• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
GUYANE

Sénatoriales : Georges Patient plus que jamais motivé pour continuer le travail qu'il a déjà engagé au Sénat. Interview

Propos recueillis par Samir MATHIEU Lundi 21 Septembre 2020 - 12h34
Sénatoriales : Georges Patient plus que jamais motivé pour continuer le travail qu'il a déjà engagé au Sénat. Interview
Georges Patient brigue un 3e mandat de sénateur et reste plus que jamais motivé pour cela. - B.D.

 C'est la dernière ligne droite pour les élections sénatoriales qui auront lieu dimanche. On fait le point aujourd'hui avec Georges Patient. L'ancien maire de Mana et ancien président de la CCOG, se présente pour briguer un troisième mandat de sénateur. C'est le seul sénateur sortant à se représenter. Georges Patient revient sur son action en tant que sénateur et sur ce qu'il compte faire dans les six ans à venir. Et il est plus que jamais motivé pour mener à bien cette mission. Interview.

Georges Patient, vous êtes le seul sénateur en place à vous représenter. Qu'est-ce qui vous motive pour repartir pour un nouveau mandat ?

Depuis mon arrivée au Sénat, la situation financière des collectivités locales guyanaises s’est nettement améliorée et je crois pouvoir dire que mon travail de sénateur est, pour une grande part, responsable de cette évolution. A la fin d’une mandature, aussi active et aussi efficace soit elle, des dossiers restent ouverts, des chantiers à poursuivre et des dynamiques à maintenir. Le chantier de la péréquation n’est pas achevé puisqu’il s’agit à terme de parvenir à l’égalité avec l’hexagone ; il conviendra également d’être particulièrement attentif à l’application de la réforme de la fiscalité directe ; un autre sujet préoccupant est celui de la reconduction de l’octroi de mer.
De plus les collectivités locales devront faire face aux conséquences de la crise sanitaire qui pourraient mette en péril tous les progrès réalisés ces dernières années.
Par ailleurs, des projets du gouvernement qui concernent des sujets sur lesquels je travaille et milite depuis mon entrée en politique vont arriver au Sénat comme la Loi « 3 D » (décentralisation, différenciation et déconcentration) ou la réforme constitutionnelle Ce sera l’occasion de transformer les relations entre l’Etat et les collectivités territoriales. M’arrêter maintenant serait comme m’arrêter au milieu du gué.
Quel est votre bilan en tant que sénateur ? Quels sont les grands dossiers que vous avez pu faire avancer ?
Ils sont nombreux mais ma grande victoire c’est d’avoir malgré un contexte global peu encourageant d’avoir fait aboutir la majorité de mes propositions et amendements destinés à améliorer de façon durable, structurelle, la situation financière des collectivités territoriales d’outre-mer en général, et de Guyane en particulier. C’est ce à quoi je me suis attaché personnellement avec constance dans le cadre du mandat sénatorial qui m’a été confié et qui allait devenir le principal axe de mon travail sénatorial : « nos collectivités doivent bénéficier de recettes de la même dynamique que nos charges. »

