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POLITIQUE

Qui est Steve Blacodon, candidat aux sénatoriales ?

Propos recueillis par Pierre Rossovich Vendredi 28 Août 2020 - 07h54
Qui est Steve Blacodon, candidat aux sénatoriales ?
Steve Blacodon, 55 ans, chef d'entreprise, ancien policier judiciaire, vise le poste de sénateur.

Dans un mois précisément, les grands électeurs de Guyane éliront les nouveaux sénateurs du territoire (voir encadré). Antoine Karam a déjà annoncé qu’il se retirait, et les autres candidats devraient être connus dans les prochains jours. Georges Patient devrait briguer un nouveau mandat et Marie-Laure Phinera-Horth est dans les startings blocks. Samuel Marie-Angelique serait aussi en lice. Un candidat, moins connu du grand public que les deux premiers, s’est déjà positionné : Steve Blacodon. À 53 ans, ce chef d’entreprise se lance dans la politique. France-Guyane est allé à sa rencontre pour en savoir plus.

Qui est Steve Blacodon ?
 
"Je suis un père de famille. J’ai deux enfants, un fils qui est opticien et une fille qui est en école de kiné. Né en Guyane, je suis Cayennais avec des attaches à Saint-Laurent. J’ai passé une partie de mon enfance dans le XVIIIe arrondissement de Paris, jusqu’en classe de 6e. Puis retour en Guyane, au collège Zéphir, et ensuite au lycée Félix-Eboué où j’ai passé mon bac. Je suis aujourd’hui un entrepreneur engagé dans le développement économique de mon territoire. Je dirai que je suis avant tout un humaniste mais aussi un économiste. Je suis pour le développement par le travail, donc par l’entreprise."
Vous êtes également un ancien officier de police judiciaire ?
 
"Oui. Après le bac, j’ai été recruté par la gendarmerie. Je suis resté une dizaine d’années dans la gendarmerie mobile dans l’Hexagone. J’ai connu les campagnes de la Nouvelle-Calédonie, à l’époque des troubles. J’ai aussi été prévôt durant la première guerre du Golfe. Tout cela m’a valu d’être plusieurs fois médaillés national…En 1995, je suis arrivé en police. Je rentre en Guyane en 1999 et passe officier de police judiciaire à partir de 2000, à la brigade des stupéfiants."
Vous vous reconvertissez ensuite dans l’ entrepreneuriat ?
 
"En effet, en 2005, je me suis lancé dans la création d'entreprises ce qui m'a permis de contribuer activement au développement économique de la Guyane et de créer de l'emploi."

"Rapprocher le monde politique du monde économique"

Pourquoi briguer le mandat de sénateur ?
 
"Pour rapprocher le monde politique du monde économique. De par mon expérience, je compte décliner mon action en trois axes : la fiscalité, le développement économique, et la sécurité des biens et des personnes."
Quelle expérience politique avez-vous pour vous lancer dans une telle élection ?
 
"Je pense que chaque individu a une expérience politique, puisqu’il participe à l’organisation de la cité. Je n’ai pas de mandat électif, mais je pense que beaucoup d’hommes et de femmes politiques se retrouvent dans mon discours. Nous avons la même motivation, celle de développer la Guyane. Sans pour autant nier ce qui a été fait. On n'est pas là pour combattre les choses du passé, mais pour s’en servir et proposer des solutions nouvelles pour le bien de tous."
Avez-vous déjà participé de près où de loin à des élections locales ?
 
"J’aurais pu être sur diverses listes, notamment pour les dernières municipales. Je n’ai pas voulu y aller, car j’avais déjà l’intention de me présenter aux sénatoriales. C’est l’endroit où je pense être le plus utile."
Il se dit de vous que vous êtes un homme de réseaux ?
 
"Disons que de par mon expérience professionnelle, gendarmique d’abord et ensuite en police, j’ai tissé des liens solides. Je pense pouvoir faire bénéficier la Guyane de ce circuit mais également les collectivités de Guyane à trouver des financements beaucoup plus facilement. Et surtout à trouver des financements alternatifs. "
Quelle différence faites-vous entre réseau et lobbying ?
 
"Le réseau est d’abord un "réseau d’amis". Le lobbying c’est influer par d’autres moyens. Mon réseau est essentiellement constitué de personnes avec qui j’ai travaillé, et avec qui je partage la motivation de développement de nos territoires respectifs."
Quelles sont les idées fortes de votre programme ?
 
"Tout d’abord la fiscalité. Au niveau national, la réforme de la fiscalité va permettre de procurer un bien-être à l’ensemble de la population mais surtout aux collectivités locales, puisque la Dotation Globale de Fonctionnement va augmenter. Il existe en France environ 37 millions de foyers fiscaux. Seuls 17 millions de foyers contribuent réellement à l’impôt. Il faut réformer l’impôt pour que celui-ci soit plus juste. Il faut que l’ensemble des foyers fiscaux participent à l’effort national. Nous pouvons supprimer l’exonération fiscale pour peu que l’impôt devienne juste. Je vais proposer que les foyers fiscaux paient beaucoup moins d’impôts, à condition d’avoir une assiette fiscale beaucoup plus large. Aujourd’hui, l’assiette fiscale sur l’impôt sur le revenu c’est à peu près 77 milliards €. On peut passer à 124 puis à 197 milliards sur quelques années, en payant moins. "
Ce sont donc des idées qui concernent le national et pas que le local ?
 
