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Commémoration de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

Une fondation, un musée, un monument

Samedi 11 mai 2019
Une fondation, un musée, un monument
Nicole Belloubet et Christiane Taubira - FXG

Le président de la République a promis l’installation prochaine, à Paris, de la fondation pour la mémoire de l’esclavage, à l’Hôtel de la marine, et la création d’un monument aux victimes de l’esclavage au jardin des Tuileries, en 2021. Et des programmes scolaires renouvelés.

Pour sa première participation en tant que chef de l’État à la cérémonie nationale de commémoration de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions, au Jardin du Luxembourg, hier, Emmanuel Macron a confirmé ce qu’il avait déjà déclaré le 27 avril 2018 au Panthéon, à savoir la création d’un monument, d’un musée, d’une fondation et des programmes scolaires renouvelés. Ainsi, « un lieu solennel de rassemblement », « un mémorial des victimes de l’esclavage » sera créé au jardin des Tuileries en 2021. C’est le fameux Mur des noms proposé par le CM 98 et la fondation Esclavage et Réconciliation, présidée par Serge Romana. Le président de la République a encore affirmé que la fondation pour la mémoire de l’esclavage serait installée « dans les tous prochains mois », à l’Hôtel de la marine.

Enfin, les mécènes et fondateurs comme le budget de la Fondation pour les trois ans à venir sont désormais connus : CDC habitat, Quartus solidaire, Groupe Bernard Hayot, Fondation trace TV, Corine et Pierre Sainte-Luce, Groupe action logement, SNCF et IEDOM ainsi que des collectivités (Basse-Terre, Bordeaux, Brest, Fort-de-France, Houille, La Rochelle, Lorient, Montceau-les-Mines, Nantes, Paris, Pointe-à-Pitre, Saint-Denis de la Réunion, Saint-Pierre de la Martinique, le Havre, les départements de la Réunion et de la Guadeloupe, les régions Guadeloupe et Île-de France et les collectivités territoriales de Guyane et de Mayotte). Ensemble, ils ont rassemblé 1,6 million d’euros de capital et 2 millions de budget annuel (dont 50 % abondé par l’État).

« Sa verve, sa force, son aura »

Si son président sera l’actuel président de la mission de préfiguration de la fondation, l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, elle aura un comité de soutien présidé par Christiane Taubira qui saura mettre à son service, selon le président de la République, « sa verve, sa force, son aura ». Aux côtés de l’ancienne garde des Sceaux, des personnalités comme Patrick Chamoiseau, Maryse Condé, Myriam Cottias, Doudou Diène, Daniel Maximin, Simone et Jacques Schwarz-Bart ou François Vergès...

« Cette fondation, a ajouté Emmanuel Macron, renforcera la cohésion nationale en transmettant l’histoire mondiale de la France ». Enfin, le président de la République a réaffirmé le renforcement du Mémorial ACTe en Guadeloupe. Après avoir rendu hommage à son créateur, Victorin Lurel, qu’il a fait applaudir, Emmanuel Macron a confirmé l’engagement financier de l’État aux côtés des collectivités locales pour ce musée de l’esclavage au statut désormais d’établissement public de coopération culturelle.

Le président de la République a enfin évoqué l’esclavage, « terrible réalité contemporaine » et ses 20 000 victimes actuelles. « Nous avons un devoir d’action », a-t-il déclaré en évoquant Daesh et Boko Haram avant de rendre hommage à l’invitée de marque de ce 10 mai, Nadia Murad, prix Nobel de la paix, militante des Droits de l’homme, Irakienne d’origine kurde et issue de la communauté yézidie.

FXG, à Paris

Bernard Hayot, Nathalie Fanfant - FXG
Emmanuel Macron - FXG
Emmanuel Macron et les ministres - FXG
Christiane Taubira et George Pau Langevin - FXG
Abolition du mépris

Sitôt la cérémonie achevée, une poignée de militants se sont retrouvés devant le Panthéon pour une contre-journée nationale, autour de Daniel Dalin (Collectifdom), du comédien Greg Germain ou du producteur Frédéric Tyrode Saint-Louis. Sur leur pancarte : « Abolition du mépris vis-à-vis des Outre-mer ». Tout de go les protestataires enchaînent les raisons de leur colère : congés bonifiés, sargasse, chlordécone, vie chère, France Ô, agence des cultures d’Outre-mer, Cité des Outre-mer...

Abolition du mépris vis-à-vis des Outre-mer - FXG
Aucun parlementaire guyanais

La cérémonie du 10 mai au Luxembourg n’est pas une cérémonie populaire, mais une cérémonie sur invitation. C’est le Comité national pour ma mémoire et l’histoire de l’esclavage (CNMHE) qui les adresse et c’est l’Élysée qui les valide. Initiée par Jacques Chirac en 2006, en application de la loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité, la journée du 10 mai n’a jamais été oubliée par un président de la République sauf l’an dernier où, Emmanuel Macron, retenu en Allemagne, avait délégué son Premier ministre. Le président s’était exprimé quelques jours avant le 27 avril, date anniversaire de la signature du décret d’abolition. Cette fois, autour du chef de l’Etat, au moins cinq ministres du gouvernement Philippe, trois anciens ministres des Outre-mer (Perben, Lurel et Pau-Langevin), mais pas l’actuelle locataire de la rue Oudinot.

Côté parlementaires, pas de Guyanais, un Réunionnais (David Lorion), quatre Guadeloupéens (dont Victoire Jasmin, Hélène Vainqueur-Christophe et Olivier Serva), un Martiniquais (Serge Létchimy) et deux Mahorais (Tany Soilihi, Ramlaty Ali)… Dans le public, des personnalités comme Christiane Taubira, Jacques Martial, Claudy Siar, Bernard Hayot…

Le ministre de l’Éducation nationale a remis le prix de la flamme l’égalité aux élèves de 4e du collège Eugène Yssap de Sainte-Anne (Guadeloupe) et Sibeth Ndiaye, porte-parole du Gouvernement, a remis le même à deux collégiens, l’un de la Rochelle, l’autre du Raizet (Guadeloupe). Le 23 mai, le prix de thèse du CNMHE sera remis lors de la journée nationale d’hommage aux esclaves.

Larcher et 4e collège Yssp Sainte-Anne - FXG
Christiane Taubira

« Il y a de très belles personnalités dans le comité de soutien, c’est plus important que moi parce que moi, vous savez, j’ai des roulettes sous les pieds, donc j’aime courir le monde… J’ai accepté cette responsabilité essentiellement pour accompagner les belles personnalités qui ont consenti à y participer. »

Christiane Taubira - FXG
Jean-Marc Ayraud

« C’est une histoire à la fois ancienne et proche qui nous renvoie à ce que nous sommes, la France, notre diversité et qui nous renvoie aussi à des questions contemporaines comme l’esclavage aujourd’hui dans le monde. Il y a encore des combats à mener ; il y a une histoire à raconter, à faire connaître, à partager et je crois que c’est un élément très fort de la cohésion nationale pour tous les Français de bien maîtriser cette histoire et de faire vivre les valeurs républicaines. Pour ça nous avons besoin, au-delà de la loi Taubira, de cette nouvelle institution, la fondation pour la mémoire de l’esclavage. »

Jean-Marc Ayraud - FXG

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