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Éric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations

« Nous sommes un aménageur du territoire »

Lundi 14 Octobre 2019 - 03h05
 « Nous sommes un aménageur du territoire »
Eric Lombard, directeur général de la Caisse des Dépôts - Frédérique Plas

Éric Lombard est arrivé en Guyane hier. Il profitera de cette venue pour signer des conventions (partenariat, investissements, prêts), visiter des projets réalisés ou en cours de développement qui témoignent des actions de la Banque des Territoires dans la lutte contre les inégalités sociales et les fractures territoriales.

Qu’est-ce que la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et quel est son rôle ?

C’est une institution publique qui est placée sous la protection du Parlement. Les fonds que nous gérons qui sont essentiellement les fonds de l’épargne populaire — c’est-à-dire le livret A et le LDDS — et les dépôts des notaires, nous les prêtons en général à très long terme. Les taux sont indexés sur le niveau du livret A. Nous investissons aussi en fonds propres, c’est-à-dire que nous sommes associés au capital de sociétés d’économie mixte, de sociétés immobilières... qui portent les projets que nous accompagnons sur les territoires.

Que représente la CDC dans nos territoires ?

Notre présence est importante dans tous vos territoires. Par exemple, l’année dernière, nous avons prêté au logement social et aux collectivités locales 320 millions d’euros, en particulier pour construire ou réhabiliter 4 000 logements. Par ailleurs, en fonds propres, nous avons investi 7 millions d’euros. Nous sommes présents à travers les 20 collaborateurs de la Banque des Territoires qui n’est pas une filiale de la Caisse, mais un de ses cinq métiers au service du développement des territoires. Nous sommes encore directement représentés à travers nos filiales (BPIFrance dont nous détenons 50 %, Egis, Icade) et leurs 38 personnels. Nous sommes aussi actifs via notre collaboration avec l’Agence française de développement (AFD).

Votre visite en Guyane démarre par une rencontre avec le président Alexandre. La Collectivité (CTG), qui a retrouvé des capacités d’autofinancement, se prépare à contracter un emprunt. Serez-vous partie prenante ?

Nous allons en parler avec le président. Nous sommes à la disposition des collectivités locales pour réfléchir sur leurs financements. Après, c’est leur décision, bien sûr. En 2016, la CDC et l’AFD ont proposé un financement à la CTG de 53 millions qui finalement ont été apportés par l’État sous forme de subvention. Aujourd’hui, il y a des échanges entre la CTG, la chambre régionale des comptes (CRC) et l’État sur une évolution de la prise en charge du RSA (revenu de solidarité active) d’une part et du refinancement de la part d’octroi de mer versée aux communes d’autre part. Le référé de la Cour des comptes demande à ce que les prêteurs publics (AFD et CDC) regardent le dossier. C’est dans ce sens que nous rencontrerons le président Alexandre : pour étudier les sollicitations que la CTG pourra nous faire pour ses besoins.

Saint-Laurent, où vous vous rendez aujourd’hui, fait l’objet d’un vaste programme d’urbanisme. Là aussi, vous êtes des financeurs...

À Saint-Laurent du Maroni, où je suis content de revenir puisque la dernière fois que j’y suis allé, c’était il y a trente ans, nous sommes sur le très grand chantier Action cœur de ville, un programme national, pour revitaliser le centre. Nous finançons l’expertise pour tout ce qui est lié au transport, y compris sur le fleuve. Par ailleurs, nous avons financé le nouvel hôpital – le Chog – en prêtant 47,5 millions d’euros et le projet hôtelier sur l’ancien hôpital va nous être présenté. Avec la Simko, dont nous sommes actionnaires — via notre filiale CDC Habitat –, nous allons construire dans les mois qui viennent près de 452 logements sur la zone de Saint-Maurice. C’est du financement direct qui est injecté par la Banque des Territoires. Derrière, nous participons aussi puisque nous essayons de construire des accords avec les acteurs du BTP pour les pousser à s’ancrer sur le territoire de Guyane en leur assurant, grâce à la programmation pluriannuelle des bailleurs sociaux, un business sur les années qui viennent. Conforter ces entreprises sur le territoire, ce sont des effets indirects des financements sur fonds d’épargne que nous injectons en Guyane.