Ainsi sur les six dernières années, alors que le budget de l’État pour les dotations allouées aux communes baissait drastiquement, les communes guyanaises connaissaient au contraire une hausse globale de leurs dotations et de leur fiscalité. Ce ne sont pas moins de 105 millions d’euros supplémentaires qui sont venus gonfler les budgets des communes de Guyane. C’est le résultat d’amendements sur des sujets comme la contribution au redressement des finances publiques (CRFP), la dotation d’aménagement des communes d’outre-mer (DACOM), la prise compte de l’orpaillage illégal ou la rétrocession de l’octroi de mer. Par ailleurs, les premières mesures issues du rapport que m’a commandé le Gouvernement sur les finances locales d’outre-mer ont été adoptées à la fin de l’année dernière. Quand elles auront atteint leur plein rendement, les communes de Guyane disposeront au total de 46 millions d’euros de recettes de fonctionnement supplémentaires par rapport à 2014.
Ce sont des sujets très techniques et donc peu médiatisés pourtant les retombées sont très concrètes pour la population. Ce sont des écoles supplémentaires, des réfections de voirie, des rénovations d’équipement en plus grand nombre, des entreprises sous-traitantes payées qui peuvent investir et embaucher. Un cercle vertueux qui peut s’enclencher.
Comment vous définissez le rôle du sénateur ? On parle souvent d'une chambre de contrôle, mais vous qui êtes sénateur, quel est réellement le rôle et le pouvoir du sénateur et du Sénat ?
Un sénateur est avant tout un parlementaire avec toutes les prérogatives du Parlement. Il fait la loi, c’est à dire qu’il étudie, amende, discute et vote les textes de loi qui peuvent être d’origine parlementaire ou gouvernementale. Il contrôle l’action du Gouvernement par divers moyen, les questions au Gouvernement, les missions d’information ou encore les commissions d’enquête. Vice-président de la commission des finances, j’occupe une place clé pour le contrôle de l’action du Gouvernement en matière financière et budgétaire. L’actualité récente regorge d’exemples où le Sénat a fait preuve de détermination dans ces tâches.
Mais le Sénat a aussi un rôle qui lui est propre et que lui confère la constitution, c’est la représentation des collectivités locales. C’est pourquoi il ne faut pas confondre ces élections sénatoriales avec des législatives. Ce n’est pas une élection « grand public. » Les sujets abordés sont plus techniques et liés directement aux problématiques rencontrées par les collectivités.
Dans la pratique, il y a un échange régulier avec les maires et les présidents de collectivités pour leur transmettre des informations, suivre certains dossiers. C’est là où mon expérience d’élu local, d’ancien maire, est primordiale, pour comprendre leurs problématiques et saisir les enjeux. Les dossiers des collectivités réclament rarement un traitement législatif mais bien plus souvent une intervention auprès du préfet ou du Gouvernement.
Quels sont les dossiers que vous suivez et qui doivent être menés à leur terme ?
Comme je vous le disais, la question des finances des collectivités locales a beaucoup progressé mais il y a encore beaucoup de propositions issues de mon dernier rapport qui méritent d’être mises en place comme par exemple les nouveaux contrats d’accompagnement des collectivités locales en difficulté financière pour lesquels un budget spécifique doit être voté dans une prochaine loi de finances. Les discussions ont démarré avec le Gouvernement mais la crise sanitaire risque de venir interférer et le résultat n’est pas garanti. Il y a aussi la nécessaire réforme du comité des finances locales pour renforcer la représentation des territoires ultramarins. Bien d’autres mesures sont encore à prévoir.

La question foncière est également un sujet sur lequel j’ai beaucoup travaillé. J’ai publié un rapport avec la délégation sénatoriale aux Outre-mer et j’ai pu faire adopter certaines des propositions qu’il contient comme par exemple l’imposition à la TFPNB des parcelles forestières de l’État dont il convient de s’assurer de la mise en place auprès des services fiscaux. Elles viennent en résonnance avec les mesures foncières arrêtées dans le cadre des accords de Guyane. J’ai d’ailleurs interpellé à plusieurs reprises le Gouvernement sur cette subsistance coloniale que représente la gestion foncière de l’État en Guyane. C’est pour moi le symbole de l’inertie de la haute administration qui freine tant qu’elle peut l’application des décisions politiques.

Bien d’autres dossiers sont en cours et nécessitent un suivi attentif. La réforme des aides économiques entamée en 2018, toujours en cours d’ajustement et pour laquelle j’accompagne les organisations socio-professionnelles. La réforme du code minier, un véritable serpent de mer, symbole de la mise sous-cloche que souhaitent certains pour la Guyane et contre laquelle je me bats. La pêche pour laquelle l’Etat doit mettre en place une véritable coopération avec les pays environnants afin de lutter contre la pêche illégale et aussi permettre la diversification de la filière en accordant aux entreprises des licences supplémentaires. Les suites du Ségur de la santé et son application en Guyane, un dossier qui rejoint la lutte contre le désert médical guyanais ou la création d’un CHU en Guyane.
Quels sont vos priorités pour ce nouveau mandat ?
Il y a des urgences sur lesquelles il va falloir travailler tout de suite. C’est d’abord le traitement des conséquences de la crise sanitaire. J’ai écrit, moins d’un mois après le début du confinement, au Premier ministre pour alerter le Gouvernement sur les impacts financiers de la crise pour les collectivités d’outre-mer. Des mesures d’urgences ont été prises dans le cadre du projet de loi rectificative (PLFR3). Il faut maintenant suivre leur efficacité et prévoir un accompagnement jusqu’au retour à la normale ; c’est la reconduction de l’octroi de mer, la réforme de la fiscalité directe. Des questions pour lesquelles il faudra être opérationnel immédiatement car débattues dès le mois d’octobre dans la prochaine loi de finances 2021.

