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GUYANE

Sénatoriales : Marie-Laure Phinéra-Horth veut se placer "au dessus de la mêlée" malgré les attaques dont elle est la cible

Propos recueillis par Samir MATHIEU Jeudi 24 Septembre 2020 - 17h15
Sénatoriales : Marie-Laure Phinéra-Horth veut se placer "au dessus de la mêlée" malgré les attaques dont elle est la cible
Marie-Laure Phinéra-Horth confirme qu'elle proposera Sandra Trochimara pour lui succéder en tant que maire de Cayenne, si elle est élue dimanche. - Samir MATHIEU

 Dernière ligne droite pour les élections sénatoriales qui auront lieu ce dimanche. Nous avons interrogé tous les candidats sur leurs candidatures, leurs motivations et leurs projets. Place à Marie-Laure Phinéra-Horth ce jeudi. La maire de Cayenne et présidente de la CACL (Communauté d'agglomération centre littoral) fait partie des favorites de ce scrutin. Elle revient sur les points majeurs de son programme, mais aussi sur les attaques dont elle est la cible depuis une quinzaine de jours maintenant et sur sa vision de son rôle de parlementaire. Si jamais elle est élue dimanche, Marie-Laure Phinéra-Horth deviendrait la première femme sénatrice de Guyane. Entretien.

Comment vous sentez-vous dans la dernière ligne droite pour ces élections ?
Les élections sont un grand moment de notre vie démocratique que j’apprécie tout particulièrement, les rencontres avec les électeurs, les échanges, le débat contradictoire. Cette année la campagne s’est déroulée dans des circonstances particulièrement liées à la crise sanitaire. Je profite de cette tribune pour remercier tous les grands électeurs pour l’accueil qu’ils m’ont réservé et la qualité de nos échanges. La campagne fut courte, mais passionnante, elle touchera à sa fin dans les quelques heures. Je reste concentrée, sereine, et humble, je poursuis les échanges avec les grands électeurs.
Vous êtes la cible de nombreuses attaques depuis une dizaine de jours. Certains ont partagé un ancien article disant que vous renonciez aux sénatoriales... Comment avez-vous vécu cela ? Vous êtes plus que jamais motivée ?
Je constate étonnement être la cible ou plutôt l’épicentre de cette campagne électorale. Mes détracteurs confondent les idées et la calomnie. Comment peut-on fonder un projet politique exclusivement basé sur la désinformation permanente, la calomnie. J’ai le sentiment de revivre « la politique politicienne » menée en Guyane dans les années 80. Est-ce que c’est comme cela qu’on fait de la politiquement autrement en appliquant les mauvaises méthodes du passées ?

Pour ma part, la politique est noble, la compétition électorale doit être juste et équitable dans le respect des uns et des autres. Par conséquent, je me situe au-dessus de la mêlée. En tant que maire en exercice, et secrétaire générale d’un parti politique, Nouvelle Force de Guyane, j’incarne une magistrature morale forte. Et à ce titre je me dois de participer au travail d’élévation du débat politique en Guyane.
Je tiens à rassurer les Guyanaises et les Guyanais, je ne sombrerai pas à ce niveau, à ces échanges de caniveau. Je suis plus que jamais motivée et résolument engagée à poursuivre le travail pour mon « Péyi»
3- Savez-vous de qui proviennent ces attaques ? Comptez-vous y répondre ?
Je ne m’intéresse nullement à l’origine de ces ignominies. Parce que j’ai une toute autre idée de la politique, une vision différente. Agir pour la société et le progrès c’est avant tout aimer les gens et respecter la population. Je ne pourrais jamais me livrer à de tels actes immondes. Et comme toujours les meilleures réponses à ces attaques demeurent les résultats obtenus au bénéfice des administrés et de la population. Les électeurs ne s’y trompent pas, ils connaissent la qualité du travail réalisé et nos projets pour le développement de la Guyane. L’élection est la seule jauge qui vaille dans un régime démocratique.
Pour revenir sur le programme, vous avez fait de la spécificité législative guyanaise une priorité. Comment comptez-vous mettre cela en place ?
La différenciation législative sera le moteur et au cœur de notre action parlementaire si nous sommes élus Auguste Richenel et moi-même le dimanche 27 septembre. En effet, l’identité législative, c’est-à-dire l’application stricte des normes nationales en Guyane sans adaptation constitue un véritable frein au développement de notre territoire. La République, l’Etat, doit pleinement reconnaitre nos différences, nos réalités et bâtir une construction normative qui prend en compte les vérités d’un territoire français, en Amérique du sud.
Quels sont les autres dossiers prioritaires si jamais vous êtes élue dimanche ?
La crise sanitaire n’est pas terminée, elle a mis en lumière les carences de notre de système de santé et a lourdement fragilisé notre système économique et social. Ainsi, la gestion de la crise et la relance sera un dossier prioritaire. Ensuite l’agenda parlementaire conduira à l’examen du projet de la loi de finances de 2021, l’enjeu sera naturellement de défendre plus de crédits budgétaires pour le territoire, je pense au doublement de la DETR, dotation d’équipements des territoires ruraux, une dotation insuffisante et très utilisée par les communes rurales de Guyane. Enfin, je l’ai rappelé à plusieurs reprises, mon action parlementaire se veut pluridisciplinaire, par ce que la Guyane souffre dans plusieurs domaines : la santé, l’aménagement du territoire, le pillage de nos ressources endogènes, l’insécurité, l’enclavement du territoire, le chômage, le numérique, développement économique……….
On dit souvent que les parlementaires des outremers sont isolés à Paris. Comment allez-vous gérer cela ? Savez-vous déjà dans quel groupe parlementaire vous allez siéger ?
L’unité peut-être une force face à l’isolement des parlementaires d’outre-mer à Paris. Les territoires d’outre-mer doivent parler d’une seule et même voix sur le plan national parce que nous vivons de la même manière, la violence de l’isolement, de l’éloignement, la vie chère, et l’absence de prise en compte de nos réalités.

