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Logement : SOS Racisme dénonce les discriminations raciales

Mardi 14 mai 2019
Logement : SOS Racisme dénonce les discriminations raciales
Les chiffres de la discrimination sont alarmants selon SOS racisme - FXG

Une enquête de SOS Racisme révèle que les Africains subsahariens et les Ultramarins ont 40 % de chance en moins d’avoir un retour positif après une candidature pour un logement locatif privé en France.

«Le taux de discrimination est alarmant. » Dominique Sopo, président de SOS racisme, a révélé la semaine dernière les résultats de leur enquête sur les discriminations raciales au logement. Entre mai 2017 et aujourd’hui, 775 annonces ont été testées au regard de cinq origines différentes (asiatique, française métropolitaine ancienne, maghrébine, subsaharienne et ultramarine). Sur les 4 000 mails envoyés, le profil français ancien a obtenu 16 % de retours positifs. Le profil asiatique 12, 5 %, le profil maghrébin 10 % et les profils subsahariens et ultramarins ont eu 9, 5 % de retours positifs. « Cela signifie, explique le président de SOS Racisme, qu’un jeune d’origine ultramarine ou subsaharienne a 40 % de chance en moins d’avoir un logement qu’un jeune actif d’origine française ancienne. » Ce taux est de 37 % pour les Maghrébins et de 20 % pour les Asiatiques. Heureusement, chez les étudiants, ce taux baisse généralement de 10 %.

250 tests depuis octobre

Sur pap.fr et leboncoin.fr, SOS Racisme a procédé à 250 tests depuis le mois d’octobre dernier en Ile-de-France. 1 250 mails pour 250 annonces ; 48 % de retours positifs pour un Français d’origine ancienne, 46 % pour un Asiatique, 31 % pour un Ultramarin, 15 % pour un Maghrébin et 12 % pour un Africain subsaharien. Cette fois l’Ultramarin à 26 % de chance en moins, le Maghrébin 50 % et l’Africain subsaharien 55 % !

Testing inversé

SOS Racisme a encore pratiqué le testing inversé en se faisant passer pour des propriétaires racistes auprès de 90 agents immobiliers oeuvrant pour l’un des neuf grands réseaux immobiliers français (Era France, Guy Hoquet, Nestenn, Laforêt, Arthur’Immo, L’Adresse, ORPI, Foncia, Century 21). 51 % des agents interrogés acceptent les pratiques discriminatoires. 25 % sont prêts à procéder eux-mêmes à la sélection. Seul Century 21 n’a accepté aucune discrimination.

Ce testing révèle le manque d’une volonté, d’une parole constante des pouvoirs publics. « Si ce phénomène est enkystée dans cette région très métissée qu’est l’Ile-de-France, c’est que les pouvoirs publics ont été défaillants face à une société confrontée à des logiques de repli et de réactions. » SOS Racisme propose donc d’imposer des formations aux personnes qui travaillent dans l’immobilier sur le droit à la non-discrimination, mettre de l’information à la disposition des annonceurs sur les sites de particulier à particulier, sensibiliser les magistrats à la question de ces discriminations pour qu’ils sachent les punir. Nous proposons aussi la candidature anonyme. »

Mais, rappelle Dominique Sopo, « le racisme est un délit », donc il veut aussi des sanctions.

FXG, à Paris

Les Ultramarins concernés

« Les Ultramarins sont eux aussi touchés fortement, a déclaré le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, ils sont soumis aux discriminations raciales. Quand quelqu’un se présente de Guyane, de Guadeloupe, de Martinique ou de La Réunion, dans l’esprit commun, il y a quelque chose, une ambiguïté qui la signale comme une personne étrangère. Elle est prise dans un système de préjugés qui peuvent exister sur les personnes de couleur noire. »

L’avis de la délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer

L’équipe de Jean-Marc Mormeck reconnaît que ce type de discrimination raciste touche également les Ultramarins mais elle considère que ce testing n’est pas forcément le plus « pertinent » pour le démontrer : « SOS Racisme s’est basé sur le taux de refus ou de non réponse aux demandes écrites, donc en fonction du nom du demandeur. Or, la plupart des noms des originaires d’outre-mer, sauf Mayotte et éventuellement dans le Pacifique, sont de consonance française. C’est quand il y a visite « physique » que l’ultramarin « de couleur » peut être victime. »

La méthode, se défend Dominique Soppo, a été choisie pour avoir des éléments de comparaison. Ici le mode d’entrée en relation est par écrit. Maintenant une réponse positive — un rendez-vous pour voir le bien ou une demande de pièces complémentaires — ne veut pas dire que la discrimination ne sera pas encore plus profonde à la fin du processus lorsqu’il s’agira de choisir le locataire.

Le délégué insiste aussi pour rappeler que les ultramarins sont encore victimes de discrimination sur le sujet de la domiciliation bancaire de la caution…

Jean-Marc Mormeck, Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer

Comment réagissez-vous aux résultats de cette enquête ?

Ces résultats sont dramatiques. On sait naturellement que la discrimination raciste pour l’accès au logement existe malheureusement mais ses proportions sont dramatiques.

Alors, que faire ?

Il y a un énorme travail de formation à faire mais également plus généralement dans l’éducation de chaque citoyen car le racisme ne touche pas que l’accès au logement. Il faut aussi rappeler à toutes ces victimes qu’il s’agit très clairement d’un délit pénal lourdement sanctionné et qu’il ne faut surtout pas hésiter à porter plainte ou plus simplement à signaler ces situations sur le site du Défenseur des droits par une plainte en ligne. Je pense clairement qu’il faut faire des exemples pour que les choses bougent enfin.

Qu'avez-vous à dire spécifiquement pour ce qui concerne les Ultramarins ?

En ce qui concerne les Ultramarins, il existe en plus une autre discrimination malheureusement trop fréquente : le refus d’une caution locative au motif de la domiciliation bancaire en outre-mer. Là encore, il s’agit très clairement d’une illégalité qu’il convient de signaler systématiquement pour la faire sanctionner.

Propos recueillis par FXG

Jean-Marc Mormeck, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer - DR

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