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Crise sanitaire — transports

Aéroport Félix-Eboué : je pars, tu pars…. ils restent bloqués

Stéphane HESPEL Lundi 29 Juin 2020 - 13h47
Aéroport  Félix-Eboué : je pars, tu pars….      ils restent bloqués
« La solution qu'on nous donne actuellement, c'est de venir au jour le jour, pour voir si il y a des places pour repartir », regrettent Céline et Steeve qui attendent de repartir vers Paris. - Photo SH

Déclenchés, entre autres, par les nouvelles mesures de confinement, les reports de vols et annulations s’enchaînent pour les passagers qui veulent, et quelle qu'en soit la raison, quitter la Guyane ces jours-ci. Les mécontents sont nombreux… et les solutions sont loin d’être suffisantes. De son côté, Olivier Taoumi, directeur de l’aéroport, a fait suivre avec la présidente de la chambre de commerce (CCI) une demande officielle à la préfecture d’ajout de deux vols supplémentaires pour qu’elle soit transmise aux autorités… à Paris (lire encadré).

Comment faire rentrer dans quatre vols hebdomadaires le même nombre de passagers que dans les treize vols habituellement programmés chaque semaine entre Cayenne et Paris ?
Depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de liaisons entre la Guyane et Paris a, dans un premier temps, été réduite à néant. Puis les vols ont progressivement repris, avec Air France puis avec Air Caraïbes. Seulement, aujourd’hui, des dizaines, voire des centaines de passagers ne peuvent plus partir de Félix-Eboué… faute de place sur les longs courriers.

Aujourd’hui, Céline et Steeve, un couple arrivé il y a trois ans avec leurs trois enfants, pour leur travail, sont coincés en Guyane, inquiets et tendus par la situation qu'ils vivent. Bien qu’ayant réservé leurs cinq billets pour le 3 juillet, ils ne peuvent toujours pas partir. Impossible, pour le moment, de s'envoler vers l’Hexagone. « Nous avons réservé nos billets en janvier… lorsque nous sommes allés sur le site internet d’Air Caraïbes pour choisir nos sièges, on a eu la désagréable surprise de voir que notre vol était avancé au 30 juin… puis au 29 juin… et finalement, il a été annulé, jeudi dernier… ». A ne plus rien y comprendre.
« Comme si c’était une loterie ! »
« Nous avons négocié pendant près de deux heures au téléphone pour réussir à obtenir un départ… le 7 juillet ». Mais, aujourd’hui, le couple n’est plus sûr de rien. Et la situation devient de plus en plus tendue. La tension monte. Pour eux mais aussi pour de nombreux passagers. Et Céline d’expliquer leur situation : « Nous avons trois enfants. Nous avons tout vendu. Nous n’avons plus de voiture, plus de logement… nous avons un travail au Canada mais nous sommes bloqués ici. » « En cas d’annulation du vol, de report, la compagnie est censée nous trouver une solution », ajoute son mari. « Les personnes sont complètement abandonnées. »

