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peuples autochtones

« On sait qu’on n’est pas seul »

Mardi 07 mai 2019
« On sait qu’on n’est pas seul »
Christophe Pierre, vice-président du Grand conseil coutumier (GCC) et Claudette Labonté, suppléante de Jean Nacis au GCC était à New-York fin avril pour assister à la 18e session de l’Instance permanente des Nations Unies. - Angelique GROS

De retour de la 18e session de l’Instance permanente des Nations Unies, sur les questions autochtones, Christophe Pierre a accepté de répondre à nos questions.

Quel bilan tirez-vous de votre présence à

la 18e session de l’Instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones ?

Les interventions que nous avons faites sont archivées et des recommandations seront faites à destination de tous les membres des Nations unis mais là où les choses se jouent réellement c’est dans les couloirs. C’est là où on tisse des liens et on découvre des initiatives et des communautés qui ont réussi à faire changer les choses dans leur pays. Ça donne plein d’idées et plus d’espoir pour continuer le combat car on sait qu’on n’est pas seul : il y avait 1 000 représentants autochtones !

Vous avez notamment interpellé

le Mécanisme d’expert sur les droits

des peuples autochtones (Medpa).

Le Medpa a la possibilité de faire des missions dans les communautés ou dans les états afin d’avoir un rôle de médiation et pour trouver des solutions pour l’application des peuples autochtones. On s’était déjà mis d’accord avec le grand conseil coutumier pour les interpeller sur la cession des 400 000 hectares car la France dit qu’elle ne sait pas restituer des terres à un peuple. Elle va donc le faire au travers d’un établissement public et c’est pour répondre au questionnement autour de tout ça qu’on sollicite le Medpa. Fin mars, on a eu une première réunion de travail avec Érika Yamada, l’une des expertes du Medpa, qui a notamment accompagné les travaux sur l’élaboration des protocoles de consultation à Oiapoque. Nous devons maintenant envoyer le formulaire de demande officielle de saisine du Medpa.

Vous souvenez-vous d’un temps fort ?

Parallèlement à l’instance permanente, j’ai participé au cocus des jeunes autochtones d’Amérique du sud durant lequel on a nommé deux référentes : une Brésilienne et une Colombienne. Leur objectif est de se mettre en lien avec les responsables du pôle jeunesse de chaque grande organisation de chaque pays d’Amérique du sud et d’organiser une tournée pour aller à la rencontre des jeunes autochtones.

Suite à la sommation du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, la France a répondu qu’elle estime que l’ensemble des Guyanais a été consulté dans le cadre du débat public organisé en 2018 par rapport au projet de Montagne d’or. Qu’en pensez-vous ?

C’est assez simple, le débat publique ne peut pas être considéré comme une consultation des peuples autochtones. La France répond à côté de la sommation du Cerd.

Le premier sommet mondial des peuples autochtones doit avoir lieu l’année prochaine en France, comptez-vous y prendre part ?

C’est l’un des engagements d’Emmanuel Macron et l’une des positions contradictoires de la France : ils organisent un sommet des peuples autochtones alors que nous ne sommes pas reconnus… On pensait que c’était terminé avec la démission de Nicolas Hulot mais puisque c’est maintenu on va prendre pleinement partie dans l’accompagnement de cette initiative.

Le ministre de la Transition écologique et

solidaire, François de Rugy, doit venir en Guyane en juin, qu’attendez-vous de

sa visite ?

De mon côté je n’attends plus grand chose de l’état français mais il faut des points d’avancement sur les 400 000 hectares, sur l’application du protocole de Nagoya et sur l’élaboration de l’agence régionale de la biodiversité à laquelle nous devons être pleinement associés. Il y a eu une réunion dernièrement sur les grands fleuves de Guyane à la CTG et on n’a même pas été associés à ça… Cette année notre priorité c’est de faire comprendre ce qu’est une consultation réelle et ce qu’est le consentement préalable et éclairé !

Qui se chargera de l’organisation de la journée des peuples autochtones cette année ?

Là aussi il y a un gros travail de démystification puisque les journées des peuples autochtones n’appartiennent pas à la CTG. Aujourd’hui il s’agit de trouver un équilibre et que nous puissions aussi parler des thématiques qui nous touchent. On n’est pas là pour mettre des plumes et qu’on nous prenne en photo.

Vous avez lancé une campagne de crowdfunding la semaine dernière avec les Jeunesse autochtones pour financer Kuwenejaï, je te vois, je te regarde, un projet de cinéma itinérant…

Depuis deux à trois ans, on va dans les villages pour proposer des films en rapport avec le monde autochtone qui permettent une ouverture sur le monde ou qui ont été réalisé par des amérindiens.

On a lancé une collecte de dons la semaine dernière pour acheter du matériel qui servira à projeter les films et un kit de

tournage pour produire du contenu.

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