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Sénatoriales / Rollin Bellony : "J’ai appris qu’il y avait un système mafieux"

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH Mardi 29 Septembre 2020 - 16h16
Sénatoriales / Rollin Bellony : "J’ai appris qu’il y avait un système mafieux"

Le dr Rollin Bellony dit tout sur les raisons qui l'ont poussé à se présenter aux élections sénatoriales, sur son combat politique et sur les tractations "douteuses" qu'il a constaté durant la campagne. 

Quel est votre ressenti après votre défaite aux élections sénatoriales ?
Je ne peux pas être satisfait. Si je suis allé aux élections c’était bien pour gagner. J’ai pensé qu’il y avait une fenêtre de tir. J’ai un background : depuis 30 ans, je sillonne la Guyane du nord au sud, de l’est à l’ouest, du littoral à l’intérieur. J’ai travaillé dans les domaines de la santé, de l’université, je suis médecin de la ligue de football… Je suis donc au plus proche des réalités du pays. Mais comme tout se décide en métropole, je fais le va-et-vient. On ne peut pas faire avancer ce pays si on n’a pas un relais au niveau de l’hexagone. Je pensais que je pouvais être ce relais.
Pourquoi vouliez-vous obtenir ce mandat ?
Pour remonter au plus haut des instances de la République, le combat que je mène depuis 30 ans : l’éducation, la santé et l’économie. Je demandais un outil supplémentaire pour pouvoir aller plus vite dans mon combat.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter réellement ?
J’ai rencontré Georges Patient qui m’a demandé d’y aller pour pouvoir travailler ensemble. Il m’a dit que parmi les candidats, certains ont eu ou auront des soucis avec la justice. Il m’a même dit que Marie-Laure Phinera-Horth était une « coquille vide ». Il voulait donc que je sois à ses côtés pour travailler. Il m’a dit cela sans pour autant que l’on établisse une stratégie commune. N’étant pas dans le jeu politique, je lui ai répondu que je n’avais pas de suppléante ou remplaçante. Il m’a alors dit qu’il m’en trouverait une. Finalement, il ne m’a jamais proposé de suppléante. Voyant cela, je l’ai trouvée moi-même.
Il y avait donc une entente entre vous ?
Il n’y a pas eu de connivence entre nous, il m’a simplement poussé à me présenter. C’était peut-être un traquenard, qui sait ? J’ai moi-même organisé ma campagne, qui m’a coûté environ 3 000 euros. J’ai fait campagne sur une semaine, quand certains disent avoir fait onze mois de campagne.
Vous estimez finalement avoir été lâché par Georges Patient ?
Lâchement lâché. Durant l’entre deux tours, je l’ai appelé (ndlr, il s’est passé environ trois heures entre le 1er et le 2e tour dimanche 27 septembre, jour de l’élection). Il m’a répondu que ses voix ne lui appartenaient pas mais qu’il irait voir les maires pour moi. Je suis donc allé m’inscrire au second tour. Si je savais qu’il me lâcherai je n’y serai pas allé. Il n’a pas respecté sa parole. Non pas sa parole politique, mais sa proposition de travail. Je pense qu’on aurait pu faire un binôme d’experts pour le pays ayant le savoir faire et le réseau.

