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MATOURY

Municipales : Jean-Marc Aimable veut "transformer Matoury pour les années à venir." Interview

Propos recueillis par Samir MATHIEU Mercredi 14 Octobre 2020 - 12h46
Municipales : Jean-Marc Aimable veut "transformer Matoury pour les années à venir." Interview
Jean-Marc Aimable conduit une liste pour "décider de l'avenir" de Matoury - DR

C'est le candidat de dernière minute à Matoury. Jean-Marc Aimable a été désigné pour prendre le relais de Jean-Pierre Roumillac, l'ancien maire de Matoury, qui a choisi de se retirer après son score du 15 mars dernier. Jean-Marc Aimable conduit "une liste nouvelle et un projet nouveau basés sur l'exemplarité et le développement de la commune à moyen et long terme". On fait un tour d'horizon sur son projet alors que nous sommes dans la dernière ligne droite de ces municipales. Interview.

 Jean- Marc Aimable, pouvez-vous nous présenter votre candidature, puisque vous n’étiez pas tête de liste le 15 mars dernier lors du 1er tour qui avait été organisé, avant d’être annulé en raison de la crise du Covid ?

Ma candidature est l’expression d’une transmission de génération à génération. C’est Jean-Pierre Roumillac qui, à la demande des administrés, a considéré qu’aujourd’hui, il se devait de transmettre son expérience à un nouveau groupe et par là-même la tête de liste. Je suis extrêmement honoré d’avoir été adoubé par Jean-Pierre Roumillac et les membres de l’Udeg. C’est le résultat d’un consensus unanime.
J’ai accepté pour une raison extrêmement simple. Je pense que s’engager politiquement , c’est d’abord de redonner à la société ce qu’elle m’a donné comme opportunité. J’ai eu la chance d’avoir fait des études. J’ai eu la chance d’avoir un métier dans lequel je m’épanouis. Ça fait plus de 20 ans que je suis directeur de projet au sein d’une collectivité. Je suis président d’association, mais aussi de la Chambre régionale d’économie solidaire. Je suis secrétaire général de la ligue de natation. Je suis président d’une holding associative. C’est l’ensemble de ces expériences et compétences que je voudrais aujourd’hui transmettre dans le cadre de l’exercice de maire, parce qu’une collectivité se doit d’être le premier transmetteur auprès de ses administrés pour pouvoir général de l’emploi, de la sécurité, des loisirs mais aussi et bien-sûr de la cohésion sociale. C’est ce qu’on appelle le « mieux vivre ensemble ». Ce sont tous ces éléments là que j’ai pu expérimenter au fil du temps et qui m’a permis aujourd’hui, de me présenter
Est-ce que ce n’est pas un peu tard pour se lancer ?

Comme dit l’expression : « mieux vaut tard que jamais ». On aurait pu, effectivement, commencer plus tôt, mais je crois qu’une décision, telle que celle prise par Jean-Pierre Roumillac, se mûrit. Et ça se mûrit aussi me concernant. Pour un tel engagement politique, il faut l’assentiment de sa famille, de ses proches. Il faut être suffisamment mur. Aujourd’hui, j’ai 52 ans, deux enfants, avec une compagne depuis 32 ans. Pour moi c’était important de pouvoir m’engager. C’est l’ensemble de ces facteurs qui m’ont permis de prendre cette décision. Ce sont les circonstances, les aléas. Mais je pense qu’il n’y a jamais de hasard. Je m’engage politiquement pour une raison extrêmement simple car je m’engage à tous les niveaux et ça doit être un moyen d’exposer une nouvelle vision de la société de demain. C’est pour ça que j’ai appelé ma liste « agir sur l’avenir ». Je crois qu’aujourd’hui, la vision politique de notre société doit être différente. Il faut être visionnaire, il faut considérer l’environnement comme tel, il faut considérer l’humain comme tel. Il faut changer de paradigme. Il faut prendre en considération l’évolution de son temps. Et puis on a un devoir vis à vis des générations futures. En Guyane, on n’est pas exempté de cela, sauf qu’on a tendance à l’oublier. C’est une nouvelle vision que je préconise pour les Matouriens, et que Matoury serve d’exemple à toute la Guyane si il le faut.

Alors ça paraît peut-être très ambitieux mais c’est une réalité. C’est pourquoi aujourd’hui je me présente au nom de l’Udeg (Union démocratique et écologiste de Guyane), parce qu’on doit considérer l’humain au coeur du développement sociétal, en considérant son environnement. Et ça nécessite du coup, une vison totalement différente de l’économie classique et de la cohésion sociale comme on les voyait autrement. On est sur des problématiques inter-éthniques, inter-communautaires, qu’il va falloir gérer, ne pas s’en servir comme des outils, mais au contraire, s’en servir comme de vrais vecteurs de cohésion sociale, d’enrichissement et cultures personnels. C’est donc le moment de pouvoir s’assumer et d’exprimer une nouvelle Guyane.
Quels sont les chantiers phares sur la commune de Matoury ?

