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Un consulat honoraire de Hongrie en Guyane

Propos recueillis par S.R. Lundi 4 Octobre 2021 - 19h35
Un consulat honoraire de Hongrie en Guyane
Georges Habsbourg-Lorraine est en visite en Guyane jusqu'à mercredi, date à laquelle il aura l'occasion d'inaugurer le consulat honoraire de Hongrie en Guyane. - S.R.

Le nouvel ambassadeur de Hongrie en France, Georges Habsbourg-Lorraine, est en visite en Guyane depuis vendredi dernier. Un consulat honoraire de Hongrie sera inauguré à Cayenne ce mercredi, constituant un nouveau jalon dans la consolidation des liens d'amitié et de coopération. Entretien.

Vous êtes polyglotte, vous avez été président de la Croix-Rouge Hongroise, désormais ambassadeur… Rappelez nous votre parcours dans les grandes lignes.

Je suis né en Allemagne. En 1967 ma famille a eu la possibilité de rentrer en Autriche, puis en 1989 en Hongrie. J’ai fait beaucoup de visites en Hongrie sans en parler la langue. J’ai décidé d’apprendre cette langue à Budapest. J’ai commencé à travailler en tant que journaliste dans un projet pour la première chaîne de télévision privée. En même temps je commençais à travailler avec le bureau du premier ministre au sujet de l’intégration de la Hongrie dans l’Union Européenne. Mon père était au Parlement Européen. En 2004 nous sommes devenus membres de l’Union Européenne. Je me suis marié en Hongrie et j’ai finalement passé plus de la moitié de ma vie dans ce pays. J’ai désormais la chance de représenter le Hongrie en France.
C’est votre première fois en Guyane ?

Ce n’est pas seulement ma première fois, c’est la première fois qu’un ambassadeur de Hongrie vient visiter la Guyane. Je suis arrivé vendredi soir. Samedi j’ai eu la possibilité de pouvoir bouger sur le fleuve pour profiter de la nature. Aujourd’hui les réunions ont commencé. Je suis allé chez le préfet, à l’Université, à la collectivité territoriale de Guyane… Demain nous nous rendons à Kaw et après-demain il y aura la cérémonie pour l’ouverture officielle de notre consulat.
Vous avez été nommé Ambassadeur de Hongrie en novembre 2020… Quelles sont vos prérogatives ?

Avant j’étais ambassadeur itinérant dans le bureau du premier ministre hongrois. Maintenant je suis ambassadeur bilatéral au ministère des affaires étrangères. Devenir ambassadeur est un processus assez long. J’ai pris mes fonctions le 3 mars 2021. Un ambassadeur a une équipe de diplomates qui sont responsables de différents territoires et qui sont dédiés à la bonne compréhension de ce qui se passe dans leur pays pour l’expliquer à leurs interlocuteurs.
La première question qui vient logiquement à l’esprit concerne la présence de ressortissants de Hongrie en Guyane, peut-on parler d’une diaspora ?

Il y a des Hongrois en Guyane mais je ne pourrai pas vous dire combien. Certains sont dans la légion étrangère, d’autres avec leurs familles… Il y a bien une communauté hongroise en Guyane. Le consulat honoraire en Guyane sera aussi responsable de la Martinique et de la Guadeloupe. Naturellement ça fait déjà une zone beaucoup plus large puisqu’on sait qu’avant le Covid-19 il y avait beaucoup de touristes hongrois aux Antilles et ça reprend progressivement.
Pourquoi avez-vous préféré la Guyane à la Martinique ou la Guadeloupe ?

C’est une porte pour nous. C’est un territoire de l’Union Européenne en Amérique du Sud. Ça donne beaucoup de possibilités et ça peut être très intéressant pour des entreprises spatiales. La Hongrie participe à beaucoup de programmes avec le spatial. Les plus grands spécialistes travaillent sur ces sujets très intéressants pour le futur. Nous avons à Budapest une Université technique qui est très reconnue et qui travaille sur ces sujets.
Comment se portent les relations bilatérales entre la France et la Hongrie ?

Si vous lisez les journaux, vous verrez des conflits, des débats et de grandes difficultés entre les deux pays… Heureusement, je ne vois pas ça, mais uniquement les choses qui fonctionnent. La France est le quatrième investisseur le plus important en Hongrie. Il y a plus de 550 compagnies françaises qui travaillent sur place et qui sont responsables de près de 45000 postes. On a absolument les mêmes ambitions concernant les questions climatiques ou encore la transition écologique. On travaille aussi main dans la main sur les sujets culturels, on a beaucoup d’événements français en Hongrie, ça recommence lentement après le Covid-19. Je dois dire que cette relation entre deux pays de l’Union Européenne fonctionne très bien. C’est un débat qui se fait entre un gouvernement conservateur Hongrois et un gouvernement moins conservateur… Mais il y a toujours la possibilité de discuter et de trouver des solutions, notamment par le biais des institutions européennes.
Qui sera le consul honoraire ? En quoi cela consiste ?

Un consul honoraire est une personne qui habite depuis très longtemps sur le territoire et qui connaît la région et ses possibilités. Elle cherche des possibilités qui peuvent présenter un intérêt pour le pays. En ce qui concerne la collaboration scientifique par exemple, entre les universités ou encore l’aide à l’investissement. Le plus important c’est naturellement d’aider les Hongrois à faire des démarches administratives. Le consul sera Mme Beata Horvath, une dame qui habite ici depuis 21 ans et qui a une entreprise dans le BTP. La nomination d’un consul honoraire n’a pas d’échéance. C’est quelqu’un avec qui nous allons rester en contact depuis Paris.
Est-ce que des partenariats pourraient être créés entre des universités hongroises et l’université de Guyane ?

Nous sommes en train de travailler sur cette piste. Je sais qu’on collabore déjà ensemble dans le cadre du programme Erasmus, notamment avec l’université de Szeged qui est connectée avec la francophonie. On est en train de regarder dans quels domaines on pourrait pousser cette collaboration. Ici [à l’Institut Pasteur, où nous avons réalisé cet interview], il y a de grands spécialistes d’un problème qu’on va avoir dans le futur [les problématiques relatives à la crise sanitaire]. On pourrait essayer de créer un lien direct entre une université hongroise et l’Institut Pasteur.
Vous avez un dernier message pour nos lecteurs ?

Très heureux que le Hongrie soit maintenant officiellement représentée en Guyane.

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1 commentaire

Vos commentaires

Vado 05.10.2021
Hon grois rêver…

On n’est pas le 1er avril ?! Donc y’a qu’à jouer aux devinettes avec les combines et tripatouillages glauques d’un pays d’Europe centrale gouverné par une clique à la Zemmour, avec un territoire français dont aucun Hongrois n’a jamais entendu parler. Donc question: 1-qui gagne quoi? 2-quelle est l’unité de base du deal : le millier, la centaine de milliers, le million?…

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