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Confinement : gare au stress, gare à la peur, gare à la colère !

Marc ARMOR Mardi 24 Mars 2020 - 17h38
Confinement : gare au stress, gare à la peur, gare à la colère !
Le confinement peut avoir des effets psychologiques, être générateur de stress, de colère… © Adobe Stock / Paolese

Le confinement commence à provoquer des effets psychologiques. La colère et l'anxiété montent.

Vous l'avez certainement remarqué : face à cette expérience inédite de confinement, le ton est en train de changer. Alors que, sur les réseaux sociaux notamment, les blagues et conseils humoristiques fleurissaient, on nous relaie maintenant des coups de gueule dont certains — Jeff, le camionneur par exemple… — sont extrêmement virulents, voire haineux. C'est humain, sans doute normal.

Le confinement emporte en effet des conséquences négatives. Pour nous, l'expérience est nouvelle, mais des épisodes de ce type sont déjà survenus ailleurs — à l'occasion du SRAS, de la H1N1 notamment… — et ils ont donné lieu à des études de leurs effets psychologiques. Plus récemment, l'expérience chinoise a également été passée au crible. Toutes ces études ont fait l'objet d'analyses, publiées notamment dans The Lancet ou encore dans General Psychiatry. Leurs résultats concordent. Au programme : stress psychologique, montée de la colère et de la peur, détresse, possibles accès de violence, notamment intrafamiliales, surtout si une surconsommation d'alcool s'en mêle.
Tentez de positiver
Le risque existe aussi ici, même si nos conditions de confinement peuvent apparaître comme moins drastiques que dans les grandes métropoles. Nos professionnels de santé le savent. D'ailleurs, la Fédération des PNListes de la Caraïbe prend, à cet égard, une initiative bienvenue et originale en organisant jeudi (lire ci-dessous) une conférence en ligne intitulée « Comment gérer ses émotions et assurer son bien-être en période de crise ? ».

En attendant cet événement, essayons de positiver et évitons la surenchère dans la difficulté. Pour réduire les effets néfastes du confinement, les chercheurs recommandent notamment « de limiter l'ennui et de maintenir le lien social ». Ils suggèrent de « garder le contact — e-mails, réseaux sociaux, téléphone, — avec ses proches », de devenir membre d'un groupe de soutien en ligne, de « s'encourager mutuellement » (sans oublier les enfants) et de « cultiver la communication en s'efforçant de pratiquer l'altruisme ».
 
 
Comment gérer ses émotions dans cette période ?

La fédération des PNListe de la Caraïbe organise jeudi (18 h 30, heure de Guyane) une conférence en ligne sur la prévention et la sensibilisation aux bonnes pratiques contre la panique. « En cette période difficile, la peur s'est emparée de nos foyers, indique l'association. Nourries par l'appétence aveugle pour les réseaux sociaux, les fausses nouvelles pullulent et conjuguent les effets du stress et de la panique au sein de la population. Garder au mieux la tête froide et profiter de ce confinement pour se recentrer sur l'essentiel est bénéfique et nécessaire. »

L'événement, gratuit, programmé sur les chaînes YouTube et réseaux sociaux des partenaires est confié à Éric Mathiasin, maître enseignant certifié en programmation neuro-linguistique (PNL) et coaching.

En savoir plus : marvinjernidier@yahoo.fr, 0690 432 609
 
 
 
 
Les femmes et mères en première ligne
 
L'étude publiée dans General Psychiatry a questionné 52 000 personnes confinées dans 36 provinces chinoises : 35 % des répondants souffraient d'un "stress psychologique modéré" et 5 % d'un "stress psychologique sévère". Cette détresse touche principalement les femmes, les personnes âgées de 18 à 30 ans et celles de plus de 60 ans.

D'après l'analyse publiée dans The Lancet, lorsque la période de confinement dure plus de 10 jours, des symptômes post-traumatiques, des comportements d'évitement et de la colère sont susceptibles d'apparaître… Une baisse de moral est également enregistrée chez 75 % des personnes confinées.

Le stress psychologique est à la fois lié à la présence de symptômes physiques — la toux, les éternuements, l'oppression… — qui accentuent l'angoisse, à la peur d'être infecté ou de transmettre le virus, à l'ennui et à la sensation d'isolement social.
On note aussi, pendant le confinement, une peur accrue pour les femmes enceintes, ou qui ont de jeunes enfants, et leur entourage : elles ont peur d'être infectées et de transmettre le virus.
Communiquer en toute transparence
Les enfants ne sont pas en reste. Ceux qui sont soumis à un confinement ont 4 fois plus de stress post-traumatique que les autres.
Autre enseignement, et non des moindres, les modalités du confinement influent sur ses répercussions : plus la date de sortie du confinement est éloignée, plus l'impact psychologique est important. Et il est encore supérieur si la durée du confinement est indéfinie, ou si la date de sortie est prorogée.

Aux autorités, donc, « de communiquer régulièrement et en toute transparence », mais aussi « de garantir l'approvisionnement en produits de base notamment ». Les études montrent que les effets néfastes du confinement sont démultipliés en cas de manque de fournitures de base. Parmi lesquelles l'eau… On en sait quelque chose.
 
  
 
SON AVIS : Gérard Lopez, psychiatre et cofondateur de l'Institut de victimologie de Paris. (*)

« Le sentiment de promiscuité sera exacerbé s'il y a déjà des tensions dans le couple ou si nous avons des enfants trop jeunes pour s'occuper seuls et qui demandent une disponibilité de tous les instants. En temps normal, les enfants sont déjà un sujet important de discorde dans les couples. Durant le confinement, les tensions peuvent être encore plus fortes. […] Le confinement peut aussi exacerber des troubles caractériels, avec des accès de violences, des dépressions et réactiver un vécu traumatique pouvant remonter à l'enfance.
Il est essentiel de bien s'informer. En temps de crise, l'exigence de vérité permet de rationaliser les peurs. En revanche, l'information en continu ne nous laisse pas de répit, ce qui a tendance à accroître le stress. Attention aux réseaux sociaux sur lesquels circulent pas mal de fake news et de théories complotistes qui nourrissent les peurs et la colère. »

(*) Source : Journal du Dimanche - Lire l’intégrale de l’interview du Dr Gérard Lopez en cliquant ici
 
 


Pour en savoir plus :