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« Parfois il y a eu plus d'avancées avec la droite »

Propos recueillis par Kerwin ALCIDE Mardi 30 septembre 2014
Quelques heures après sa victoire aux sénatoriales, Antoine Karam s'est retrouvé devant ses élèves qu'il doit désormais abandonner (HG)

Avant de rejoindre le palais du Luxembourg pour l'installation des sénateurs demain, Antoine Karam a accepté de présenter sa feuille de route. Entretien.

Quels sont les dossiers qui vont vous occuper au début de votre mandature au Sénat ?
D'abord, il faut s'installer, prendre ses marques dans une institution que je ne connais pas. C'est la première fois que je vais m'asseoir, non pas dans les tribunes, mais dans les sièges cousus du palais du Luxembourg. En ce qui concerne les dossiers, il y a la maîtrise définitive du foncier, qui est pour moi une arlésienne même si des efforts ont été faits. Il faut rétrocéder le maximum de foncier aux collectivités. Derrière le foncier, il y a la ressource. La ressource du sol, du sous-sol et la fiscalité du foncier quand on sait que l'État est propriétaire de 80% du foncier et ne paie pas de fiscalité sur le foncier non-bâti. Pour accompagner ce transfert de foncier vers les collectivités, il faut poursuivre les travaux qui ont été faits par mes prédécesseurs et notamment le sénateur Patient. Aucune collectivité de Guyane ne pourra exister, survivre et être en état d'investir si elle n'a pas la ressource minimum.
Sera-t-il facile de manoeuvrer dans un Sénat placé à droite ?
Je suis un homme de gauche mais je ferai remarquer, objectivement, que parfois il y a eu plus d'avancées avec la droite qu'avec la gauche, qui n'a peut-être pas compris notre combat. Le principal problème de la Guyane est son retard de développement. Si ma présence au Sénat consiste à m'asseoir sous les lambris de la République et à voter pour une majorité ou être dans l'opposition, ça ne m'intéresse pas. Je veux porter la parole de la Guyane auprès des instances nationales et internationales. Si parfois il faut aller à contre-courant des décisions qui relèvent d'une discipline de groupe, je le ferais. Ce qui compte pour moi, c'est l'intérêt supérieur de la Guyane.
Pendant dix-huit ans vous étiez à la tête de la Région. N'avez-vous jamais eu envie de briguer un poste de parlementaire ?
Je n'ai jamais voulu être à la fois président d'une collectivité locale et être à Paris. Les conditions sont réunies aujourd'hui pour que je représente la Guyane en lien étroit avec les collectivités, les élus quels qu'ils soient, les socioprofessionnels et les syndicats. Je ferai mon travail de militant.
Mais les Antilles ont eu des présidents de collectivité qui étaient aussi parlementaires ?
Vous avez vu comme ça fonctionne très mal. Vous avez observé que le ministre Lurel est revenu très vite sur son territoire. Quand vous êtes éloigné, isolé, on vous oublie.
Le Parti socialiste guyanais compte désormais deux parlementaires. Quelles sont les ambitions pour la collectivité territoriale ?
Je ne suis pas membre de la direction du Parti socialiste guyanais mais le PSG sera certainement présent lors de la future échéance. Laissez le temps à la secrétaire générale du parti d'afficher les ambitions et les stratégies du parti.
Le PSG est-il suffisamment fort pour aller seul à cette échéance ?
J'ai mon point de vue. On n'est jamais fort tout seul, on est fort collectivement. Sur la base de valeurs que nous avons, que nous représentons, il est possible de pouvoir travailler avec d'autres personnalités, d'autres courants politiques qui relèvent de notre famille politique.
Cela veut dire qu'il pourrait y avoir des ententes...
Je l'espère en tout cas. Je pense à l'unité de mon pays plutôt qu'au sectarisme. J'ai toujours été un adepte de l'ouverture.
Une ouverture avec Rodolphe Alexandre ?
Je ne sais pas, je ne peux pas répondre à ce stade. Il y a des personnes de très grande qualité dans ce pays, valorisons-les au lieu de les combattre.
Georges Patient : « On a bien travaillé »
Que vous inspire cette victoire ?
C'est la victoire d'une équipe qui a su fédérer. Avec Marie-Laure Phinéra-Horth, nous avons la même façon de voir les choses. Nous avons des équipes municipales très ouvertes. Les électeurs ont apprécié. Je continuerai de mener cette mission comme je l'ai fait depuis six ans.
Quels seront vos premiers chantiers ?
Mon premier chantier sera la continuation de ce que j'ai fait : les finances locales et la suite de mon rapport. Les propositions sont en train d'être étudiées par le gouvernement. Dès mardi (aujourd'hui), j'ai une réunion sur le sujet. Le second chantier, ce sera l'adaptation des lois aux réalités guyanaises. L'an prochain, nous avons les élections à la collectivité unique. C'est l'occasion d'étudier le cadre institutionnel.
Confirmez-vous que vous abandonnerez votre fauteuil de maire de Mana en 2017 pour vous conformer à la loi sur le non-cumul des mandats ?
Je n'ai pas cessé de le répéter et je le répète : je ne garderai que le mandat de sénateur. J'ai pu mener ces deux mandats sans problème. C'est parce que c'est une mesure législative que j'abandonnerai mon poste de maire.
Cette réélection a-t-elle une saveur particulière ?
C'est un grand plaisir et une grande incitation à oeuvrer pour la Guyane. Quand on vous accorde un second mandat, c'est qu'on a bien travaillé. J'ai été réélu sur mon bilan. Je ne peux qu'être satisfait.
REPÈRES - Les résultats des sénatoriales
Premier tour
Inscrits : 475, votants : 458, exprimés : 453.
Georges Patient : 255
Antoine Karam : 142
Jean-Étienne Antoinette : 138
Hubert Contout : 113
Jocelin Ho-Tin-Noé : 108
Gamal Hooseinbux : 71
Second tour
Inscrits : 475, votants : 468, exprimés : 457.
Antoine Karam : 178
Jean-Étienne Antoinette : 133
Jocelin Ho-Tin-Noé : 112
Hubert Contout : 34