C’est la raison pour laquelle, je plaiderai en faveur de la création d’un groupe afin de défendre « les territoires » au sénat. Si ce groupe ne voit pas le jour, je vais intégrer une organisation à taille humaine qui me permettra de défendre au mieux les dossiers et les intérêts propres de la Guyane à Paris.
Certains parlent de l'expérience nécessaire pour ce poste. Vous n'avez jamais été parlementaire. Cela vous fera t'il défaut ?
Le Sénat est la chambre des collectivités, le symbole de la représentation des aspirations locales au plan national. Un sénateur est l’élu des élus. Par conséquent, en tant qu’élue locale depuis plus de 25 ans, adjoint au Maire, Maire de la ville Capitale de la Guyane et Président d’un établissement public de coopération intercommunale, je suis légitime et en capacité à faire du lobbying et défendre des dossiers des collectivités de Guyane.
Il y a deux sièges de sénateurs à pourvoir. Avec qui travaillerez-vous le mieux parmi les 5 autres candidats en lice ?
Je prône le rassemblement, la défense des intérêts de la Guyane est au-dessus de toute logique partisane. Je travaillerais donc si les grands électeurs me font confiance avec tous les parlementaires de Guyane y compris les députés.
C'est une élection particulière où 527 grands électeurs vont élire les deux sénateurs. Il faut du réseau et des soutiens. Vous avez tout cela, y compris sur l'ouest ?
Cette élection est effectivement particulière, elle est aussi passionnante et très enrichissante. J’ai pris beaucoup de plaisir à rencontrer les grands électeurs en présentant ma vision, mes idées, j’ai également écouté leurs doléances et leurs propositions. Maintenant, il appartient aux électeurs d’effectuer leur choix, pour un sénateur de proximité, engagé et dans l’action.
Dernière question concernant la mairie de Cayenne. Si jamais vous êtes élue vous devrez céder votre écharpe de maire. Sandra Trochimara est donnée favorite mais certains ne semblent pas d'accord sur ce choix, y compris au sein de votre majorité. Comment allez-vous gérer la situation ? Un autre nom peut-il émerger d'ici là ?
J’appartiens à une équipe, un groupe majoritaire « Cayenne, notre objectif réussir ensemble » au conseil municipal de la ville de Cayenne. C’est une équipe solidaire et unie. Si je suis élue sénatrice de la Guyane, la loi sur le non cumul de mandat ne permet pas de cumuler les deux fonctions, Maire et sénatrice. Je resterais conseillère municipale afin de poursuivre le travail pour les Cayennais.
S’agissant de l’identité de mon remplaçant en tant que maire, c’est le conseil municipal qui va démocratiquement trancher la question.

A ce stade de la réflexion, et à titre personnel, je vais proposer la candidature de ma première adjointe Sandra Trochimara, une femme compétente, de conviction, de valeurs, de dialogue et de proximité. Elle n’est pas devenue première adjointe de la ville de Cayenne par un simple concours de circonstance. Un premier adjoint est amené à suppléer l’exécutif dans l’exercice de ses fonctions. Par conséquent, ce n’est pas un choix surprenant notamment pour les 40 élus du groupe majoritaire au conseil municipal.

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