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PRESIDENTIELLES 2022

Taubira s'ajoute dans la course à la présidentielle

La Rédaction avec AFP Samedi 15 janvier 2022

Elle avait promis de clarifier sa position à la mi-janvier: Christiane Taubira a officialisé samedi sa candidature à la présidentielle samedi, avec pour objectif ambitieux de rassembler une gauche plus que jamais divisée, au risque pourtant de la morceler encore davantage.

Christiane Taubira officialise sa candidature, le 15 janvier 2022, à Lyon

© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK (AFP)

Un autocollant appelant à soutenir la candidature de Christiane Taubira à la présidentielle de 2022 sur un sac dans un meeting de l'ancienne ministre de la Justice, près de Rennes, le 11 janvier 2022

© Damien MEYER (AFP/Archives)

Christiane Taubira lors d'un meeting près de Rennes, le 11 janvier 2022

© Damien MEYER (AFP/Archives)

Des partisans de Christiane Taubira appelant avec des pancartes à l'union de la gauche lors de son meeting à Lyon, le 15 janvier 2022

© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK (AFP)

Principaux candidats déclarés pour l'élection présidentielle dont le 1er tour aura lieu le 10 avril 2022

© Jonathan WALTER (AFP)

Christiane Taubira lors de son meeting de Lyon, où elle a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, le 15 janvier 2022

© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK (AFP)

<p>Christiane Taubira officialise sa candidature, le 15 janvier 2022, à Lyon</p> - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK (AFP)
<p>Un autocollant appelant à soutenir la candidature de Christiane Taubira à la présidentielle de 2022 sur un sac dans un meeting de l'ancienne ministre de la Justice, près de Rennes, le 11 janvier 2022</p> - Damien MEYER (AFP/Archives)
<p>Christiane Taubira lors d'un meeting près de Rennes, le 11 janvier 2022</p> - Damien MEYER (AFP/Archives)
<p>Des partisans de Christiane Taubira appelant avec des pancartes à l'union de la gauche lors de son meeting à Lyon, le 15 janvier 2022</p> - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK (AFP)
<p>Principaux candidats déclarés pour l'élection présidentielle dont le 1er tour aura lieu le 10 avril 2022</p> - Jonathan WALTER (AFP)
<p>Christiane Taubira lors de son meeting de Lyon, où elle a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, le 15 janvier 2022</p> - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK (AFP)

 "La pandémie a révélé une souffrance sociale qui a frappé toutes les générations", a déclaré l'ex-ministre et ex-candidate la présidentielle de 2002 lors d'un rassemblement militant pour l'union de la gauche, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, choix symbolique en clin d'oeil aux Canuts, les anciens ouvriers de ce quartier de la soie.

Elle a affirmé vouloir répondre "aux colères" face aux "injustices sociales", précisant entendre notamment convoquer une "conférence sur les salaires" avec un programme qui repose sur la défense de la jeunesse, la justice sociale ou encore l'écologie.

"Je veux un gouvernement qui sache dialoguer au lieu de moraliser et de caporaliser", a-t-elle cinglé, en allusion à la polémique sur les propos du président Emmanuel Macron qui a dit vouloir "emmerder les non-vaccinés" contre le Covid-19.

Sa déclaration intervient dans un week-end politique bien rempli: sa rivale Anne Hidalgo non loin à Villeurbanne, Valérie Pécresse en Grèce sur le contrôle des migrants, vidéo de Marine Le Pen au Louvre, Eric Zemmour à Château-Thierry ou encore Jean-Luc Mélenchon à Nantes.

 

L'ex-garde des Sceaux de François Hollande, connue notamment pour la loi reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité et son combat pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, met ainsi un terme à l'attente qu'elle avait suscité chez une partie des électeurs de gauche le 17 décembre, en annonçant "envisager" d'être candidate, face à "l'impasse" d'une gauche fragmentée.

A moins de trois mois de la présidentielle, peut-elle réussir à faire l'union qui a jusque-là échoué, alors que certains socialistes la regardent encore comme ayant contribué par sa candidature à l'éviction de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002 ? Elle n'avait alors recueilli que 2,32% des suffrages.

