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3 questions à... Nadia Thomas, gynécologue au Centre hospitalier de Kourou

« Au moins 3 000 IVG par an en Guyane »

Propos recueillis par Gabrielle TROTTMANN Lundi 08 avril 2019
« Au moins 3 000 IVG par an en Guyane »
La gynécologue Nadia Thomas est à l'origine de la création du Centre de planification et d'éducation familiale de Cayenne. - Gabrielle Trottmann

Nadia Thomas a présenté les recommandations en matière de contraception à l’occasion des Assises amazoniennes de gynécologie, obstétrique et pédiatrie qui se sont tenues la semaine dernière à Rémire-Montjoly.

Combien de femmes ont recours à l’interruption volontaire de grossesse en Guyane ?

En 2017, 2 338 femmes ont eu recours à l’interruptions volontaires de grossesse en Guyane, d’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. Sans compter les quelque 700 avortements pratiqués au Centre de planification de Cayenne, qui ne sont pas pris en compte dans ces calculs. Au total, cela fait au moins 3 000 interruptions volontaires de grossesse. C’est beaucoup plus, proportionnellement, que dans le reste de la France. On estime que sur 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans, il y a 14 avortements dans l’Hexagone, 26 dans les Dom-Tom, et 33 en Guyane. Et c’est la même chose pour les mineures : sur 1 000 adolescentes âgées de 15 à 17 ans, 6 vont pratiquer un IVG dans l’Hexagone, contre un peu plus de 25 en Guyane. Et cela touche toutes les classes d’âge, tous les milieux sociaux et toutes les ethnies.

Comment cela s’explique-t-il ?

Les difficultés d’accès à la contraception sont multiples : iI y a le manque d’information sur le sujet, les difficultés de transport, mais aussi le manque d’infirmières scolaires sur le territoire. Sans compter le fait que certains pharmaciens ne jouent pas le jeu et refusent de donner la pilule du lendemain, alors qu’elle est censée être gratuite pour les adolescentes. La confidentialité n’est pas toujours assurée. Et il n’y a qu’un seul centre de planification et d’éducation familiale en Guyane, situé à Cayenne.

Que recommandez-vous afin de changer les choses ?

Il faut être à l’écoute des femmes. Dans les communautés créole et bushinenge, par exemple, les méthodes de contraception qui provoquent une interruption des règles sont souvent mal vues en raison de certaines croyances. Certaines femmes préfèrent la piqûre intramusculaire, car il s’agit de la seule méthode indétectable, même si ce n’est pas la méthode la plus moderne et qu’il y a des effets secondaires importants. Mais si on ne respecte pas ces choix, nos patientes risquent d’abandonner totalement leur contraception. Et il faut la mettre en place au bon moment : dès qu’on commence à avoir des rapports sexuels.

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