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Le président de la CTG s'exprime

Rodolphe Alexandre : "nous travaillons activement pour que la rentrée se fasse".

Propos receuillis par Hermann ROSE-ELIE Mardi 4 Août 2020 - 07h29
Rodolphe Alexandre : "nous travaillons activement pour que la rentrée se fasse".
"Nous avons pu nous réunir et travailler ensemble dans l’intérêt du territoire avec les parlementaires" affirme Rodolphe Alexandre - DR

De retour de l'hexagone, où il a conduit la mission d'élus guyanais le président de la Collectivité Territoriale revient sur les garanties obtenues auprès de quatre ministères. Il évoque aussi les grands chantiers en cours et à venir.Entretien France-Guyane

Le bilan

Que retenez-vous dans l'ensemble de votre mission dans l'hexagone ?

C’était une mission cohérente, apaisée, transversale et solidaire. Nous avons pu nous réunir et travailler ensemble dans l’intérêt du territoire avec les parlementaires, le président de l’association des maires, et le professeur guyanais Olivier Hermine. C’est peut-être l’une des rares fois depuis de nombreuses années qu’une telle mission s’est déplacée pour rencontrer quatre ministères.

Êtes-vous globalement satisfait des orientations proposées par les ministères concernés ?

Globalement, il y a une belle avancée. Nous avons pu exposer nos objectifs et défendre la Guyane. La question de base était : pourquoi la Guyane, territoire amazonien, qui bénéficie de 11 professeurs des universités – praticiens hospitaliers (PU-PH), qui dispose d’expertises sur les pandémies, sur les maladies dites tropicales, ne puisse pas avoir aujourd’hui une élévation de son offre de soins au niveau de ses trois hôpitaux, et en même temps un accompagnement scientifique pluridisciplinaire ?

Non seulement nous avons obtenu qu’une mission d’inspection générale pluridisciplinaire se déplace dès septembre et rende son rapport avant la fin de l’année, mais aussi que nous participions en amont à l’élaboration de son cahier des charges. C’est l’assurance pour nous qu’il ne s’agira pas d’une énième mission qui ne se rendrait pas là où sont réellement les besoins ou qui ne rencontrait pas les bons interlocuteurs.

Nous sommes satisfaits mais nous restons vigilants et déterminés. Nous irons jusqu’au bout. Nous nous fixons comme objectif 2022, date à laquelle sortira de terre le bâtiment de recherche de l’université et celui de l’hôpital.

Toutes les planètes seront alignées. On sait quel chemin nous devons emprunter pour y arriver. Nous savons quels financements nous pouvons engager aux côtés de l’État. L’université est favorable aux démarches que nous voulons entreprendre, que ce soit au niveau du Président que des doyens.

La partie la plus complexe reste la partie clinique : ouverture des postes, attractivité du territoire pour les chefs cliniciens ou les maîtres de conférence par exemple. Il faut que les postes soient pourvus, que le matériel vienne et que le personnel soignant guyanais soit formé.

Qu'est-ce qui vous a marqué durant ces échanges avec les représentants du gouvernement ?

Il faut reconnaître que les rapports ont été très durs avec le ministre des Solidarités et de la Santé. Nous avons failli partir sans nous entendre, mais la sagesse et la consistance du professeur Olivier Hermine ont permis de décanter la situation. En tenant compte de notre argumentation, le ministre a fini par comprendre que nous étions vraiment déterminés pour aboutir sur ce projet.

Pourquoi a-t-il fallu attendre la pression d'un collectif pour en arriver à cette "écoute gouvernementale" ?

Le dossier du CHU est apparu en 1997. Il est réapparu en 2002 et en 2005. Il a été intégré aux Accords de Guyane de 2017 puis défendu par les agents hospitaliers lors d’une grève de plusieurs semaines en 2017.

Il faut rappeler que la santé n’est pas une compétence gérée totalement par la CTG. Malgré cela, nous avions établi des passerelles avec les ministères mais la définition n’était pas suffisamment précise.

Si aujourd’hui nous nous en sommes saisis davantage, c’est parce que le coronavirus nous a fait aller au-delà de nos compétences et nous a permis de mieux voir les failles de notre système de santé. Nous avons tenu, et non subi, des réunions avec tous les acteurs concernés par la création d’un CHU en Guyane.

Nous nous sommes inscrits dans une démarche véritablement solidaire et collective. Aujourd’hui, jamais un tel diagnostic n’avait été présenté aux ministères. Il ne faudrait pas essayer de nous diviser les uns et les autres ! Si pression il y a eu, c’est celle de la pandémie !
Quelles garanties ?

Qu'est-ce qui vous garantit que ces annonces vont se concrétiser réellement ?

Ce qui m’intéresse c’est le calendrier, que ce soit au niveau des objectifs que nous nous sommes fixés qu’au niveau budgétaire. Encore une fois, nous sommes déterminés et je sais que nous allons tous collectivement réussir.

La crise sanitaire

Vous souhaitiez un hôpital de campagne avec un support de réanimation, vous regrettez de ne pas avoir été entendu ?