Êtes-vous partie prenante de l’opération d’intérêt national (OIN) ?

La CDC, à travers la Banque des Territoires, intervient comme financeur dans tout le logement social, comme avec notre opérateur CDC Habitat qui est devenu actionnaire des SIDOM (sociétés immobilières d’Outre-mer, telles la Siguy et la Simko, NDLR). L’OIN en Guyane est portée par l’Établissement public foncier e

et d’aménagement en Guyane (Epfag) que nous finançons par des prêts Gaia de très long terme. L’Epfag prépare sur des plans pluriannuels la mise à disposition du foncier, son aménagement et sa viabilisation avant de les revendre aux bailleurs sociaux ou aux promoteurs qui programment la construction des logements.

Vous êtes aussi partenaire de l’entreprise Voltalia dont vous allez inaugurer une centrale à Sinnamary...

Nous sommes associés à 20 % au capital de l’entreprise. La centrale photovoltaïque de Sinamary est un projet très important de 4 MW et de 15 millions d’euros.

Vous avez encore aujourd’hui une séquence importante à Kourou...

Nous allons signer plusieurs conventions sur des produits nouveaux, que nous avons lancés récemment. Il s’agit d’un Mobi Prêt qui va par exemple financer à PK6 la pose de 2,5 km de voies. Nous avons aussi constitué un édu Prêt, qui financera la réhabilitation des écoles de la ville, du restaurant scolaire Maripas. Dans la catégorie prêts au secteur public local, nous finançons divers projets de la ville comme la mise aux normes du complexe omnisports, la construction de trois vestiaires à la plaine de jeux... À Kourou, le programme Territoires d’Industrie, auquel nous participons avec l’État et la collectivité, a pour ambition le développement économique avec la diversification de l’industrie hors du spatial et l’émergence de nouvelles filières...

Mardi matin, de quoi allez-vous parler avec le maire de Cayenne ?

Le plus gros projet, c’est un prêt de 5 millions d’euros pour le financement des réseaux d’eau de l’agglomération. Nous avons également des travaux d’ingénierie sur la rénovation de la ville pour laquelle nous avons engagé 30 000 euros, notamment sur la rénovation des trottoirs et de l’espace public qui est réalisée par Egis, une filiale de la CDC.

Un dîner républicain était à votre programme hier soir. Ce type de rencontre est-il important ?

C’est essentiel ! En fait, le métier de la CDC, c’est qu’en réalité, nous sommes un aménageur du territoire par nos financements, notre ingénierie, notre participation au capital de sociétés. Ce travail, nous le faisons avec les élus, les représentants de l’État car ce sont eux qui sont à l’initiative des projets. Donc, quand je me déplace, je suis très attentif à avoir ce type de dialogue avec les élus locaux, les chefs d’entreprise pour les écouter en direct, mieux comprendre leurs projets pour mieux les accompagner.

Vous achèverez votre déplacement dans la région samedi à Saint-Martin où vous allez signer un pacte qui intéresse la Guyane...

Nous retrouverons Philippe Gothland, président de Figedis (La Palette, Batica, Brico Soleil, NDLR), pour visiter la première opération immobilière que nous avons accompagnée à Grand-Case, le magasin Grand-Maison. Ce sera aussi l’occasion de signer dans ce magasin les statuts et le pacte d’associés de notre prochaine opération, ensemble, à Cayenne, ce qui va lui permettre d’accélérer son projet sur Saint-Laurent du Maroni. Compte tenu du succès qu’on a connu ensemble, lui en tant qu’exploitant et nous en tant que co-investisseurs, on a envie de continuer à travailler avec lui et concourir au développement de l’emploi. A Grand-Case, il s’agit de plusieurs dizaines d’emplois.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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1 commentaire

Vos commentaires

Gérard Manvussa 14.10.2019

A chaque fois qu'un gugusse arrive en Guyane, on a droit à son interview par France-Guyane et à son invitation au journal de Guyane 1ère. Ca vend de la soupe...

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