie. - AG

Afficher toutes les miniatures

L’hôpital de campagne de la sécurité civile est en cours de montage, sur l’héliport du Centre hospitalier de Cayenne. L’équipe de soignants et de logisticiens est quasiment au complet et la structure devrait être techniquement montée demain et pleinement opérationnelle d’ici à lundi. Reportage.

Les équipes de la sécurité civile sont à pied d’œuvre au Centre hospitalier de Cayenne (CHC). Grâce à l’acheminement de 28 tonnes de matériels et à l’arrivée de 35 logisticiens et soignants hier, l’Escrim (élément de sécurité civile rapide d’intervention médicale) devrait être pleinement opérationnel d’ici à lundi.

L’équipe de l’Escrim regroupe 43 personnes : 29 soignants, dont six médecins urgentistes, et 14 logisticiens. « Pour cette mission, nous avons la chance d’être 43 au lieu de 40, grâce à un appel à volontaires », se réjouit François Topin, médecin chef de l’Escrim. Quasiment tous les membres de la formation sont déjà là. L’équipe chirurgicale, composée d’un médecin-anesthésiste, d’une infirmière de bloc et d’un chirurgien, doit arriver demain.

Installé sur l’ancien héliport du Centre hospitalier de Cayenne, l’Escrim va permettre de délester le CHC de toutes les consultations de patients qui ne présentent aucun signe annonciateur d’un Covid-19. « C’est un service d’urgence classique, mais sous tente », résume le lieutenant-colonel Jean-Michel Audibert, chef du détachement Escrim.
Cet hôpital de campagne se compose d’une partie hospitalisation de courte durée, d’un bloc opératoire, d’une salle de stérilisation, d’une salle de radiographie et d’une partie plus technique, liée à son fonctionnement propre. L’ensemble de la structure sera climatisé. Les pathologies prises en compte vont de la traumatologie bénigne à la traumatologie grave, mais qui ne nécessite qu’un geste chirurgical bref et court. « L’exemple typique, c’est l’accident de bricolage pendant la période de confinement », indique François Topin.
Consultations…
Concrètement, un patient se présentant aux urgences du CHC est d’abord examiné à l’hôpital. S’il ne présente aucun symptômes Covid-19, il peut être dirigé si nécessaire vers l’Escrim. « Nous allons fournir un binôme médecin-infirmier pour aider l’équipe des urgences, afin d’effectuer cette catégorisation des patients. Si le patient présente un symptôme, il sera tout de suite considéré comme cas Covid-19, jusqu’à preuve du contraire », anticipe François Topin.
Le patient est enregistré aux services des urgences du CHC avant d’être envoyé vers l’hôpital de campagne. Arrivé dans la structure, il passe par le secrétariat, où le sapeur-sauveteur s’assure que le patient est bien enregistré. Il est ensuite installé sur un des lits de consultation où un infirmier ou un auxiliaire sanitaire prend ses constantes et prodigue des soins qui vont de la simple pose d’un pansement à la suture ou à la pose d’une perfusion. Des radiographies standards sont réalisées si nécessaire. Le cas échéant, le patient est ensuite placé dans le service d’hospitalisation de courte durée (de 24 à 48 heures), qui dispose de 16 lits. Un médecin et deux ou trois infirmiers se relaient 24 heures sur 24 pour assurer la surveillance.

L’accueil des urgences de l’Escrim - AG
… et chirurgie
En cas d’accident grave et de saturation des blocs chirurgicaux de l’hôpital, des chirurgies peuvent être effectuées à l’Escrim : « Ce seront toujours des chirurgies simples, de réaxation, par exemple la menace de continuité d’une artère. » Le bloc opératoire autorise une anesthésie générale et une surveillance intensive. Une salle de stérilisation jouxte le bloc et permet de nettoyer dans des conditions d’asepsie tous les instruments utilisés en chirurgie.

Le bloc opératoire dédié aux chirurgies simples. - AG

Quatre lits sont dédiés aux soins intensifs et à la surveillance continue. « Ils sont réservés aux patients qu’on doit surveiller avec un moniteur, un scope, avec un passage fréquent du médecin et de l’infirmier », explique François Topin.