On aura quatre champs prioritaires. Ce sont les quatre « E ». Pour commencer, il y a l’emploi. Je travaille énormément dans les quartiers difficiles. On ne peut pas considérer qu’une collectivité accepte le fait qu’un jeune sur deux (parfois c’est 70 ou 100 % des jeunes) soit au chômage. C’est pas possible. Il faut générer de l’activité économique. Pour cela, il faut trouver tous les dispositifs nécessaires. Ils existent. Il faut donc générer de l’emploi. Moi j’ai fixé comme objectif de créer entre 150 et 200 emplois par an. Je suis persuadé qu’on peut faire nettement mieux.
Le deuxième point qui me semble important, c’est l’éducation. Comment fait-on des citoyens si ils ne sont pas formés et éduqués ? Donc on va partir de la petite enfance jusqu’à la formation professionnelle ou continue. Je reverrai le PEDT avec les services de l’État et la CAF. C’est tout le programme éducatif territorial. Cela permettra à tous les enfants de Matoury d’avoir des temps d’activités périscolaires qui vont s’ouvrir sur le sport, la culture, le soutien scolaire, le numérique et toutes les activités nécessaires. Il y a des exemples concrets. Je suis responsable d’un dispositif où il y a 1 300 enfants. Je peux vous donner des noms comme les Maya Méthéla ou Florent Malouda, qui sont passés par là. Ils sont sortis de ces activités périscolaires et on sait ce qu’ils sont devenus!Il faut aujourd’hui que tous les enfants de Matoury passent par des activités comme celles-là. On doit les former. Il y a trop de décrochage scolaire. On compte à peu près 5 000 enfants en décrochage scolaire. C’est pas possible. Je mettrai à disposition tous les biens publics de la commune au service des organismes de formation pour former les jeunes et les adultes. Il faut rentabiliser le bâtiment public à des fins de formation de façon à ce qu’il y ai une correspondance entre l’offre et la demande avec les entreprises que je vais faire venir ainsi que tous les porteurs de projets… avec l’offre de formation et les jeunes formés qui vont pouvoir travailler dans ces entreprises.

Le troisième point c’est l’environnement. Ça passe aussi par les loisirs. L’exemple concret c’est qu’à Matoury, il n’y a pas de centre-ville. Si j’ai envie de me ballader avec ma compagne et mes enfants en centre-ville, je ne peux pas. Je prends toujours l’exemple de Marigot, qui est la capitale de Saint-Martin. Il y a un petit centre-ville où tous les brassages ont lieu dans la joie et la sérennité. On le fera ici à Matoury.
Un autre point phare de mon projet, c’est de mettre fin au phénomène des tirages. Moi je suis fatigué de voir des familles en deuil. Chaque année on pleure. Et tous les ans c’est la même chose. Je suis en négociation avec la fédération française des deux roues. On mettra en place un circuit deux roues avec une école de pilotage et un atelier mécanique pour pouvoir permettre à tous les jeunes qui se sentent futur pilote d’exercer, d’être formés et de ne plus être des dangers, pour autrui mais aussi pour eux.
Autre point majeur concernant l’environnement, c’est la fibre. Je n’arrive pas à comprendre qu’à Matoury, aucun quartier ne soit doté de la fibre ! À l’ère où l’on vit, on ne peut pas être exempt de la fibre. Ce n’est pas possible. Je veux faire venir des entreprises et porteurs de projets, mais il faut la fibre optique ! Je rappelle que pendant le Covid, les enfants n’étaient pas à l’école. Avec une connexion internet aussi déplorable que la notre, combien d’enfants on a mis en situation de décrochage scolaire ? Les cours qui pouvaient être dispensés aux enfants par le biais de l’outil numérique ont été impossible à Matoury. Impossible ! La connexion est beaucoup trop aléatoire. Elle est complètement obsolète. Il va falloir travailler avec les opérateurs pour installer la fibre.

