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3 questions à... Lénaïck Adam, député

« Nous pouvons reprendre l’écriture d’une page d’histoire »

Samedi 11 mai 2019
« Nous pouvons reprendre l’écriture d’une page d’histoire »
La stèle de l'esclave est implantée à côté de la rivière Nianzé, en Côte d'Ivoire, où les esclaves étaient baignés avant de rejoindre les ports négriers. - Bernard Dordonne

Il y a quinze jours, le peuple boni de Guyane a participé aux Journées mémorielles internationales de la Route de l’esclave, en Côte d’Ivoire. Le député Lénaïck Adam avait alors été couronné roi du village de Kanga Nianzé. L’idée d’un monument en mémoire des Boni déportés y est née.

Quel sens donnez-vous à votre couronnement ? Avez-vous fixé une périodicité pour rencontrer votre cour ?

La charge qui m’a été confiée est avant tout symbolique et honorifique. C’est un symbole hors de prix, et donc je suis très heureux et honoré d’avoir été nommé chef du village de Kanga Nianzé. Ce fut un moment unique, rempli d’émotion, gravé. J’y vois une reconnaissance des ancêtres, à travers les chefs du village, en terre d’Afrique. Pour ce qui est de la fréquence de ma visite, je crois qu’il s’agit d’une démarche personnelle à réitérer autant de fois que nécessaire. J’espère pouvoir y retourner bientôt et leur apporter mon soutien à mon modeste niveau.

 Que répondez-vous à ceux qui remettent en cause votre appartenance au peuple boni ?

Vous savez, l’esclavage a commencé avec ce genre de questionnements et de remises en cause. Par conséquent, je ne commente pas les dérives de la pensée, celles qui divisent et opposent. De manière générale, je prends de la distance vis-à-vis des petitesses et de la vacuité intellectuelle. Qu’ils partent en pays boni et les anciens les renseigneront. Nous sommes tous avant tout bushikondee sama. 

 Quel bilan faites-vous de cette première édition Journées mémorielles internationales de la Route de l’esclave avec le peuple boni ? Le mot pardon a été prononcé. Pensez-vous que le pardon a bien eu lieu ?

J’ai beaucoup apprécié ce retour sur nos terres, là où tout a commencé. Nous avons pu rencontrer différentes branches boni et tisser des liens. Je pense que chaque Noir devrait s’intéresser à ses origines. Venir en terre d’Afrique, en tant qu’afro-descendant, est une merveilleuse expérience. Nous pouvons ainsi reprendre l’écriture d’une page d’histoire autrefois violente et traumatisante. Le pardon trouve alors son sens. Il en a même deux : d’un côté, excuser la complicité de nos frères qui nous ont conduits au départ, et de l’autre, pour excuser l’incapacité à laquelle nous avons fait face, de nous protéger l’un et l’autre lors de ces kidnappings. Le capitaine Bruno Apouyou a reconnu un pardon. Chaque enfant du pays doit pouvoir faire cette démarche individuelle en retournant sur place, s’il en ressent le besoin. Personnellement, je pense que le pardon a commencé dès l’année 2001, lorsque notre ancienne ministre et députée guyanaise Christiane Taubira a porté avec fierté une loi faisant reconnaître l’esclavage et la traite négrière comme un crime contre l’humanité. Aujourd’hui, toutes les dimensions du pardon sont réunies pour aller de l’avant. 

Propos recueillis par Bernard DORDONNE

Le député Lénaïck Adam a été couronné roi du royaume de Tiassalé. - Bernard Dordonne
Le député Lénaïck Adam a été couronné roi de Tiassalé au village de Kanga Nianzé. - BERNARD DORDONNE

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