France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Une sculpture honore la mémoire de l’esclavage à Saint-étienne

Jeudi 5 Septembre 2019 - 03h10
Une sculpture honore la mémoire de l’esclavage à Saint-étienne
L’œuvre a été inaugurée en présence du maire LR de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, et de différentes personnalités… - FXG

« Aujourd’hui, cette sculpture est neuve, mais à la prochaine pluie, il y aura des coulées comme des larmes… » L’artiste luimême pleurait lorsque son œuvre a été inaugurée, samedi dernier dans la capitale de la Loire.

Face à l’ancienne manufacture d’armes de Saint-étienne qui héberge désormais une école du design, au cœur du square Schœlcher, s’élève désormais une sculpture monumentale intitulée « La liberté inachevée ». Jean-Marc Ayrault s’est fait représenté par Aïssata Seck de la future Fondation de la mémoire de l’esclavage, Frédéric Régent, président du CNMHE a fait aussi le déplacement. Cette œuvre est, aux dires de Gaël Perdriau, le maire LR de Saint-étienne et commanditaire, « une sorte de monolithe d’une lumineuse noirceur, coiffé d’un marbre noir jais, qui semble sortir du ventre de la terre »… Cette obélisque moderne de plus de deux mètres de haut, en ardoise et en marbre, présente sur ses quatre faces un QR code gravé à même l’ardoise.

Côté Sud, il révèle un extrait du discours d’Aimé Césaire à l’Assemblée nationale le 17 décembre 1982 : « Se rappeler que le séculaire combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité n’est jamais entièrement gagné et c’est tous les jours qu’il vaut la peine d’être livré. » à l’Est, c’est une phrase d’Albert Camus que cache le QR code : « La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre. »

L’œuvre du neveu d’Aimé Césaire

Sur la face Ouest, au-dessus de trois médaillons dorés qui portent chacun le nom d’un port négrier français, et d’un quatrième qui mentionne « Archipel des Caraïbes », le code révèle une citation de Pierre Choderlos de Laclos : « La nature ne crée que des êtres libres ; la société n’en fait que des tyrans et des esclaves. » Enfin, le QR code de la face Nord ouvre sur le portail numérique que la ville a dédié à la mémoire de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions.

En exergue, un texte de Jennifer Richard, Américaine et Guadeloupéenne dont voici les premiers mots : « « Qui balaie l’histoire d’un revers de main et prétend ne pas se sentir concerné par les souffrances de l’esclavage est soit un tyran soit un inconscient… » Chaque année, a annoncé le maire, je demanderai à un auteur de la Fête du livre d’écrire sur la mémoire de l’esclavage afin d’enrichir cette œuvre de connaissance. »

Cette sculpture a été imaginée par Gilles Roussi, un artiste qui n’est autre que le neveu d’Aimé Césaire !

La génèse d’un monument

En 2014 quand est inaugurée une place Aimé-Césaire à Saint-Étienne, son maire invite Gilles Roussi, fils de Ti Lou Roussi, le frère de Suzanne, l’épouse d’Aimé Césaire, à prononcer un discours.

Gilles, qui est sans doute le seul Martiniquais à n’avoir jamais appelé le poète « Papa Aimé », mais « Tonton Aimé », prononce un discours saignant et méchant envers les politiques, dans lequel il rappelle qu’avant qu’on ne le panthéonise, Césaire a vécu vingt ans en HLM, que la Martinique est peut-être un département à part entière, mais un département entièrement à part… Un jeune élu de l’opposition vient le féliciter : « C’est la verve de Césaire, c’est la verve de la Martinique ! » Ce jeune élu prend la mairie en 2015.

Roussi lui souhaite « bon vent, bonne mer ». Gilles Roussi, qui est membre de l’association stéphanoise des Amis de l’Outre-mer, le prie alors de ne pas délaisser la communauté antillaise, présente dans sa ville mais ignorée, et lui demande une plaque pour la mémoire de l’esclavage…

Le nouveau maire apprend alors que Roussi est professeur aux beaux-arts de Saint-Etienne, designer et sculpteur, qui a déjà laissé sa trace, comme au plateau d’Assy en Haute-Savoie, devant l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce, où figurent déjà des oeuvres de Fernand Léger, Jean Lurçat, Henri Matisse, Georges Braque, Marc Chagall, etc… Le maire lui demande de réfléchir à un lieu mémoriel et ainsi va naître peu à peu l’idée d’ériger « La liberté inachevée », une sculpture pour rappeler l’histoire de l’esclavage au pays des gueules noires de la mine et des maillots verts du stade Geoffroy-Guichard.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
3 commentaires
3 commentaires
1 commentaire
3 commentaires
A la une
1 commentaire
Social

Bus : perturbation sur le réseau RCT

Lundi 18 Novembre 2019

5 commentaires
5 commentaires