Le quatrième « E », c’est l’écologie. Je fais partie de ceux qui sont fatigués de voir comment on dégrade la Guyane et la commune. Je suis fatigué de voir des rues jonchées de carcasses de voitures. Je suis fatigués de voir des gens qui prennent la Guyane comme un déchet public. On mettra en place une police de l’environnement. Il faut avoir un service de répression. Mais à côté il faut de la prévention. Ça passe aussi par l’éducation. Il faut éduquer nos gamins à savoir ce qu’est le respect de l’environnement. Une collectivité doit de plus être exemplaire. On va mettre un terme à la consommation des énergies fossiles. Le parc automobile sera 100 % électrique avant la fin du mandat. Je le redis, il faut qu’on donne l’exemple. Il faut aussi que tout le mobilier urbain, dans les futures constructions, fonctionne avec le solaire. Ça existe. C’est possible. Il y a une société à Rémire-Montjoly qui fait ça. On utilise les énergies alternatives à bon escient. Dans le développement de la commune, on devra instaurer une philosophie éco-citoyenne. C’est indispensable.

Pour cela, il faut des domaines d’excellence. J’ai trois types d’excellence. Il y aura l’excellence participative. Je veux instaurer impérativement le référendum d’initiative populaire. Tous les projets dont l’impact sera majeur pour la vie et le quotidien des habitants seront soumis au référendum. Le maire peut le faire de façon à impliquer entièrement un consensus des habitants et de la collectivité. C’est le projet de la collectivité avec les habitants. Le second point, c’est l’excellente partenariale. Je suis sidéré de voir que notre collectivité ne souscrit pas aux fonds européens. Je suis sidéré qu’une collectivité ne puisse pas souscrire à des fonds, des appels à projet de la CTG ou de la CACL et de l’État Si on veut aujourd’hui diminuer les charges fiscales pour les habitants, il va falloir chercher des financements. Ça, je sais faire. Mon équipe sait faire. On va souscrire à tous les fonds existants, notamment les fonds européens mais aussi bénéficier du plan d’urgence.

La dernière exigence, c’est l’exigence publique. Si on veut que la collectivité réponde au mieux aux doléances des habitants, il faut que la collectivité soit la plus réactive possible. J’instaurerai un numéro vert municipal dans lequel tous les administrés auront le droit d’émettre leurs doléances. À cela, sera créée une équipe de veille active, qui devra constater des faits et la collectivité agira systématiquement. Aujourd’hui, il y a trop de décalage entre ce que vivent les administrés et comment la collectivité y répond. Il faut qu’on soit capable d’être au plus vite réactif, aux doléances des habitants. Ça veut dire qu’il faut que la maison du peuple soit vraiment la maison du peuple. On va mener des actions qui doivent être dans l’air du temps. Si il faut que l’on soit l’exemple pour toutes les autres collectivités, Matoury le sera, tant dans l’économie sociale et solidaire que dans l’insertion économique…

Jean-Marc Aimable conduit une équipe renouvelée après le retrait de Jean-Pierre Roumillac qui n'est plus tête de liste. - DR

Comment vous positionnez-vous sur le projet de lycée à Copaya ?

Je vais être très pragmatique. On va arrêter de tergiverser. Le projet est lancé. On y va. Si il faut on en fera un deuxième, c’est pas grave, mais aujourd’hui, il faut agir. En ce qui me concerne, on fera le lycée. La CTG a déjà prévu les fonds. Il faut y aller. Pendant ce temps, ce sont des enfants qui sont dehors. Après, si on doit créer un autre lycée, on le fera aussi.
Sur la route centrale qui doit décharger la RN2 et rallier les quartiers de Matoury, y êtes-vous favorable ?

Totalement favorable ! Il faut désenclaver cette commune. Il y a des goulots d’étranglements qui n’en finissent plus… On a prévu de désenclaver la commune à deux niveaux, mais ça nécessitera des études. On veut désenclaver la commune au nord et au sud et Matoury, en plus de la 2X2 voies. On doit être capable de réduire les délais. Ce n’est plus possible de mettre 1h30 pour faire Cayenne jusqu’au bout de Matoury. On doit être capable de limiter tous ces flux et désengorger tout ça pour avoir une ville correcte. Il faudra aussi développer les pistes cyclables. Il faudra permettre à nos jeunes de ne pas se faire shooter parce qu’il y a trop de véhicules, parce que les routes sont surchargées. C’est un projet global mais qui n’est pas si compliqué que ça parce qu’il y a des tronçons qui sont presque terminés, mais qu’il va falloir faire aboutir.
Justement sur la sécurité sur les routes, on a encore vu ce lundi un accident mortel sur la Matourienne… il y a de gros dangers aussi sur le Larivot… Comment allez-vous agir pour sécuriser les routes de Matoury ?