Son entrée dans l'arène il y a un mois n'a pas suscité pour l'instant de percée dans les intentions de vote, malgré la ferveur populaire dont elle bénéficie sur le terrain.

Et sa candidature "ajoute de la confusion à la division" selon ses détracteurs, alors que cinq autres candidats sont déjà en lice, sans réussir à s'imposer: l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, l'écologiste Yannick Jadot, la socialiste Anne Hidalgo, le communiste Fabien Roussel et le chantre de la "Remontada" de la France Arnaud Montebourg, proche de l'abandon.

Christiane Taubira a promis de se soumettre à l'initiative citoyenne de la primaire populaire, une "investiture" par des électeurs de gauche -déjà 120.000 inscrits pour voter-, quel que soit le résultat.

Même si ses soutiens font mine de croire que rien n'est gagné, elle part favorite de cette consultation, d'autant que les autres candidats de gauche dont les noms seront aussi proposés à ce scrutin, ont tous refusé de s'y soumettre.

- "Réalisateurs connus" -

Même Anne Hidalgo, en grande difficulté dans les sondages, qui plaidait pour une primaire à gauche, a finalement renoncé, constatant le refus de ses concurrents, et notamment de Yannick Jadot, d'accepter cette démarche.

L'ex-frondeur PS Christian Paul, qui fait campagne à ses côtés, fait, lui, "le pari" qu'au mois de février, "si le potentiel d'enthousiasme se traduit en intention de vote" dans les sondages, "plusieurs candidats tireront les conséquences du résultat de la primaire".

Déjà confortée par le soutien des plus de 80 comités qui portent son nom et créés bien avant qu'elle ne se lance dans la bataille, Christiane Taubira voit arriver "tous les jours des personnes qui se manifestent pour participer", dont "des réalisateurs connus", explique une proche.

Elle n'a "pas d'inquiétude" non plus sur les parrainages, assure son entourage. "Un certains nombre d'élus de gauche, au-delà du PRG, soutiennent sa démarche", dit-on.

La candidate guyanaise a déjà réussi à convaincre la présidente PS de la région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay. Et le maire PS de Marseille, Benoît Payan, a annoncé qu'il soutiendrait le vainqueur de la primaire populaire.

Mais "il n'y a pas de duel", ni de "compte à régler" avec la candidate socialiste Anne Hidalgo, assurent les proches de Mme Taubira.

Christiane Taubira, invitée du 20H00 de France 2, présentera plus tard son programme, qui contiendra "des surprises et des idées neuves", mais "sans être un catalogue La Redoute ou Ikéa de 1.000 propositions".

 
 
DISCOURS CHRISTIANE TAUBIRA
Lyon, le 15/01/2022

Merci à vous, merci pour cet accueil extrêmement chaleureux. Merci et très très belle année à chacune et chacun d’entre vous. Pour vous personnellement, pour vos proches. Merci vraiment. Merci Olivia, chère Olivia Fortin, adjointe de Benoît Payan, maire de Marseille. Merci pour ta présence, pour tes mots. Merci à Renaud Payre, vice-président de la Métropole du Lyon. Mesdames, messieurs les élus, mesdames messieurs, chers amis, merci à vous d’être aussi chaleureuses, chaleureux, aussi enthousiastes. Ça nous est nécessaire.

J’honore le rendez-vous que je vous ai fixé pour la mi-janvier. Je le fais ici depuis cette ville de Lyon, ville jeune, diverse, complexe, fraternelle comme beaucoup d’autres villes de France. Et comme beaucoup d’autres, aussi campée dans une histoire, une identité territoriale, une identité culturelle, marquée par l’Histoire. Ici, une histoire forte, longue. L’histoire sociale des canuts de la Croix-Rousse, qui donne encore aujourd’hui, chair et essence à la république démocratique et sociale. Ville de science et d’énergie, c’est un territoire qui, à sa façon singulière, illustre les communs et les possibles.

