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Rollin Bellony : « Il faut un ministère de la Santé en Guyane »

Archives France-Guyane Jeudi 30 Juillet 2020 - 13h27
Rollin Bellony : « Il faut un ministère de la Santé en Guyane »
Dr Rollin Bellony : "La situation sanitaire en Guyane a toujours été au rouge"

Le docteur Rollin Bellony, président de Pirogues humanitaires, appelle depuis longtemps à une politique sanitaire propre à la Guyane, à l'heure où le projet d'un CHU en Guyane revient dans l'actualité. Nous republions ici notre interview publiée le 21 mars 2016.

Quel est votre regard sur la situation sanitaire de la Guyane ?
"La situation sanitaire en Guyane a toujours été au rouge. Le fonctionnement, c'est qu'à chaque fois qu'on touche le fond au niveau de la finance, on regonfle un peu le budget pour fonctionner de nouveau et de nouveau descendre. En fait, on gère une situation de crise permanente. Or, s'il y a une crise, c'est que le système n'est pas adapté. Pour qu'il n'y ait pas de crise, il faut innover. On ne peut pas soigner une population sans tenir compte de sa culture, de son environnement, de ses pathologies endémiques. On ne peut pas gérer la santé en Guyane comme on la gère en métropole."
Selon vous, par quoi faut-il commencer ?
"Il faut un ministère de la Santé en Guyane. C'est-à-dire un système qui tienne compte, par exemple, de la répartition géographique de la population. Sur le littoral et sur l'intérieur, ce sont deux systèmes d'accès aux soins différents. Il faudrait des hôpitaux internationaux aux deux frontières en collaboration avec le Suriname et le Brésil. À l'intérieur, Maripasoula devrait avoir son hôpital. Et il faut un hôpital phare à Cayenne qui soit un CHU. Fort de cela, il faut former les gens grâce à une université amazonienne."
Vous parlez de « ministère local » , comment cela se met en place dans votre idée ?
"Dans mon idée, il y a la CTG qui est en place. Elle part avec un handicap, j'aurais préféré qu'elle soit sous l'article 74 . Il faudrait un ministère au sein de la CTG qui puisse gérer les problèmes de santé. Il faut une décision politique de santé. On ne parle pas d'indépendance, on parle juste d'organisation au niveau local. Le reste, c'est de l'administratif. Ce qui est important, c'est qu'il y ait une organisation puissante, locale, qui puisse décider des actions à mener au niveau de la santé."
Concernant l'idée des hôpitaux sur les fleuves, on risque de vous opposer le coût...
"Oui, mais la santé n'a pas de prix et les gens paient des impôts. La santé n'est pas une marchandise mais une obligation de l'État. Un Bushinenge ou un Amérindien du Maroni doit avoir les mêmes soins que s'il était à Cayenne. Aujourd'hui, l'accès aux soins est difficile pour lui et il est en danger. Les hélicoptères ne vont pas chercher les patients la nuit. Si vous faites un infarctus en forêt, vous êtes mort."
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3 commentaires

Vos commentaires

g6d 11.08.2020
facile

de critiquer, de proposer des solutions quand on est tranquille à son poste dans l'Hexagone et qu'on ne connait la pratique médicale en Guyane que par des voyages organisés "médicaux.
Le Dr Bellony utilise le même discours paternaliste qu'il dénonce à l'égard des Guyanais. Il agit de la même façon quand il organise ses missions en ignorant les acteurs de santé locaux qui travaillent sur les fleuves.

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CHRIS97320 31.07.2020
Une forme d'autonomie sanitaire

Excellente idée. Tout remettre à plat, donner des moyens décisionnels et des infrastructures. Mais ce ne sera efficient que bien des agents se mettent réellement au travail, si les syndicats acceptent de dépasser leur logique de défense d'intérêts personnels peu glorieux et si la coûteuse hypertrophie administrative de nos hôpitaux est redéployée, mutée vers ces nouveaux besoins à satisfaire, à l'instar de ce qui se fait en métropole. C'est l'inévitable et nécessaire prix pour une offre de soins de qualité. Mais alors, oui, nous pourrons y arriver.

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Mahury 30.07.2020
L'argent des autres

Que d'idées généreuses ! Tant qu'à faire, on soigne même gratis le Surinam et le Brésil voisins ! Avec quel argent ? Celui des autres, bien sûr. Pour ce faire, il suffit de changer de statut et de claquer dans ses doigts.

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