Je pense qu’on a oublié un point essentiel : il y a trop de véhicules pour trop peu de routes. Plus il y aura de véhicules, et moins il y a de routes, plus il y a un taux d’accidents élevé. C’est à nous de trouver des maillages inter-quartiers pour fluidifier la circulation et donc du coup, diminuer les risques sur la route. Nos routes sont sur-exploitées, et donc on augmente le taux de probabilité accidentogène. Ce ne sont pas les radars qui vont diminuer les accidents, mais le fait d’avoir une politique globale.
Il faudra réfléchir aussi à d’autres modes de transports. À un moment, il y avait avec Montsinéry, un projet de voie fluviale. Il faudra créer des projets innovants de façon à ce qu’on puisse répondre à l’air du temps. Je le redis : « agir sur l’avenir ». Il faut penser à moyen et long terme.
Matoury est la 3e ville de Guyane : vous poursuivez le développement démographique de la commune ?

Pas à n’importe quel prix ! Il est hors de question de faire de Matoury une ville comme Garge-les-Gonesse ou Sarcelles… On a une vraie problématique. C’est l’habitat insalubre. Il faudra s’y pencher très sérieusement. Il faut surveiller le prix de l’immobilier aussi. Il y a une trop grosse spéculation sur le foncier sur la commune. Résultat, les jeunes ne peuvent pas se loger. Oui, on peut faire de l’urbanisation mais elle doit être en corrélation avec l’environnement. Ça mérite une approche plus fine que de faire du logement pour faire du logement. Il faut du logement, de l’emploi, de la cohésion sociale et de l’éducatif, je le redis. C’est ça faire un projet global. Chaque opération urbaine doit être réflechi dans un cadre global de façon à ce que le scolaire, la petite enfance et l’environnement puissent être pris en compte. C’est l’homme qui est au centre de l’activité urbaine et économique.
Comment allez-vous gérer le développement commercial ? Allez-vous densifier les grandes zones commerciales ou allez-vous privilégier le commerce de proximité ?

Si on veut créer un coeur de ville, ce n’est pas de densifier les annexes de la commune. Bien-sûr, Family Plaza a tout son sens. Mais je crois qu’on peut créer de la relation humaine au sein de la ville. C’est pour ça que le coeur de ville est très important pour moi. J’aspire à développer un cadre de vie pour le centre-ville avec les différentes générations, les différentes communautés. Après, on va porter notre réflexion sur la densification outrancière, qui à mon avis ne génère pas plus d’emplois et de cohésion. Il va falloir peut-être à un moment donné, revoir nos partenaires. Ce sont des partenaires et des gens qui investissent, il ne faut pas l’oublier. Donc leur dire « oui », mais avec des conditions. C’est le rôle de la collectivité. Les permis de construire, c’est nous qui les donnons. Il faut bien sûr, une zone d’activités pour les entreprises qui veulent venir, mais en échange, il faut exiger une embauche locale de Matouriens. Il faut créer de l’activité mais au travers du « win to win », comme disent les Américains. C’est du donnant-donnant. C’est comme ça qu’on pourra créer un vrai partenariat avec des partenariats public-privé. Aujourd’hui, on ne peut pas se passer de ça. On ne peut pas opposer le public et le privé. C’est pourquoi je vais créer un guichet unique dans lequel il y aura beaucoup de partenaires privés qui accompagneront la collectivité municipale. Il faut changer le service public. Il doit être qualitatif. Il doit pouvoir impulser l’innovation et les porteurs de projets. Je veux qu’un jeune se dise qu’il peut aller à Matoury parce que c’est là où on l’aide et on l’accompagne. C’est là où l’on trouve les financements pour lui. C’est là où j’ai pour ses enfants une crèche qui est intéressante… Je veux faire de Matoury l’exemple dans ce domaine.
Vous avez beaucoup parlé d’écologie et d’environnement, comment vous positionnez-vous sur le projet de centrale du Larivot ?