Nous sommes ici parce que le pays s’interroge, sur l’ensemble du territoire, dans l’Hexagone, les Outre-mer, je vois, j’entends, les colères face aux inégalités, aux injustices, aux discriminations, sur lesquelles parfois, viennent s’ajouter des paroles de mépris. La pandémie a révélé des souffrances, une souffrance sociale qui a frappé toutes les générations. Nous aurions pu être fatalistes. Mais en même temps, je vois ces espoirs obstinément entretenus. Je vois ces finesses de survie, parfois cette économie de la débrouille, ces solidarités spontanées qui permettent encore de tenir. A nouveau, j’ai parcouru le territoire. Je suis allée à la rencontre des Françaises, des Français, de vous.

A Marseille, cette ville fière et ardente à l’occasion de l’hommage rendu à Gaston Crémieux, communard de Marseille, héros fusillé en 1918. Puis à Saint-Denis, l’une des plus jeunes villes de France, avec sa vitalité, son énergie. A Vierzon, où j’ai rencontré le personnel hospitalier qui, à l’image de ces soignantes et ces soignants sur tout le territoire, montrent un dévouement sans faille et conservent la joie de faire, d’accueillir, d’aider, de soutenir. Aussi bien le personnel médical que le personnel paramédical. Ensuite, je suis allée dans l’Ariège aux pieds des Pyrénées dans une ferme biologique chez des pionniers de la transformation de l’agriculture, qui se battent et qui subissent les conséquences d’un manque d’anticipation politique. A l’heure où je vous parle, le glyphosate, vous le savez, est encore autorisé dans notre pays et en Europe. Puis je suis allée à Carrières-sous-Poissy, rencontrer des enseignants, des personnels, qui s’occupent des activités périscolaires et qui font des miracles au quotidien dans un grand désordre d’ordres et de contre-ordres Je suis allée à Bondy soutenir une liste d’union de la gauche. C’est là d’ailleurs que j’ai déclaré, que je reconnais les règles de la Primaire Populaire et que j’en reconnaitrais le résultat. Je suis allée à Nantes sur toutes ces thématiques qui sont pour moi des thématiques prioritaires. Celles que je viens d’énoncer, et à Nantes sur les violences contre les femmes. Sur l’égalité professionnelle aussi. Puis à Rennes, rencontrer ces personnels des métiers du soin, les personnels des professions sociales et médico-sociales, des métiers du bien-être, des métiers de la solidarité, de l’attention aux autres. Et puis aussi, je suis allée à Cayenne. Je vous ai ramené quelques belles images pour les jours de blues. Mais ça, je le dis à voix basse, parce que je sais que dans tous les territoires, il y a de belles images.

Et là partout, à chaque fois, les Françaises et les Français m’ont dit leur exaspération, leur désolation et de temps en temps, leur désespoir. Et pourtant, l’espoir est là. Il tient. Et c’est pour cela que je veux prendre ma part, toute ma part contre la démoralisation, contre les discours de haine et les propos belliqueux, pour que nous puissions affronter, ensemble, les anciens périls, c’est-à-dire les risques de dislocation sociale, et aussi les nouveaux défis, la nécessaire et urgente transition écologique. Les colères qui nous font descendre dans la rue, occuper les ronds-points, sillonner les boulevards, parfois stationner devant une grande institution comme la justice. Ces colères ne sont pas un exutoire de notre mal de vivre. Ces colères sont au contraire une exigence de justice, le refus de la condescendance. Et une appétence pour la démocratie.

Je m’engage auprès de vous.
Je m’engage auprès de vous, parce que je partage avec vous l’aspiration à un autre mode de gouvernement. Nous voulons un Gouvernement qui sache écouter et décider en clarté, et en responsabilité. Nous voulons un Gouvernement qui sache mobiliser nos capacités, au lieu de nous infantiliser. Nous voulons un Gouvernement qui sache dialoguer au lieu de moraliser, de caporaliser. Je suis allée à la rencontre des Français, oui, de vous, du mouvement associatif, des syndicats de salariés. De vous, de nous, dans nos vies quotidiennes. Le jugement est sévère contre la verticalité du pouvoir et contre l’absence de dialogue social. Il nous faut donc revigorer notre démocratie. Il faut que le quinquennat, le prochain quinquennat, fasse le pari radical d’un gouvernement mieux adapter au 21e siècle. Il nous faut revigorer notre démocratie en réhabilitant le Parlement, en contrôlant l’action du gouvernement, et en veillant à la séparation réelle, effective des pouvoirs. Nous en sommes capables, parce que je suis impressionnée par la volonté d’agir. Par cette maturité démocratique qui nous est précieuse et qui est une chance pour renouveler le contrat social dont nous redéfinissons le contenu. Nous sommes trop éduqués, trop instruits, trop cultivés, trop actifs pour nous accommoder plus longtemps encore d’un possible usage des institutions comme instrument d’’un pouvoir personnel.