Ce n’est pas tout à fait cela. Nous avons été écoutés, mais le gouvernement a préféré l’hypothèse de l’ESCRIM, qui permettait de désengorger les hôpitaux en séparant les patients COVID des patients hors COVID. On a bien compris que Paris se réservait l’Élément Militaire de Réanimation (EMR) de type Mulhouse.

Mais l’EMR ce sont des moyens matériels mais aussi des moyens humains. Donc nous avons été entendus en partie car 22 médecins militaires ont alors rejoint la Guyane pour renforcer le personnel soignant, notamment sur Saint-Laurent du Maroni.

Votre conseil scientifique reste en place jusqu'à quand ?

Tout d’abord, je me réjouis une nouvelle fois de la mise en place de ce conseil scientifique. Aucun autre département, aucune autre région de France ne l’a fait. Je profite de cet entretien pour remercier tous ces médecins et tous ces spécialistes qui apportent leur savoir, leur expérience et leurs connaissances pour l’intérêt des guyanaises et des guyanais.

Le conseil scientifique restera en place jusqu’à l’installation du Comité Territorial de Promotion de la Santé (CTPS), qui est essentiel aux côtés de la CTG.

Ses décisions concerneront tout ce qui peut toucher à la santé, à la médecine ou à la recherche, et il aura pour rôle d’être un véritable correspondant des professionnels de santé. Nous laisserons le temps au temps.
La rentrée scolaire

Quid de la rentrée scolaire prévue dans un mois maintenant, vous ouvrirez les collèges et lycées ?

Nous aurons le temps, d’ici le 20 août, d’apporter de vraies solutions et de présenter les dispositions qui seront mises en place pour assurer une rentrée scolaire en toute sérénité et en toute sécurité. Ce que je peux vous indiquer aujourd’hui, c’est que nous travaillons activement pour que la rentrée se fasse.

Au niveau économique, quel est le budget engagé par votre collectivité pour soutenir nos entreprises ?

Plusieurs fonds ont été mobilisés. Tout d’abord, avec la création du Fonds d’urgence des Territoires, la participation au volet 2 du Fonds de solidarité nationale, et la mise en place du Prêt rebond BPI France, ce sont 27 millions d’euros qui ont été engagés pour accompagner nos socioprofessionnels.

Ensuite, via le FEADER, fonds européen agricole pour le développement rural, ce sont 3 millions d’euros qui ont été fléchés pour nos agriculteurs, et 3 millions d’euros sur fonds propres CTG pour le secteur de la pêche (armateurs ou transformateurs des produits de la mer).

Au-delà du monde économique, nous avons mobilisé près d’1 million d’euros pour les étudiants qui ont été utilisés soit pour les faire revenir sur le territoire, soit pour le déblocage d’aides financières exceptionnelles. Ensuite, l’aide alimentaire que nous avons apporté sur tout le territoire représente un budget de 500k€, et plus de 400 000 masques de protection ont été distribués par la collectivité.
L'avenir

La CTG pourra-t-elle accompagner la relance dans ce contexte sanitaire et économique ?

Je vous inviterai prochainement pour pouvoir vous présenter « l’après COVID » sur lequel nous travaillons. Mais la plupart de nos chantiers ne se sont jamais arrêtés.

Les commissions d’appel d’offres se sont poursuivies. Les commissions permanentes se sont tenues. Jusqu’à aujourd’hui, la CTG est très présente et très mobilisée malgré la crise pour que la commande publique ne faiblisse pas et que notre programmation pluriannuelle d’investissements se tienne.

Une partie de la vie culturelle, sportive s'est arrêtée. Aurez-vous les moyens d'accompagner tous les secteurs ?

Il est vrai qu’avec certains secteurs du monde économique, le secteur du sport et celui de la culture souffrent durement depuis le début de la crise. Nos commissions d’attribution de subvention ont eu lieu.

Une nouvelle campagne, notamment pour la culture, aura lieu à la rentrée. Nous étudierons tous les dossiers, quelque soit les difficultés rencontrées. Il faudra également que l’État et les communes répondent présents.

Sur le plan politique, les sénatoriales approchent à grand pas, qui soutiendrez-vous parmi les candidats annoncés ?

Il est encore un peu tôt. Sait-on aujourd’hui si tous les candidats sont déclarés ? Mon parti, Guyane Rassemblement, se réunira d’ici début septembre pour déterminer à qui il apporte son soutien.

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3 commentaires

Vos commentaires

g6d 06.08.2020

Quand l'épidémie n'avait pas touché la Guyane il a maintenu les écoles fermées. Comment justifiera t il leurs réouvertures ?

Répondre Signaler au modérateur
aouara 05.08.2020

« Travailler activement pour que la rentrée se fasse »dit-il mais aucun signe du côté des établissements. On attend peut-être début septembre pour installer des laves mains, organiser la répartition en effectifs réduits des salles de classe, de préparer les lieux de restauration pour respecter la distanciation sociale etc etc....
Pensez vous, on ne va quand même interrompre les vacances prolongées des agents voyons!!nos chers électeurs.

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MartinEden 05.08.2020
Amen

"Nous aurons le temps, d’ici le 20 août, d’apporter de vraies solutions et de présenter les dispositions". Interview datée du 4 aout soit 16 jours avant l'annonce de vraies solutions ? Elles sont déjà connues ou bien il faut attendre un miracle.

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