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Université : la ministre de l'enseignement supérieur se dit "à l'écoute du peuple guyanais"

A.S-M Mardi 22 Octobre 2013 - 15h02
Ce matin, lors des questions au gouvernement à l'assemblée nationale, le député Gabriel Serville a posé une question à la ministre de l'enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, sur l'avenir du pôle universitaire guyanais.

Dans sa réponse, la ministre, qui s'est dite "à l'écoute du peuple guyanais et de son avenir" commence par rappeler "les mesures immédiates qui sont prises", parmi lesquelles elle cite l'ouverture de la Licence professionnelle protection de l'environnement (LPPE), mais aussi "l'amélioration des conditions de logement (…) une bibliothèque qui a été restaurée (…) et puis un désenclavement de cette université. Concernant les revendications d'autonomie, "nous avons déjà demandé aux inspecteurs et aux médiateurs qu'ils examinent les conditions d'une autonomie plus grande, notamment de la licence, dans chacune des composantes de l'UAG et cette proposition a recueilli un assentiment général", a répondu la ministre. Aucune référence n'a en revanche été faite aux problèmes soulevés par les grévistes sur les dysfonctionnements de la gouvernance actuelle. La ministre ne s'est donc pas exprimée sur les demandes de limogeage de plusieurs dirigeants, point central des revendications de l'intersyndicale et du collectif étudiant. Ces derniers appellent à un grand rassemblement cette après-midi à 16 heures sur les Palmistes, à Cayenne, en vue de former une chaîne humaine.
• Question de Gabriel Serville : 
M. Gabriel Serville. Madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, voilà deux semaines que le pôle universitaire guyanais est paralysé par un mouvement de grève dont les participants revendiquent une université de qualité et un changement de gouvernance. Le monde universitaire a pris acte des solutions d’ordre matériel et organisationnel que vous avez proposées dans le but de faciliter le retour à la sérénité.

Toutefois, l’intersyndicale et les étudiants continuent de réclamer l’évolution du pôle universitaire guyanais vers une structure forte jouissant d’une parfaite autonomie financière et pédagogique.

Madame la ministre, permettez-moi d’insister lourdement sur la justesse et la pertinence de cette revendication, et ce pour deux raisons.

Tout d’abord, l’extrême faiblesse de l’offre de formation explique que, sur les 35 000 jeunes en âge de faire des études supérieures, seuls 2 720 étudiants ont effectué leur rentrée sur le sol guyanais.

Par ailleurs, les gouvernances locale et interrégionale du pôle universitaire guyanais sont affectées de graves dysfonctionnements qui constituent un point extrêmement critique. Ne pas régler la question de la gouvernance dans les plus brefs délais reviendrait à lancer un très mauvais signal à notre population, car elle a en mémoire les manifestations de révolte qui ont secoué la Guyane en 1996 pour obtenir une académie de plein exercice, dont personne aujourd’hui ne peut nier l’utilité ni l’efficacité.

Contrairement à ce qui s’est dit à l’occasion de ce conflit, la Guyane ne pratique pas la chasse à l’homme. Elle n’est ni raciste, ni xénophobe. Elle, qui a toujours su apporter sa contribution à l’intelligence nationale, voire universelle, à travers l’implication de ses enfants tels Félix Éboué, Gaston Monnerville ou Christiane Taubira, réclame simplement qu’on la respecte. Au nom de sa jeunesse, je vous demande instamment quelles mesures complémentaires vous comptez prendre afin que notre pôle universitaire soit doté à très court terme d’une gouvernance nouvelle. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

• La réponse complète de la ministre de l'enseignement supérieur au député Gabriel Serville :
"Le gouvernement prend très au sérieux les difficultés et les tensions que connaît l'université en Guyane. Pour apaiser la situation et trouver des solutions à la fois de court terme et durable dans le temps, une mission a été donnée à deux médiateurs expérimentés : Christian Forestier et Raphaël Robinson. J'ai également demandé à l'inspection générale de l'éducation nationale de dépêcher des médiateurs de façon à évaluer la gouvernance qui, comme vous l'avez dit, est remise en cause par un certain nombre d'acteurs universitaires et d'étudiants.