Nous allons introduire l’expression citoyenne dans tous les débats publics. Dans tous les sujets prévus à l’article 11 de la Constitution, nous allons faire en sorte que les conventions citoyennes dont le statut devra être stabilisé, participe avec le référendum d’initiatives citoyennes, à faire monter dans les institutions les sujets de préoccupation populaires dont les institutions ne se seraient pas saisies. Pour toutes ces exigences d’un gouvernement qui nous respecte, qui vous respecte. Pour toutes ces exigences d’un gouvernement d’une grande démocratie, débarrassé de fantasmes monarchiques.

Pour satisfaire toutes ces exigences, je suis candidate à la Présidence de la République.

Nous ferons ensemble.
Nous ferons ensemble, d’abord pour renforcer la puissance publique, pour rendre l’Etat plus attentif, plus attentionné, plus juste, plus efficace. Je sais les besoins d’un Etat fort. Je sais la nécessité de répondre aux missions régaliennes. Je sais qu’elles peuvent être lourdes. Oui j’étais Garde des Sceaux, ministre régalienne lorsque nous avons dû affronter les attentats les plus meurtriers de notre Histoire. Ces attentats revendiqués au nom d’un islamisme radical. Oui, je sais ce que c’est que de se retrouver dans un Conseil de Défense, de prendre des décisions lourdes, difficiles. D’être préoccupée, obsédées par la sécurité des Françaises et des Français. Mais aussi par l’attention nécessaire pour entretenir, maintenir notre cohésion. Être attentif à préserver les citoyennes et les citoyens qui se retrouveraient plus exposés. Aujourd’hui encore, nous sommes dans le deuil. Certaines et certains ont encore des difficultés à faire ce deuil. Il nous faudra donc oui, donner à l’Etat, la puissance publique, les moyens d’assumer ces missions régaliennes, y compris dans les situations les plus critiques. Et il nous faudra satisfaire à quelques grandes priorités.

