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GUYANE

Sénatoriales : Samuel Marie-Angélique veut incarner le renouveau politique et se définit comme le "candidat idéal"

Propos recueillis par Samir MATHIEU Samedi 19 Septembre 2020 - 10h21
Sénatoriales : Samuel Marie-Angélique veut incarner le renouveau politique et se définit comme le "candidat idéal"
Samuel Marie-Angélique est confiant pour le vote de dimanche. - DR

 C'est le rendez-vous politique de cette rentrée : les élections sénatoriales ont lieu le dimanche 27 septembre. 6 candidats sont en lice pour deux sièges à pourvoir. Aujourd'hui, place à Samuel Marie-Angélique. Cet homme de droite n'a pour l'heure jamais été élu mais n'est pas pour autant un novice en politique. Il a déjà connu plusieurs campagne et connaît les arcanes des partis politiques, lui qui a été encarté au RPR, à l'UMP puis à l'UDI. Il se définit comme le candidat idéal et veut incarner un renouveau politique en Guyane.

 Qu'est-ce qui vous a poussé à vous présenter ? Quelles sont vos motivations ?
Je suis un homme qui a été très actif lors de ma jeunesse (mouvement d'associations, d'organisations) où on a organisé souvent des forums, des symposiums, lorsque j'étais dans l'association Awarak et également lorsque j'étais président de la Fédération régionale pour l'insertion des jeunes pour le développement économique et social. C'était à l'époque d'Aline Charles. Nous avons mené des actions concrètes. Et en 2004, j'ai connu une première participation élective lors des élections régionales sur la liste "Cartes sur tables" de Gwladys Robin. Et ensuite en 2015, j'ai soutenu Muriel Icaré lors des élections à la CTG. Mais avant tout je me suis engagé politiquement depuis 1992 avec Emile Gorès et Léon Bertrand. J’ai été au RPR, à l’UMP puis à l’UDI. J’ai aussi collaboré avec Fabien Clovis avec lequel j’ai mené des actions avec « Objectif Guyane ». Là, depuis quelques temps, j’étais en stand-by sur l’aspect action politique. Là, j’ai donc décidé en 2020, pour mes 54 ans, de m’engager dans ces élections sénatoriales.
Quel a été le facteur déclencheur ?
Depuis des années, j’observe ce qui se passe sur le territoire, j’analyse, j’effectue des réflexions et je me dis : un homme ne peut pas rester dans l’ombre en permanence sans pour cela contribuer au développement de son territoire. C’est cette volonté de développer mon territoire qui engage la personne que je suis vers cette élection sénatoriale parce que j’ai une contribution à donner. Depuis 2017 et les événements sociaux, il y a eu une prise de conscience de la population. Et je pense qu’il faut ramener une réponse forte aux désidératas qui ont été évoqués. C’est vraiment l’objectif de ma candidature aux sénatoriales.
Certains parlent du besoin d’expérience pour le poste de sénateur… Vous êtes un nouveau venu pour ce mandat de parlementaire. Comment vous placez-vous ? Sur le renouveau ou dans la continuité de ce qui a été fait ?

Il ne faut jamais dire que les autres n’ont rien fait. Ils ont eu une mission et un mandat du peuple à travers les grands électeurs. Ils étaient donc dans leur mission respective. Maintenant le fait que je n’ai pas d’expérience en tant qu’élu, je dis que c’est une banalité. Cela n’a pas d’importance puisqu’on a démocratisé cette élection , qui était avant uniquement réservée aux grands électeurs. Depuis la loi de 2014, n’importe qui, du moment qu’il est inscrit sur les listes électorales et qu’il a au moins 24 ans, peut se présenter. Je rappelle que notre président de la République, Emmanuel Macron, n’avait pas de mandat d’élu avant d’être justement élu à la présidence en 2017. Je n’ai peut-être pas d’expérience en tant qu’élu, mais être élu n’est pas une profession. Etre élu, c’est une mission, c’est une délégation . Moi j’ai une expérience dans un domaine bien précis. Je suis juriste administrateur, indépendant depuis 17 ans. Les textes et moi ont ne se bat pas, au contraire, on s’harmonise. Il y a une façon d’articuler l’aspect politique, le monde économique et le monde politique. Aujourd’hui, si notre département était dirigé en majeure partie par des hommes ayant la maîtrise de l’évolution et la gestion, on aurait peut-être eu une meilleure situation.
Qu’est ce qui dans votre parcours fait que vous seriez le candidat idéal pour ce poste ?

Je suis le candidat idéal oui, car j’ai foi en ce que je fais, et si je vais dans une élection c’est pour gagner, même si les sondages ou les tractations donnent soi disant des gagnants d’office. Dans une élection, à partir du moment où la démocratie agit, c’est jamais gagné d’avance. En 2008, le grand Georges Othily était favori, et pourtant il s’est fait battre par Jean-Etienne Antoinette. En 2014, c’était au tour de Jean-Etienne Antoinette de se faire battre par Antoine Karam. Cette élection, c’est une volonté de chaque grand électeur. Ils ont le devoir d’agir en toute dignité sans passer par les tractations ou autres monnayages… C’est à partir d’une volonté, d’un projet qu’on a des ambitions et qu’on avance.
Quelles seront vos priorités si vous êtes élu le 27 septembre ?

Ma priorité ce sont les accords de Guyane. Grâce à la mobilisation de la population, ils ont permis que ces accords soient signés. Il nous faut quantifier cet accord. Il nous faut le mener à terme. Même si le premier volet du plan d’urgence est établi à 80 %. Il reste le second volet additionnel qui est le projet Guyane. Nous devons donc prendre ces accords de Guyane à bras le corps et le concrétiser de sa conception jusqu’à sa réalisation.