L’Escrim ne se destine pas à accueillir des patients Covid-19. Mais ses équipes disposent de protections intégrales : « Si le CHC vient à être saturé, nous pourrons accueillir des patients Covid-19. Pour être efficients, il faut qu’on s’entraîne à travailler avec un masque, une charlotte, dans des conditions contraignantes. »

Une cinquantaine de consultations par jour sont envisageables. Si la vague épidémique s’intensifie, dix lits d’hospitalisation supplémentaires pourront être armés.
Une autonomie de quinze jours
Demain après-midi, le montage technique de la structure sous tente et des réseaux devrait être achevé. « Tous les réseaux : transmission, électricité, eau, évacuation devront être testés. Vient ensuite le montage opérationnel pour mettre en place les procédures de sécurité sanitaire et la coordination avec les équipes du CHC », indique Jean-Michel Audibert.

Contrairement à l’hôpital de campagne qui a été installé à Mulhouse (Haut-Rhin), cette structure n’est pas conçue pour accueillir des patients en réanimation : « L’idée, c’est d’alléger la patientèle classique de l’hôpital pour qu’il puisse se concentrer sur les patients Covid-19 qui, eux, nécessitent des soins plus lourds, des équipements plus sophistiqués et une attention plus soutenue. » Et François Topin précise : « Si urgence vitale il y a, nous avons les moyens d’assurer une intubation ventilatoire, une anesthésie générale et une surveillance continue, le temps de trouver une place en réanimation à l’hôpital de Cayenne ».

L’Escrim est un hôpital qui dispose d’une autonomie de quinze jours, en termes de médicaments, d’équipements de protection et de matériels techniques et chirurgicaux. « Cette structure d’urgence est déployée en général de quinze jours à un mois. Etant donné la situation, je pense que nous resterons au-delà de quinze jours », prévoit Jean-Michel Audibert.
Idéal en appui d’une structure fixe
Des collectifs ont demandé à ce qu’un hôpital de campagne soit installé à Saint-Georges de l’Oyapock ou sur le Maroni. Mais ce type de structure a plutôt vocation à être déployé en soutien à un élément fixe, soutient Jean-Michel Audibert : « Dans ce type de crise, Covid-19 ou mission d’appui à la santé publique, la solution la plus efficiente est d’adosser l’Escrim à une structure hospitalière fixe car il permet d’augmenter sa capacité de traitement et de rayonnement. L’Escrim étant armé par des urgentistes, on peut aussi renforcer la capacité de transfert secondaire et de prise en charge ponctuelle dans des zones plus isolées. »

Habituellement déployé dans un contexte post-catastrophe naturelle, notamment dans le cas de séisme, c’est la première fois que l’Escrim est projeté dans le contexte de la crise sanitaire liée au Covid-19. « Avant d’arriver en Guyane, tous les personnels de la partie médicale ont contribué à la crise Covid-19 dans leur département d’origine ou, dans le cas des pompiers volontaires, dans leurs hôpitaux ou cabinets libéraux, précise Jean-Michel Audibert. Les unités militaires qui arment l’autre partie ont été impliquées dans les rapatriements des ressortissants français de Chine, dans les centres de confinement et dans des actions au profit de certains centres hospitaliers : aide à la désinfection, brancardage… »

Ce n’est en revanche pas la première fois que l’Escrim intervient au profit d’une structure sanitaire fixe. Elle avait été déployée l’année dernière auprès du CHU de Guadeloupe, suite à l’incendie qui avait ravagé le service des urgences.

Qui fait partie de l’Escrim ?
L’Escrim est armé à la fois par les formations militaires de sécurité civile, l’unité d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile 7, et par le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Gard (30). Les formations militaires de la sécurité civile s’occupent en particulier de l’accueil, du traitement des urgences, du déchoquage et de la partie hospitalisation. Le SDIS 30 gère la partie bloc opératoire, soins intensifs, stérilisation et logistique. « 80 % de nos missions se déroule en situation de catastrophe mais, pour pallier cette crise sanitaire, nous avons adapté notre structure médico-chirurgicale en une structure médicale afin de renforcer une structure fixe dont les moyens humains sont totalement conservés. On vient et on s’intègre au fonctionnement de l’hôpital », résume François Topin.
 


Les données en temps réel en Guyane et dans le monde sur le COVID-19
Retrouvez les données sur les chiffres de l'épidémie en Guyane, sous la forme de tableaux et courbes actualisés chaque jour avec le nombre de cas et l'évolution de l'épidémie de coronavirus.
Consultez également les données des pays dans le monde touchés par l'épidémie.
» Accédez aux données

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
1 commentaire

Vos commentaires

Vendeta973 26.06.2020
Zorro est arrivé......

Sans se presser...hé, hé,

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
3 commentaires
1 commentaire
3 commentaires
A la une

Vidéos

Voir toutes les vidéos