D’abord pour la jeunesse. L’émancipation de la jeunesse. Faire en sorte qu’à l’âge de la majorité civique, la jeunesse puisse accéder aussi à une majorité sociale. Il faut que nos jeunes puissent faire des études parce qu’ils et elles sont notre avenir. Or aujourd’hui, 46% des jeunes sont obligés de travailler pendant leurs études. Nous veillerons à ce qu’ils soient en capacité de se consacrer à leurs études. En leur allouant un revenu de 800 euros par mois pendant 5 ans de façon à ce qu’ils et elles puissent étudier et mettre tout leur talent au service de notre avenir. C’est le premier grand axe de mes priorités.
Le deuxième c’est la justice sociale. Et d’abord évidemment les bas salaires qu’il faudra revaloriser. Le SMIC aussi, qui doit passer à 1400 euros net. Et il faudra regarder l’échelle des salaires dans toutes les entreprises. Je convoquerai donc une conférence sur les salaires, sous mon autorité directe et m’assurer que les entreprises qui ne veulent ni négocier, ni revaloriser les salaires, ne puissent plus disposer des aides publiques ni des exonérations de côtisations. La justice sociale, c’est la justice fiscale. Nous avons vu des fortunes explosées ces dernières années et certaines échappent même à l’impôt. Acte de rupture républicaine s’il en est. Mais d’une façon générale, elles cotisent moins. Alors que la classe moyenne contribue à 40%, ces grandes fortunes, lorsqu’elles contribuent, c’est en général à 15%. C’est inadmissible. Nous avons besoin de solidarité et nous avons des besoins. Alors à partir de 10 millions d’euros de patrimoine nous allons fiscaliser. Et recueillir chaque année environ 10 milliards de recette fiscale supplémentaire.
La justice sociale, c’est notre service de santé public qui est à bout de souffle. Après avoir fermé des milliers de lits, supprimé des milliers de lits, aujourd’hui on ferme des service faute de soignantes et de soignants, qui ont été tellement maltraités, pendant si longtemps. Alors il nous faudra recruter 100 000 soignantes et soignants et les rémunérer correctement, dignement, à la hauteur des meilleurs de nos partenaires européens. Et il nous faudra sortir l’hôpital public de la tyrannique comptable de la tarification à l’activité. Et puis 6 millions de français n’ont pas accès à un médecin traitant. C’est juste inadmissible. C’est juste inconcevable. Donc nous allons faire en sorte que sans tabou, les conditions d’installation soient revues. Il y a d’ailleurs des prémices. Nous avons vu qu’un modèle s’installe souvent grâce à l’initiative des collectivités locales, un modèle de maison de santé qui permet un salariat qui concilie à la fois une présence sur tous les territoires mais aussi une qualité de vie pour les praticiennes, les praticiens. Nous allons faire en sorte, je le répète, sans tabou, de veiller à ce que les conditions d’installation permettent à tous les Françaises et Français d’avoir accès à des médecins traitants.
La justice sociale, c’est un secteur qui a l’air de vouloir nous échapper. Nous dans notre Etat de droit, c’est l’ubérisation de l’économie. C’est le fait que dans nos Etats de droit, dans notre Etat de droit, ici, et dans les Etats de droit d’Europe, des catégories de personnes échappent au droit parce que des plateformes numériques les surexploitent, nient leurs droits. L’Etat social doit veiller à ce que, quel que soit le statut juridique, les conditions pour l’exercice des droits soient réalisées. Nous veillerons donc à ce que cette ubérisation cesse d’être une zone de non droit et que les personnes qui y travaillent aient le droit aussi à des salaires correctes, décents, aient droit à la retraite, aux congés, aux congés de maternité, de paternité, nous y veillerons, et l’Union Européenne s’en est saisie avec le projet de directive qu’elle a présenté début décembre.

Et puis le troisième, je vous ai parlé de l’émancipation de la jeunesse, je vous ai parlé de la justice sociale. Le troisième grand axe, c’est l’écologie, c’est l’affaire du siècle nous le savons. Je veillerai à ce que les ressources et les investissements français et européens dans la recherche, nous permettent de passer rapidement et en sécurité à la nécessaire transition écologique. Décarboner, assurer les nouvelles mobilités, veiller à ce que l’économie numérique consomme de moins en moins d’énergie, parce que nous savons à quel point elle est énergivore. Accompagner ces entreprises qui relocalisent et qui produisent en France. Améliorer, augmenter le bonus écologique sous condition de ressources parce que nous le devons aux personnes qui ont des revenus modestes. Pour les produits de l’agriculture biologique, je veux une TVA à taux 0. C’est un sujet européen. Ça sera une de mes grandes batailles avec l’Union Européenne qui est notre espace de justice sociale, qui doit devenir un espace d’harmonisation fiscale et qui est un espace de droits et de liberté.

Enfin, le 4e grand axe de priorité, c’est la République. Important s’il en est. La République, et le cœur battant de la République : l’école, le creuset citoyen. Nous savons tous les ans que l’école est un lieu de reproduction sociale donc de reproduction des inégalités sociales et familiales. Nous allons y mettre un terme. Nous allons veiller à ce que les écoles sous contrat participent à la mixité sociale et entrent donc dans la carte scolaire. Et pour les écoles hors contrat, nous allons veiller à ce qu’elles respectent les valeurs et les principes de la République. Et prendre les dispositions nécessaires en cas de non-respect de ces valeurs et de ces principes de la République.

