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GUYANE

Sénatoriales / Steve Blacodon : "C'est une défaite qui a un goût de victoire"

Propos recueillis par Samir MATHIEU et Pierre ROSSOVICH Lundi 28 Septembre 2020 - 12h49
Sénatoriales / Steve Blacodon : "C'est une défaite qui a un goût de victoire"
Steve Blacodon est fier du parcours réalisé et se tourne vers l'avenir. - Pierre ROSSOVICH

Nous revenons avec Steve Blacodon sur cette campagne des sénatoriales, sa préparation, son alliance avec Marie-Laure Phinéra-Horth... Steve Blacodon évoque aussi l'avenir : le sien et celui de la Guyane, ses perspectives. Interview réalisée dimanche soir, quelques heures après l'annonces des résultats finaux.

Quel est votre sentiment à l’issue de cette élection ?
Je suis très heureux d’avoir participé à cette élection. Il y a des défaites qui sont des victoires, et pour moi celle là en est une. J’étais inconnu jusqu’à il y a un mois et demi. Maintenant, les gens, ainsi que les grands électeurs, savent que je peux apporter une contribution à l’évolution de notre territoire, en tout cas à son développement. Et je tiens à remercier tous mes soutiens, les grands électeurs et maires qui ont voté pour moi et ceux qui m'ont été fidèles et qui ont respecté la parole donnée. C'est précieux.

Certains vous voyaient plus haut. Ce n'est pas une déception ?
Non, ça ne peut pas être une déception dans la mesure où je n’ai jamais eu de mandat. Mais cela ne m’a pas empêché de faire de la politique. Celle du terrain, du développement économique, du développement participatif. Ça ne m’a jamais empêché de faire de la politique dans l’ombre. J’ai tenté ma chance et je crois que même si je ne suis pas élu,  j’ai gagné quelque chose.

Vous ne comptez pas vous arrêter là ?
Je ne sais pas. Des fois, on prend goût aux choses. En tout cas, je vais déjà me reposer, parce que ça fait 11 mois que je suis en campagne. Je vais profiter de ma petite famille. Peut-être vais-je me trouver une maison où la chaleur est agréable, c'est-à-dire un parti politique. Où alors je vais continuer le travail que je fais auprès de jeunes entrepreneurs. Je n’ai pas d’idée précise, mais je vais continuer le développement de mes entreprises, ça c’est sûr. Et puis je verrai dans quelque temps. C’est pour l'instant e temps du repos. 

En temps normal, il n’y a pas de campagne médiatique pour les sénatoriales, mais surtout des tractations dans l’ombre. Vous vous êtes volontairement mis en avant. C’était votre volonté de bouleverser le jeu classique ?
Je n'ai rien calculé du tout. J’ai voulu véritablement aller au sénat pour porter des propositions de loi. Il est clair que depuis plus de cinquante ans, les élections sénatoriales n’avaient jamais été médiatisées. On entendait juste qu’il y avait une élection, puis on apprenait les résultats… C’est la première fois qu'elles médiatisées à ce point. C'est peut-être dû à ma présence, parce que ça aurait été une grande première qu’un chef d’entreprise soit élu sénateur.

Vous sembliez confiant à l’amorce du premier tour. Qu’est-ce qui vous a manqué ?
Peut-être l’expérience... J’ai beaucoup appris de ces élections et également de cette défaite. J’ai beaucoup appris sur le fonctionnement de cette élection, qui est une élection particulière, très dure. Très dure parce que dans le monde de l’entreprenariat, une poignée de mains suffit à sceller un accord. Pas en politique...

Vous avez fait forte impression dimanche en arrivant avec Marie-Laure Phinéra-Horth. La question s’est posée entre les deux tours, de savoir si vous alliez vous retirer à son profit ?
On ne savait pas trop comment ça allait se passer. Nous n'avions pas évoqué le sujet. Mais il y avait 45 voix d’écart entre nous au premier tour. Je savais donc qu’il était quasiment impossible de rattraper ce retard. Quand on analyse toutes les élections sénatoriales, les deux premiers qui arrivent en tête au premier tour l’emportent. Je savais pertinemment qu’elle pourrait gagner sans problème. Donc ma candidature maintenue ne posait aucun problème. On a eu 39 voix d’écart au second tour, donc ça s’est maintenu. Il y a eu une progression de 39 voix entre les deux tours, puisque j’ai fait 156 voix au premier et 195 au second. Certainement des reports de voix, puisque les concurrents qui étaient derrière en ont perdu. Marie-Laure Phinéra-Horth en a gagné 33. Je crois que la logique est respectée. C'est la logique des élections sénatoriales. C’est un pas de danse entre initiés !

Est-ce que l’apparition de candidats de dernière minute vous a coûté votre élection ?
Je ne sais pas si elles m’ont coûté l’élection. Mais parmi les deux candidats de dernière minute (ndlr : Rollin Bellony et Eugénie Rézaire), un laissait entendre qu’il pouvait être le suppléant de Georges Patient, puisque ce candidat faisait campagne pour lui-même et pour M. Patient. C’est une façon de faire, mais moi quand je vais dans un combat, je fais campagne pour moi.

Vous êtiez peut-être le seul candidat à avoir des propositions de loi déjà rédigées, qu’allez-vous en faire ? Est-ce que vous allez travailler avec les deux élus pour les faire adopter ?
Je vais essayer de leur remettre pour qu’ils les défendent. Mais c’est compliqué de défendre un projet de loi pénal quand on est pas soi-même initié. Il faut être un technicien du droit pénal pour tenter de défendre de tels projets de loi. Je vais leur remettre, mais je ne suis pas sûr qu’ils puissent le défendre comme moi j’aurai pu le défendre.

Est-ce que vous avez d’autres perspectives électorales, sachant qu’il y a les élections à la CTG en mars puis les législatives un an plus tard ?
La CTG, c’est sûr qu’on y pense. C’est dans 6 mois et c’est un enjeu majeur. Il va falloir penser au changement statutaire et enfin arrêter de faire des congrès pour faire des congrès. Il faut passer à une phase crédible. Jusque là, il n’y a pas grand chose qui est sorti de ces congrès. La vraie question c’est qu’est-ce qu’on peut espérer ?
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Vos commentaires

Nespresso 28.09.2020

Il est encore jeune, ça lui laisse le temps d'apprendre à mentir, trahir, fayoter son électorat, s'entrainer au délit d'initié, à la corruption passive, au favoritisme et au copinage, à l'abus de biens sociaux... Bref, être un homme ou une femme politique en Guyane bananière, c'est un métier, ça s'apprend.

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