Parmi les mesures immédiates qui sont prises, plusieurs concernent les étudiants. C'est l'ouverture d'une licence professionnelle protection de l'environnement (LPPE) malgré le petit nombre encore d'étudiants, mais nous espérons que cela permettra d'en accueillir d'avantage. C'est aussi l'amélioration des conditions de logement, des travaux de sécurité qui ont été anticipés, également une bibliothèque qui a été restaurée de façon à accueillir les étudiants et puis un désenclavement de cette université. Ce sont les premières réponses concrètes mais cela ne suffira pas. Il faut répondre à l'ambition du pôle universitaire de Guyane qui souhaite être d'avantage autonome. Nous avons déjà demandé aux inspecteurs et aux médiateurs qu'ils examinent les conditions d'une autonomie plus grande, notamment de la licence, dans chacune des composantes de l'université des Antilles et de la Guyane et cette proposition a recueilli un assentiment général.

Donc vous voyez, Monsieur le député, aussi bien pour la réussite des étudiants que pour l'accompagnement de l'autonomie de cette université, pour son développement, puisqu'elle compte 2 500 étudiants aujourd'hui pour 37 000 jeunes effectivement qui pourraient y venir - mais il faut savoir que nous avons quadruplé le nombre d'étudiants en Guyane depuis 10 ans - nous sommes à l'écoute du peuple guyanais et de son avenir par l'université et la formation des jeune
s."

Voir la vidéo ici
 
 
Lettre ouverte de Walwari à madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR)

" Madame la Ministre,

Je vous remercie pour l’attention que vous avez bien voulu accorder à ma correspondance en date du 23 juillet 2013 et par laquelle je vous informais de la situation alarmante du Pôle universitaire de Guyane. Je sollicitais une inspection générale de votre ministère pour rendre compte du fonctionnement du Pôle au sein de l’UAG et sur la réussite étudiante en Guyane.

Vous avez bien voulu répondre à cette sollicitation puisqu’une inspection générale est actuellement en Guyane et je vous en remercie. Cette inspection s’effectue après la médiation tentée pour mettre fin au mouvement social des étudiants de Guyane.

Permettez-moi de partager avec vous le sentiment du caractère maintenant inéluctable de la création d’une université de plein exercice. Il nous appartient actuellement en responsabilité, de dresser une feuille de route pour aller vers une autonomie croissante aboutissant à un outil de qualité dans les 2 à 3 années à venir. Ainsi, l’université de Guyane entrerait dans sa phase opérationnelle à l’échéance de la rentrée universitaire 2015/2016.

Ce serait un acte politique fort et volontaire que d’annoncer dès maintenant, par décret, la création d’une université de plein exercice. La mise en place opérationnelle de la structure et du dispositif administratif, pédagogique et de recherche prendrait plus de temps mais l’objectif du Gouvernement serait clairement fixé.

Dans la période transitoire qu’il faut ouvrir dès maintenant, il y a lieu de mettre en place une entité juridique plus solide et plus autonome qu’un GIP.

Comme évoqué dans mon précédent courrier, ce sont les indicateurs démographiques qui doivent gouverner nos choix de politiques publiques en Guyane. L’argument de la masse critique est invalidant sinon inopérant. Par ailleurs, vous savez qu’il existe en France hexagonale et dans les outremers des universités qui sont de taille comparable à ce que serait une université en Guyane.

Je renouvelle ma disponibilité et celle du Mouvement WALWARI pour une rencontre avec vos services et avec la mission d’inspection générale.