La deuxième priorité concerne les collectivités. Nous avons la CTG, que nous avons tous souhaité avec l’article 73, qui donne des leviers de fonctionnement. La loi organique de notre collectivité permet qu’on puisse demander une compétence partagée avec l’État sur plusieurs domaines… Il nous faut aller dans ce sens pour permettre aux collectivités locales (communes, EPCI) d’avancer ensemble de façon à arriver à une collectivité partagée avec la collectivité territoriale afin que les projets ne sortent plus d’en haut mais de la base et remontent vers le haut. La collectivité territoriale a pouvoir de fonctionnement. C’est comme un gouvernement. Seulement, il faut qu’on change la donne. C’est ensemble qu’on pourra arriver face au gouvernement, face à l’État. J’en ai assez d’entendre que c’est la faute à l’État. Il faut qu’on mette en place de véritables projets pour qu’on dise à l’État que nous sommes prêts sur un projet global de notre territoire. Il faut que ce soit un projet qui aille au-delà d’un simple mandat, mais qui voit plus loin, pour les 10/20 ans à venir.

La troisième priorité concerne le travail d’amendement. Il faut qu’on revienne sur l’amendement qui concerne les chasseurs. En Guyane, nous avons su préserver nos richesses sans aucun problème. Je pense que le sénateur Karam a voté par inadvertance pour cet amendement. Il faut vraiment revenir sur ce projet de loi, quitte à demander à ce qu’on revoit soit la spécificité outremer et locale. Oui, il faut respecter un quota, mais il y a des obligations qu’il faut revoir.

Le quatrième volet qui est important et qui sera pour moi un véritable parcours du combattant, ça concerne le financement des collectivités. Elles en ont besoin. Or l’État est en restriction budgétaire. Pourtant, nous avons nous des richesses que nous n’exploitons pas : eau, forêt, or. Aujourd’hui, il faut qu’on mette en place des mécanismes permettant aux collectivités de profiter de ces richesses pour leur offrir des recettes fiscales pour leur permettre d’investir pour l’aménagement du territoire.
On dit parfois que le sénateur guyanais est isolé à Paris… redoutez-vous ça ?

Celui qui est isolé, c’est celui qui a envie de se retrouver isolé. Moi je suis un homme d’engouement. En arrivant au Sénat, je vais pratiquer un lobbying de conviction. Je n’irai pas non plus m’associer avec n’importe qui, mais il faut travailler avec tout le monde. Le Sénat penche à droite c’est un fait indéniable. Notez que j’ai appris que notre ministre des outremers, Sébastien Lecornu, veut se présenter et former un groupe parlementaire avec les sénateurs des outremers. Pourquoi pas, mais c’est encore une fois dire que les départements d’outremer ont une spécificité, et qu’il faudrait qu’on agisse en tant que tel. Moi je dis, on a un territoire français. On ne peut pas à tous les coups nous disloquer du territoire français sous prétexte que nous avons une spécificité. Si on doit discuter d’un projet Guyane au sein de l’hémicycle, j’aimerai que ce soit l’ensemble des sénateurs qui participent.

Après je vise plusieurs commissions. Je vise tout d’abord la commission des lois, mais aussi celle des finances, celle de l’aménagement du territoire et celle de la coopération et des affaires économiques. Je me dis aussi, pourquoi ne pas oser une place de vice-président du Sénat. Celui qui ose, c’est celui qui a une chance. Celui qui n’ose pas, c’est celui qui restera derrière.
Est-ce que l’on peut dire que vous représentez une candidature de droite ?

Je ne renie pas ma couleur politique. Je suis un homme de droite. C’est une couleur et des opinions que je défends. Si je suis sénateur dimanche, ma couleur sera systématiquement d’être au centre droit. Mais je peux travailler avec tout le monde, que ce soit LR ou LREM.
Il y a deux sénateurs guyanais, avec qui vous travailleriez le mieux parmi les 5 autres candidats ?

S’il fallait faire un choix, je ferai celui du renouveau. Mais s’il fallait faire le choix de la redondance, je choisirai plutôt celui des finances.
Etes-vous confiant pour dimanche ? Vos soutiens vont-ils prendre position d’ici dimanche ?

Je suis confiant parce que le renouvellement des conseils municipaux a permis de faire rentrer des jeunes dans ces conseils, qui ne sont pas inféodés aux méthodes antérieures. C’est une bonne chose. Ces jeunes ont la volonté de s’exprimer et c’est une chance inouïe, que nous avons. Aujourd’hui, un maire ne détient pas l’ensemble de son conseil municipal, comme on pourrait le penser. Avec mon staff, nous avons fait un travail extraordinaire. Ma suppléante, Fadila Aténi, qui est conseillère municipale à Apatou, a accepté de m’accompagner. Et nous avons pu mettre en place une conviction unilatérale. Et donc les soutiens arrivent au fur et à mesure. J’ai rencontré tout le monde, le monde économique, social. J’ai rencontré également toutes les structures intersyndicales qui existent pour justement faire l’articulation entre le monde économique et politique. Les soutiens il y en a donc. Ils sont là. Ils sont présents. C’est ensemble que nous arriverons à développer ce territoire, à donner une réponse forte au mouvement de 2017. Le peuple a décrié à ce moment là, l’ensemble des élus. On ne peut plus continuer à gouverner dans ce territoire avec les mêmes personnes que l’on entend toujours depuis un demi-siècle. Il ne faut pas avoir peur du changement.

Fadila Aténi est la suppléante de Samuel Marie-Angélique pour ces sénatoriales. - DR

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