« Nous ce qu’on veut, c’est un vol sûr. On ne veut plus qu’on nous réponde qu’il faut venir tous les jours, avec nos 11 valises, nos enfants, notre chien… pour être prêts à décoller au cas où. De venir comme ça, comme si c’était une loterie… La compagnie n’a pas de solution, la préfecture nous dit, elle, qu’elle reçoit chaque jour des centaines d’appels comme le nôtre… chacun se renvoie la balle. On est bloqué. »
Enfin arrivé au guichet Air Caraïbes, au bout de plus d’une heure, le couple s’est, à nouveau, vu répondre qu’aucune solution n’était possible à leur demande dans l’immédiat… qu’il est aujourd’hui placé en liste d’attente jusqu'à vendredi…
Olivier Taoumi, directeur de l'aéroport : « Nous voulons deux vols de plus par semaine, soit six vols »
« La décision a été prise au niveau parisien. Il y a un comité de crise à Paris, sur les transports. c'est lui qui prend les décisions, pour affecter les contingents de rotations destination par destination », explique le directeur de l'aéroport. Pour la Guyane, ce comité parisien — et même le préfet d’ici n’a pas la main — a décidé, pour la semaine dernière, un arrêté, qui autorise quatre vols entre Paris et Cayenne. Les compagnies se sont arrangées entre elles pour se répartir les vols. » Air France assure ainsi trois rotations (lundi, mercredi et samedi) et Air Caraïbes une rotation (samedi). D’où les conséquences pour Air Caraïbes qui n’a pas opéré depuis trois mois. « Du coup, il y a un excédent de voyages pour la compagnie Air Caraïbes, poursuit le directeur de l'aéroport, en quête de solutions. « C’est une décision nationale qui s’impose au préfet qui les répercute sur les compagnies. Nous, on est l’exploitant et on met les conditions pour que les quatre vols. Nous gérons les mécontentements et aidons les compagnies à gérer au mieux. »
Samedi, il y a eu une solidarité entre les compagnies. Air France avait quelques places de disponibles, vides. Et elle a pu embarquer une quinzaine de passagers qui étaient sur liste d’attentes. « Les compagnies essayent d’être solidaires entre-elles. Mais a un moment donné, cette solidarité trouve ses limites. Il y a trop de monde qui veut partir. » Quatre vols c’est insuffisant. « Autrefois nous étions à 13 vols par semaine. C’est le seul moyen de se rendre en Europe. Il n’y a pas de train, pas de bateau… On n'a plus que l’avion. C’est une méconnaissance profonde des parisiens, encore une fois de la situation guyanaise, insiste Olivier Taoumi.. On ne peut pas raisonner avec Paris comme si on était à Nice… L’avion et rien que l’avion. Nous venons de faire un courrier au préfet pour qu’il répercute sur Paris. Nous voulons deux vols de plus, soit six vols par semaine. Chaque compagnie doit pouvoir assurer trois vols par semaine. »
 
 



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5 commentaires

Vos commentaires

Georges de Cayenne 30.06.2020
Rame, Guyane

La solution : rame, Guyane !

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OVDA97 29.06.2020
Il a fallu tout ce temps pour comprendre la gabegie et se retirer les doigts du cul, quel prévoyance !

Comme si c'était pas prévisible, même un chef de chantier ou d'équipe en BTP comprend cette logique, imaginez 3 ou 4 types de sables, qui sont en train d'arriver au jour J dont on ne peut pas savoir combien qui est dû un problème de communication entre la compagnie et ses clients, AVEC UN ORDRE CLASSIFIE du plus prioritaire au moins prioritaire, selon le type de sable, à transporter du point A au point B. Les camions arrivent au compte goutte car on change d'avis comme une girouette du côté des décideurs pour le nombre d'envoi, au moment du chargement, on charge le sable le plus prioritaire et si ils restent de la place, on charge le sable prioritaire second et ainsi suite jusqu'au 4ème type de sable qui est le moins prioritaire. On est vraiment gouverné par des débiles qui gesticulent dans tous les sens et à parler pour ne rien dire, afin qui se donnent une impression d'avoir de l'importance, car ils se veulent se justifier de leur raison d'être en leurs postes. J'ai plutôt l'impression dans notre époque, plus ils font des études et plus ils sont aberrants face à la réalité dans leur monde déconnecté et sans assumer leurs responsabilités. On peut faire une erreur comme tout le monde mais le constat est qu'ils n'ont pas été très réactif, seul leurs petits nombrils comptent.

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Keskimariv 29.06.2020
4 VOLS SUR 13 !!

Oui, les technocrates parisiens devraient savoir que les Antilles-Guyane, c'est UNIQUEMENT l'AVION et rien d'autres
En plus des dispositions très contraignantes, j'imagine le stress, l'angoisse des gens, enfants.....
Bon courage à vous tous

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bozo 29.06.2020
Quarantaine

Plus d'avions, c'est plus de mouvements de population, et donc plus de contaminations...

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tronoki 29.06.2020

oui, mais dans ces conditions on supprime TOUS les vols et il n'y a plus d'ambiguïté.

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