C’est un vaste débat. Ça m’interpelle parce qu’aujourd’hui, on est confronté à une vraie problématique. Avons-nous le choix de pouvoir s’y opposer ? Apparemment c’est compliqué… Par contre, on peut se poser la question sur l’emplacement. Franchement j’ai du mal à comprendre ce choix. En plus, le processus retenu n’est pas du tout dans l’air du temps. On va revenir à l’essence, au gasoil… aux énergies fossiles… Au niveau de la collectivité, ça va se discuter avec l’équipe en place. Je tiens à rappeler que dans mon équipe on a un représentant de « Génération écologie ». Ce ne sera pas de la figuration. Il aura un poste clé. C’est très clair. Il y aura une délégation à l’environnement, à l’écologie et à la gestion des risques. Là dessus, il faut qu’on ai un vrai consensus et vraie réflexion parce que les enjeux sont importants quand à l’approvisionnement énergétique de la Guyane et de l’île de Cayenne. Faut-il faire table rase du projet ? Je n’en suis pas persuadé. Peut-être faudra t’il revoir les conditions d’exploitation. Pourrons-nous y rajouter des certitudes en matière de gestion des risques ? Est-ce qu’on pourra aussi l’adapter en faisant un mixte entre les énergies en évoluant dans le temps ? Mais il faut bien répondre aux besoins énergétiques de la population qui ne cesse de s’accroître. En créôle, on dit toujours que tuer votre rat, on brûle la maison… Ce sera pas notre cas. On va pas brûler la maison, par contre, on va voir de quelle manière on peut aménager ce qu’il faut pour tuer le ravet… C’est imagé, mais ce que je veux dire c’est qu’il ne faut pas s’y opposer totalement, par contre il faudra voir dans quelles conditions on peut améliorer les choses. Il s’agit du bien être de nos administrés. Soit, il y a une urgence, on y répond mais cette urgence doit être évolutive en fonction des considérations environnementales.
Comment vous percevez les rebondissements politico-judiciaires à travers la guerre que se livre le maire Serge Smock et son précedesseur Gabriel Serville ? Qu’est-ce que ça implique pour la commune ?

Je trouve que cette situation est extrêmement grave. Si les faits sont avérés, c’est très grave. La justice devra trancher. Mais ça signifie qu’on constate encore que le domaine politique est une nouvelle fois jonché par des tels actes. Ça va encore détériorer l’image de la politique et le désengagement des citoyens à vouloir voter. Si les faits sont avérés, c’est dramatique. Je trouve ça inadmissible. Si ces accusations très graves sont prouvées, on va encore jeter l’opprobre sur les élus. C’est triste. Peut-être que je suis naïf, mais il faut changer cela. Après moi je suis propre. Je ne veux pas me lancer des fleurs, mais je n’ai pas de casseroles, je n’ai pas de problèmes de mœurs. Parce qu’il y a tout ça. Je viens en tout quiétude et de façon très propre. Et j’instaurerai ça en tant que maire de Matoury. Il faut une transparence et instaurer une politique propre. La maison du peuple ce n’est pas la maison de l’enfer. Je laisse à la justice le soin de régulariser ce problème.
Dernière question, si vous êtes élus, vous vous engagez à être le maire, et à ne pas laisser votre place à Jean-Pierre Roumillac ?
Sachez qu’il y a déjà eu une intervention de Jean-Pierre Roumillac en ce sens la semaine dernière. Il y a eu une vidéo très officielle publiée hier sur les réseaux qui redit cela. Oui ce sera moi le maire et non Jean-Pierre Roumillac. Je peux en parler en toute quiétude parce que j’ai eu le quitus de Jean-Pierre Roumillac. Il n’y a pas eu de putsch. Je ne me serai pas permis de faire ça. C’était même pas prévu. Je ne le savais pas encore il y a deux mois, mais tant mieux. Aujourd’hui, Jean-Pierre Roumillac a tenu à transmettre. Je ne connais aucun élu en Guyane, qui a réalisé ce qu’il vient de faire. On peut dire ce qu’on veut de Jean-Pierre Roumillac, mais il a organisé officiellement le passage de relais. Il peut avoir tous les défauts qu’on veut mais il a fait cela. Et c’est très bien perçu des administrés. Beaucoup de Matouriens nous ont dit, ce qu’il a fait c’est remarquable. Peut-être que plus tard, on se rendra compte que c’était pas un si mauvais maire. C’est malheureusement trop souvent à titre posthume qu’on voit les gens. On attend qu’ils décèdent pour se dire « c’était merveilleux ». Je pense que ce geste là est remarquable. Je n’ai pas vu de grands en Guyane qui ont fait cela, sauf peut-être Léopold Héder qui a transmis le maillon à Patrick Lecante pour Montsinéry-Tonnegrande, si mes souvenirs sont exacts. Mais ça date. Le geste est important et est concret. Je serai le maire. Aucun doute. C’est fait. C’est acté. Et ça été validé par l’ensemble des membres de l’Udeg. Il a eu une prise de conscience remarquable. C’est l’acte qui compte d’avoir transmis à une nouvelle génération, qui a de nouvelles idées et qui veut faire changer la ville de Matoury.



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Affreux Jojo 16.10.2020
Connaître sa ville

Les nouveaux quartiers de Concorde ont la fibre, M. Aimable.

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Affreux Jojo 16.10.2020
Connaître sa ville

Les nouveaux quartiers de Concorde ont la fibre, M. Aimable.

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