Avez-vous constaté des tractations douteuses durant cette campagne ?
Énormément. Durant l’entre-deux tours, j’ai même été interdit d’approcher certains grands électeurs. On m’a chassé de l’hôtel Amazonia où logeaient nombre d’entre eux. Je ne trouve pas ça démocratique.
On parle aussi d’enveloppes pour obtenir les voix des grands électeurs ?
Oui, je peux vous montrer un message que j’ai reçu (ndlr, il nous montre un sms sur son téléphone). Un grand électeur m’envoie : « si tu veux rencontrer les gens du fleuve, tu me donnes une enveloppe ». Je n’ai même pas répondu. Il y a d’autres choses : j’ai vu le bus de la CTG aller chercher des électeurs pour les faire voter. Qui a payé l’hébergement et le transport de ces gens ? Je m’adresse au peuple bushinengé : on ne doit pas pouvoir acheter un peuple qui a maronné, qui s’est battu pour ses libertés !
Ce sont de graves accusations...
Si l’on m’a demandé de payer pour obtenir des voix, c’est qu’on l’a proposé aux autres aussi. Je préfère ne pas être élu à ce prix là.
Pourquoi êtes-vous le seul à dénoncer cela, au moins parmi les quatre candidat défaits ?
Parce qu’ils sont dans un système. Moi j’ai la possibilité de regarder la Guyane de l’intérieur comme de l’extérieur car je vis dans l’Hexagone. Je peux me faire oublier. C’est aussi pour cela que je me suis déclaré candidat tardivement. Pour laisser peu d’espace aux tentatives de déstabilisation.
Que cela veut-il dire sur le paysage politique guyanais ?
Nous sommes presque dans un système de royauté. Il faut un contre-pouvoir. À la CTG, l’opposition est disséminée. Il n’y a que deux opposants visibles : Gauthier Horth et Mylène Mathieu. Le chef de groupe de l’opposition (ndlr, Alain Tien-Liong), on ne le voit plus. On se rend bien compte que le pouvoir est centralisé sur un seul individu, Rodolphe Alexandre, qui est en train de préparer sa réélection avec l’outil public de la CTG.
Politiquement, quelle sera la suite pour vous ?
Je continue mon combat. Je n’ai pas perdu, j’ai appris. J’ai appris qu’il y avait un système mafieux. J’ai appris qu’il y a des filous. Je le savais, mais je ne l’avais pas vécu. On trompe le peuple. Aujourd’hui, pratiquement tout le monde veut l’autonomie. Même ceux qui se sont battus pour le 73. Rappelons que la demande d’autonomie vient du PSG. Je veux éclairer le testament de Justin Catayée et Georges Guéril de la torche de Léon Gontran-Damas pour en faire ma feuille de route. C’est mon projet politique.
Un mot sur le projet de CHU tant attendu ?
Je suis un fervent défenseur du CHU. Pourtant je dis que l’on en a pas besoin tout de suite. Un CHU ne peut être utile que si vous avez d’abord accès aux soins partout sur le territoire. La première chose à faire est de construire des hôpitaux, dans les deux bassins de l’ouest et de l’est : Maripasoula et Saint-Georges. Il faut mettre une maternité à Maripasoula. C’est une obligation immédiate. Saint-Georges a environ 5 000 habitants. Oiapoque en a environ 30 000. Il y a un projet d’hôpital international à Oiapoque. C’est presque acté. Il faut mailler le territoire avec des hôpitaux pour qu’ils soient reliés à ce futur CHU.

• LIRE AUSSI : Rollin Bellony: «Notre objectif principal c'est l'évolution statutaire de la Guyane» (publié le 11 septembre 2020)

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10 commentaires

Vos commentaires

aouara 02.10.2020

Pauvre naïf, pauvre homme. Vouloir rejoindre le marigot sans autorisation et sans parrain.......

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g6d 01.10.2020

dire qu'il s'est présenté en affirmant bien connaître la Guyane. Ce n'est pas en amenant des étudiants faire du tourisme sur les fleuves en ne prenant pas de contact avec les professionnels locaux qu'on connaît la Guyane. La condescendance a ses limites.

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alfredo 30.09.2020
Bisounoirs?

Si vous attendez 2020 pour estimer Georges Patient, celui qui ridiculise la Guyane au Sénat, à la fois tocard et manipulateur, ce ne peut être qu'en vous voulant la face.
Le double jeu de Patient et de Alexandre, ayant cornaqué 2 autres candidats, visait à éparpiller les voix...et malheur au vaincu, même s'il s'agit de personne qu'ils ont soutenu.
Alexandre ont un pacte tacite depuis au moins un an, qui as vu le Maire de Cayenne, éviter toute critique publique de la CTG...et en même temps Alexandre avait d'autres poulains,jouant gagnant- gagnant y compris avec une défaite de Phinera.
Bref, vous avez travaillé dans les anti-chambres des cabinet régionaux et manquez durement de maturité pour croire qu' on peut représenter la Guyane au Sénat.

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youpix973 01.10.2020
Les pieds nickelés

Alfredo , Vous avez tout dit ....Et en plus aucun scrupule, aucune honte, ils vendraient leur mère

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Harold 30.09.2020

Ce candidat fait au moins preuve de franchise dans ce milieu politique !

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Didy20 30.09.2020
bravo mr Bellony

Mais, mme Taubira et son parti avait déjà alerté.
Les représentants élus ne sont que le reflet d une partie de la population guyanaise.
On ne va pas loin, il suffit de regarder les usa, la France.
On continue la.musique ????
Ils partiront:" discuter des dossiers à l'Elysée!!".
Comme la france part discuter des dossiers en Afrique.
Comme les usa discutent des dossiers en Israel.
Oui, oui.

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Didy20 30.09.2020
bravo mr Bellony

Mais, mme Taubira et son parti avait déjà alerté.
Les représentants élus ne sont que le reflet d une partie de la population guyanaise.
On ne va pas loin, il suffit de regarder les usa, la France.
On continue la.musique ????
Ils partiront:" discuter des dossiers à l'Elysée!!".
Comme la france part discuter des dossiers en Afrique.
Comme les usa discutent des dossiers en Israel.
Oui, oui.

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Didy20 30.09.2020
Nespresso

houlà , voilà de bien grands mots dans une phrases juste pour dire peu.
C est la politique tout simplement, quelque soit le pays.
Notre chère France métropolitaine est un bien bel exemple.

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BMK 30.09.2020
La une

Cet article devrait faire la une.

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Nespresso 29.09.2020

Il n'y a que le Ravi de la Crèche pour s'étonner de l'africanisation bananière de la politique guyanaise...

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