"Il faut d’abord changer la matrice pour pouvoir bénéficier d’un maximum d’aides pour la Guyane. Si on augmente l’assiette fiscale, la Guyane en bénéficiera mécaniquement. Pour la Guyane, nous allons devoir proposer des lois ou des règlements « péyi »."
Au delà de la fiscalité, de quoi a besoin la Guyane pour décoller ?
 
"La Guyane a besoin de grands projets. La route de l’Ouest est un bon exemple. Il faut équilibrer les choses : si on accorde plus de 300 millions € de défiscalisation à certains projets industriels, on peut mettre la même chose sur la route de l’Ouest, d’Apatou jusqu’à Maripasoula. C’est un projet que je défendrai, car cela représente 3% de croissance pour la Guyane. C’est un moyen de désenclaver et de relancer l’économie. On parle de cette route depuis 1992, il est temps."
Que pensez-vous du projet de CHU qui se débloque enfin ?
 
"Là encore, c’est une demande de longue date. Nous avons bien sûr droit à une offre équitable et juste en matière de santé. Je suis pour une offre de qualité. Si un CHU le permet, je suis pour."

"Je suis pour la mise en place d’une police de l’immigration"

Avec la crise sanitaire, l’immigration est encore plus décriée. Quel est votre avis ?
 
"L’immigration incontrôlée dont souffre la Guyane est la même que dans l’Hexagone. Avec des personnes qui quittent tout pour fuir la misère. Même si la Guyane n’a pas les moyens d’accepter tout le monde, nous avons un devoir, en tant qu’être humain, d’accueillir tout ceux qui souffrent. Il faut mieux organiser tout cela. Je suis pour la mise en place d’une police de l’immigration, qui traiterait ce problème de manière uniquement administrative. Aujourd’hui, on demande à la police nationale d’avoir ce rôle. Je sais que cela devient difficile à supporter pour la population, car certains confondent immigration et délinquance. Mais le Guyanais a un grand cœur. Il n’est pas de nature à se laisser influencer."
Est-ce que l’Etat et les collectivités ont assez soutenu les entreprises durant la crise sanitaire ?
 
"Les collectivités locales ont joué un rôle majeur, avec les moyens qu’elles ont. Surtout en devant inventer -ou réinventer- un système juridique qui n’existait pas avant la crise. Je ne peux que les féliciter."
Le plan de relance économique est basé essentiellement sur la commande publique. Est-ce un problème ?
 
"On sait que la commande publique est financée uniquement par les taxes, l’octroi de mer pour nous. C’est une solution palliative qu’il faut accompagner.
Cela fait vivre des familles, mais n'apporte pas suffisamment de croissance : Si on veut relancer l’économie, il faut accentuer le développement de l'entrepreneuriat. La proposition que je ferai au gouvernement sera de financer le début d’activité de tout créateur d’entreprise. Ce qui ne se fait pas aujourd’hui, puisque les subventions ne financent pas les stocks, par exemple. Si on doit remplacer les 200 à 300 000 petites et moyennes entreprises qui vont disparaître d’ici la fin de l’année, il faudra des mesures intelligentes. Prévoir un fond pour démarrer, quelque soit l’activité."

Un autre axe important de votre programme : la sécurité des biens et des personnes
 
"Il faut préserver l’autorité de l’État en protégeant les forces de l’ordre et créer une légitime défense spécifique. Il n’existe pas en France de légitime défense pour les officiers et agents de police judiciaire. Je ferai une proposition de loi selon laquelle ces agents et officiers, lorsqu’ils font face à un individu armé, sont en état de légitime défense.
Une population qui est en sécurité se sent en confiance, cela permet mécaniquement de participer à la vie économique. "

Quelle différence ferez-vous avec Georges Patient ?
 
"Je ne connais pas le programme de M.Patient. Cependant, il reste une référence. Si j’étais élu, je le consulterai, comme M. Karam et d’autres. Nous ne sommes pas dans une confrontation d’hommes mais d’idées. Dans tous les cas, la Guyane a besoin du concours de tous ses élus et parlementaires quand bien même les courants divergent. Privilégions l'union, nos enfants l'exigent."
Ce sont les grands électeurs qui élisent les sénateurs. De quels soutiens bénéficiez-vous ?
 
"Je bénéficie de plusieurs soutiens solides que je révélerai en temps et en heure."
 
Mode d'élection des sénateurs

Le Sénat est le représentant des collectivités.

Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par des grands électeurs. Dans chaque département, les sénateurs sont élus par un collège électoral de grands électeurs formé d'élus de cette circonscription : députés et sénateurs, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers municipaux, élus à leur poste au suffrage universel.

Un sénateur est élu pour un mandat de 6 ans.

Le nombre de sénateurs élus dans chaque circonscription varie en fonction de la population : 2 pour la Guyane, 1 pour la Lozère, 5 dans le Bas-Rhin, 12 à Paris...

Les modes de scrutin

Selon le nombre de sièges à pourvoir, les sénateurs sont élus au scrutin majoritaire à deux tours (circonscriptions désignant 1 ou 2 sénateurs) ou au scrutin de liste à la représentation proportionnelle (circonscriptions désignant 3 sénateurs ou plus.)

(source : senat.fr)
 



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2 commentaires

Vos commentaires

mikeromeo 29.08.2020

Encore un mec qui veut des routes partout pour donner du fric à ses copains du BTP.

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Nathyana 31.08.2020

Commentaire d'une rare intelligence !
Vous préférez vous déplacez d'arbre en arbre ?
Quel rapport avec l'histoire de copains puisque tout passe par des marchés publics ?

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