Autre sujet important et qui pour moi est un fil conducteur de mon engagement politique depuis mes années étudiantes, c’est la nécessité d’avancer vers plus d’autonomie pour la Guyane. Le calendrier du Gouvernement n’est pas celui des élus de Guyane. Il est probable que nous n’ayons pas encore de consensus sur une évolution statutaire quand le Gouvernement présentera son projet de révision constitutionnelle. C’est pourquoi il nous faut profiter des projets de loi qui arrivent comme la loi 3D pour arracher des compétences supplémentaires au bénéfice des collectivités. C’était le sens de mon intervention au congrès des élus.
Enfin la poursuite de la mise en œuvre les accords de Guyane qui recoupent beaucoup des sujets déjà évoqués avec le point peut-être le plus important pour moi, les rétrocessions de foncier.
On en parle moins, mais le sénateur est un relai auprès des maires. Vous avez justement travaillé avec eux. Quels sont quelques chantiers majeurs ou aides pour des communes que vous avez fait avancer ?
Au titre de ma réserve parlementaire j’ai fait attribuer 900 000 euros d’aides aux communes de Guyane après avoir consulté leur exécutif. Pour citer les opérations les plus récentes, mes interventions pour le compte de la CTG dans la recentralisation du RSA et RSO, dans le maintien en prélèvement sur recettes des 27 millions d’euros en compensation de la perte équivalente d’octroi de mer, et pour le compte de la mairie de Matoury, le financement de la rénovation de l’AQUAZONIA de Matoury.
Certains de vos détracteurs mettent en avant votre âge pour dire qu'il faudrait laisser la place aux jeunes. Quelle réponse leur apportez-vous ?
Nous n’allons pas élire notre représentant pour un évènement sportif ! La vraie question est de savoir sur quels critères les grands électeurs doivent fonder leur choix.
En ce qui me concerne, la qualité du bilan, mon expérience, mon savoir-faire, ma notoriété. Ai-je apporté de réelles avancées aux collectivités de Guyane ? Mon action a-t-elle été positive et concrète pour elles ?
Vous êtes donc toujours aussi motivé ?
J’ai l’avantage de bien connaître les contraintes de la fonction. Croyez-moi, on ne s’engage pas à la légère. Si je me lance dans cette campagne c’est que j’ai la conviction que je suis à même de faire avancer les dossiers guyanais.
Si vous êtes réélu, vous devrez travailler avec un nouveau sénateur, puisqu'Antoine Karam ne se représente pas. Quel est, parmi les candidats, la personne avec qui vous pourriez le mieux travaillé ?
Je n’ai pas à choisir ni à donner mes préférences. J’ai très bien travaillé avec Antoine Karam et avec Jean-Etienne Antoinette avant lui. Il n’y a pas de raison que ce soit différent la prochaine fois. Simplement, il y a des candidats que je connais aujourd’hui bien voire très bien pour avoir travaillé avec eux, d’autres que je connais pour leur engagement politique de longue date. Pour les autres, nous ferons connaissance si jamais les délégués en décident ainsi.
Est-ce qu'il est juste de dire que vous serez le sénateur de l'Ouest ?
La circonscription sénatoriale couvre toute la Guyane. J’ai pour habitude de travailler avec tous les élus sans distinction aucune et je connais les 22 communes de Guyane. Nonobstant je suis de l’Ouest Guyanais. Electeur à Mana, ancien maire de Mana, ancien Président de la Communauté de Communes de l’Ouest Guyanais que j’ai créé avec Léon Bertrand, j’ai une connaissance parfaite de l’ouest Guyanais et de ses problématiques particulières. Aussi c’est à juste titre que je me considère le mieux à même de les porter.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
1 commentaire

Vos commentaires

tronokar 21.09.2020

Pourquoi ne suis-je pas étonné ?
La soupe est bonne !

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
1 commentaire
A la une