Je vous remercie de bien vouloir nous informer sur l’accueil que vous voudrez bien réserver à cette lettre ouverte.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma très haute considération.
"

 
 
 
Lettre ouverte du syndicat Sgen-Cdtg au président de Région Rodolphe Alexandre

" Cayenne, le 21 octobre 2013

Monsieur le Président de la Région Guyane.

Monsieur le Président, L’Intersyndicale du PUG et le Collectif des Etudiants ont initié et poursuivent un mouvement qui a reçu le soutien de tous. Alors que l’autonomie est en discussion avec les émissaires du Ministère, les communiqués des uns et des autres demandent une Université de plein exercice.
Puisque la Région est l'échelon territorial pertinent pour définir les enjeux stratégiques de l'enseignement supérieur, de la recherche et de leur valorisation économique, sociale, écologique, culturelle, le Sgen-CDTG-CFDT vous appelle à réunir au plus vite un groupe de travail, qui dans le cadre du Code de l’Education et la loi ESR devra :
- fixer le terme de cette évolution,
- trouver un aménagement de la gouvernance autorisant une sortie de crise dans les plus brefs délais,
- organiser la période transitoire,
- porter un projet crédible et partagé d’une Université fidèle à la dimension universelle de l’Institution, ouverte sur la société, le monde socioéconomique et inscrite dans son environnement régional y compris international.

Les jeunes ont manifesté ces derniers jours leurs inquiétudes pour l’avenir. La génération adulte a la responsabilité d’imaginer leur futur et le devoir de le préparer. Les Assisses Territoriales de 2012 ont donné des pistes. Les atouts, enjeux et objectif du service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en Guyane doivent être partagés par tous, y compris les financeurs. La fin des convulsions périodiques du Pôle et des formations de qualité en dépendent. Comptant sur une lecture attentive, je vous prie de croire Monsieur le Président en ma respectueuse considération.
"
  
Communiqué du CERCLE des UNIVERSITAIRES DEMOCRATES

" Le cercle des Universitaires Democrates rappelle que ses membres :
- ne sont affiliés à aucune faction politique ou syndicale
- ne sont les portes-voix d'aucune des personnes dont l'intersyndicale "veut la tête"
- ne soutiennent pas les "responsables malmenés" ; mais demandent simplement que soient respectées les règles qui président à l'élection de responsables (directeurs de départements ou de composantes) ainsi que la légitimité de leur mandat.

Le CERCLE des UNIVERSITAIRES DEMOCRATES souhaite ensuite dire qu’il s’inscrit dans la perspective d’une Université de Qualité. Ceci lui semble plus important (en tout cas prioritaire) pour les étudiants guyanais aujourd’hui que le mode de gouvernance.
Si le mot « disqualification » est actuellement à la mode, nul doute qu’il s’applique parfaitement à nombre de personnes menant cette grève :
- Certains ont occupé et occupent encore des postes à responsabilités.
- Certains ont siégé aux différents conseils des services centraux de l’UAG.
- D’autres encore ont cumulé des responsabilités. - Sont-ils nombreux à avoir des activités de recherche compatibles avec un enseignement de qualité ?
Le CERCLE des UNIVERSITAIRES DEMOCRATES affirme que seule l’arrivée de plusieurs professeurs des universités (estimés à 15 unités sur 3 ans) apportera au Pôle universitaire guyanais un fonctionnement compatible avec une Université de qualité et à une réoxygénation du milieu universitaire.
Leur mission serait de fédérer les chercheurs présents au sein des laboratoires de recherche existants ou à créer. Cela permettra à terme de former une élite universitaire locale capable demain de piloter le Pôle Universitaire de Guyane et de participer aux développements économique et social du territoire.
Le CERCLE des UNIVERSITAIRES DEMOCRATES demande à ce que les cours reprennent rapidement et en toute sérénité dans l’intérêt des étudiants afin de ne pas compromettre l’année universitaire et s’interroge ouvertement sur la validité des diplômes à venir !
"
 
 

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1 commentaire

Vos commentaires

monchou 22.10.2013

Ah oui? Bon!...

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