Mesdames et Messieurs, chers amis, j’ai besoin de vous. J’ai besoin de vous. Nous avons besoin de vous. Le pays a besoin de vous. Et nous avancerons ensemble. Nous avancerons ensemble. Nous savons que c’est l’Histoire de France qui a fait et qui fait la France telle qu’elle est aujourd’hui. Je suis née et j’ai grandi dans ce qu’on peut appeler le territoire mondial de la France. Plus précisément dans un bout de l’Amazonie. Nous avons donc depuis longtemps et de tout près, à la fois l’hospitalité, la fragilité, la prodigalité de la diversité. Mais aussi les blessures, les mutilations, les traumatismes infligés à la nature. C’est d’ailleurs depuis l’Amazonie que par l’observation satellitaire, nous avons appris la finitude de la planète. Ce sont ces observations qui nous ont alertés sur l’état de la couche d’ozone. Nous avons besoin de ressentir pleinement notre immense diversité. Je sais ce que les langues et les cultures régionales apportent à l’imaginaire commun. La part qu’elles prennent dans le patrimoine national. Et lorsque nous interrogeons les traditions, nous le faisons avec la boussole des valeurs humanistes qui ne transigent ni sur la dignité des personnes, ni sur les libertés individuelles, ni sur l’égalité.

C’est ce que nous permet la République indivisible. La République indivisible et laïque. Indivisible parce que nous sommes différents, nous sommes singuliers. Nous avons des expériences personnelles, familiales, territoriales, professionnelles, culturelles, variées. Nous sommes différents. Nous sommes athées, libres penseurs, agnostiques, croyants. Nous sommes différents. Et la République est indivisible parce que la société n’est pas uniforme. Elle est laïque. Elle nous permet de tenir ensemble. C’est pour cela qu’elle est notre bien le plus précieux. C’est elle qui nous permet de penser un destin commun. C’est pour ça que nous allons la défendre avec la plus grande vigilance, et une totale intransigeance contre toutes les attaques les plus sournoises et les plus frontales. Mais nous allons mettre la même vigilance et la même intransigeance dans la lutte contre les discriminations et contre les stigmatisations. Ces morsures qui touchent le cœur, l’esprit et qui surtout, au quotidien, empêchent, empêchent d’être, empêchent d’agir, empêchent de vivre. Nous allons faire tout cela ensemble. Parce que nous en sommes capables. Nous allons le faire en discutant, en nous disputant parfois. Nous allons le faire parfois dans l’incompréhension. De temps en temps avec amour. Ça n’est pas obligatoire mais ça n’est pas interdit. Nous sommes une grande et belle démocratie. Nous saurons concilier la solidité et la modernité de nos institutions. Nous saurons concilier l’objectivité et l’exigence avec l’attention à chacune et à chacun et notamment les plus vulnérables. Ça sera le ressort de ma présidence. Et ce sera l’œuvre du peuple, de vous, de nous. Merci.
 
 

 

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6 commentaires

Vos commentaires

Ergo sum 17.01.2022

Repose-toi, Christiane. Repose-toi. C'est bon, on t'a vue, on t'a connue. File aux oubliettes.

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cap40 16.01.2022
Le ridicule...

Le ridicule... ne tue pas. Heureusement pour elle. Aux oubliettes vite!

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jéjé76 16.01.2022

C'est pas celle qui avait déjà dynamité la gauche à l'époque de Jospin ( elle était pas seule ) ??? C'est pas celle qui est contre l'incarcération des délinquants qui nous pourrissent la vie ??? Mon bulletin ne sera certainement pas pour Me Taubira !!!

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P.Daudet 16.01.2022
Candidature avec un C comme Carnaval

Une Grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf
Envieuse s’étend, et s’enfle, et se travaille
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?
– Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?
– Vous n’en approchez point. La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs,
Tout petit Prince a des Ambassadeurs,
Tout Marquis veut avoir des Pages.

Jean de La Fontaine

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Mali 15.01.2022

Madame a mon respect. Pour autant je ne suis pas assurée que son conseil à Macron ait été scrupuleusement suivi par le passé.
En témoigne la valse de collaborateurs qui ont quitté Walwari pour rejoindre d'autres camps ou fonder un mouvement concurrent.
Autorité naturelle dira-t-ou propension au caporalisme ?

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BELLOD 15.01.2022

Ben alors Dtc, si t'as cinq minutes entre le pian et l'âne, t'en dis quoi sur le fond de la candidature de l'idole? Tu sais que quelques uns lui prêtent aussi un passé ahou peu glorieux.

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