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Gabriel Serville, député de la première circonscription

« Les Guyanais restent attachés aux valeurs humanistes et progressistes »

Bernard DORDONNE Lundi 17 Juin 2019 - 03h30
« Les Guyanais restent attachés aux valeurs humanistes et progressistes »
Le député Gabriel Serville à sa permanence à Cayenne - BERNARD DORDONNE

Le député Gabriel Serville a été sur tous les fronts durant le premier semestre. Il dénonce le budget 2019 de Matoury dont il a été maire, salue la décision de l’État d’enterrer le projet Montagne d’or et critique le report de la réforme constitutionnelle.

Quelle solution de remplacement proposez-vous au projet Montagne d’or ? Et pourquoi pensez-vous que le ministre va la retenir ?

Je veux saluer ici la décision de sagesse, pour peu qu’elle soit définitive, du gouvernement d’enterrer un projet rejeté massivement par la population guyanaise.

L’État doit accompagner les nombreux porteurs de projets, notamment dans les domaines de la croissance verte. Les leviers et outils sont identifiés dans plusieurs rapports. Il ne manque plus que la volonté politique des exécutifs nationaux et territoriaux. La Guyane se hisse au deuxième rang mondial en termes de ressources en eau douce renouvelable disponible par habitant. Il s’agit là d’une extraordinaire richesse qui n’attend que sa mise en valeur.

Par ailleurs, lors de son récent discours de politique générale, le Premier ministre a déclaré croire en un nouveau modèle économique qui « produise des richesses et de l’emploi, sans salir, sans contaminer, sans détruire, sans condamner ceux qui viendront après nous ». Il ne reste plus qu’à passer des belles paroles aux actes.

La Guyane dispose de tous les atouts en la matière pour devenir un territoire d’excellences. La réforme du code minier repoussée à la fin de l’année et ma proposition d’interdiction de l’utilisation du cyanure seront donc, je l’espère, des occasions de poser le cadre propice à la valorisation de nos richesses aurifères, au bénéfice des Guyanais.

On ne vous a pas entendu sur le sujet du manque d’anesthésistes et de radiologues au centre hospitalier Andrée-Rosemon. Laissez-vous tomber l’hôpital ?

S’il y a un sujet qui me préoccupe, c’est bien l’état de notre système de santé et de l’offre publique hospitalière. Avec mon collègue Alain Brunnel, député du Nord, nous avons rencontré des acteurs de la santé de Guyane dans le cadre de notre tour de France des hôpitaux et des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. De ces échanges, mon groupe parlementaire  élaborera  une proposition de loi santé participative qui sera présentée au Parlement d’ici à la fin de l’année. Plusieurs de nos propositions concernent l’attractivité qui est l’une des difficultés majeures auxquelles fait face le Char.  En parallèle, nous gardons  un contact étroit avec la direction de l’hôpital, les syndicats et les personnels, l’Agence régionale de santé et le ministère de la Santé pour apporter des solutions à court et moyen termes. Je plaide pour la création, dans les meilleurs délais, d’un centre hospitalier universitaire, comme prévu par le protocole d’accord signé le 9 juin par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Hélas, comme sur beaucoup de sujets, le gouvernement a beaucoup de mal à tenir ses engagements envers les Guyanais.

 

Quel est votre avis sur l’arrivée de médecins cubains en Guyane ?

J’y suis favorable puisque, à travers le monde, les médecins cubains ont démontré la solidité de leur niveau de formation et leurs compétences. Cela étant posé, il ne peut s’agir que d’une solution transitoire. D’une part parce qu’il est urgent de faciliter le retour des jeunes médecins guyanais qui souhaitent exercer ici et, d’autre part, parce que l’outil CHU doit permettre de susciter davantage de vocations chez nos jeunes.

Le maire de Matoury a reconnu des erreurs sur le rapport financier mais dit les avoir corrigées avant de l’envoyer au contrôle de la préfecture. Que lui reprochez-vous ?

Le fait de modifier des documents votés en conseil municipal et donc de transmettre au contrôle de légalité un compte administratif 2018 et un budget 2019 qui ne sont pas identiques à ceux approuvés par les élus est illégal. Je confirme que le budget 2019 est faux, déséquilibré et insincère.

Après l’interpellation des chasseurs, vous avez parlé de justice coloniale. Expliquez-vous.

Tandis que les garimpeiros assèchent notre faune en toute impunité, il y a une sorte d’acharnement envers les chasseurs. Ce sentiment de deux poids, deux mesures nourrit le climat de forte tension qui règne. Nous devons nous interroger et surtout questionner les autorités. J’ai bien peur que celles-ci ne se trompent de cible.

Le Parti socialiste a pris une raclée lors des élections européennes. Craignez-vous le même sort pour la gauche aux élections municipales ?

J’observe que la gauche rassemble 35 % des suffrages au national et dépasse les 44 % en Guyane. On ne peut donc pas parler de « raclée ». Le fait que la liste de la majorité présidentielle et soutenue par la majorité territoriale arrive derrière la France insoumise dans huit communes de Guyane, dont Matoury, montre bien la méfiance des Guyanais vis-à-vis du gouvernement et de ses défenseurs locaux. Les Guyanais restent attachés aux valeurs humanistes et progressistes portées par la gauche, L’enjeu sera de dépasser les guerres d’ego pour porter un projet commun ambitieux et qui se pose en alternative crédible à la politique destructrice d’Emmanuel Macron.

Que pensez-vous du report de la réforme constitutionnelle ?

Il s’agit d’un stratagème politicien pour éviter un échec face à l’opposition du Sénat. L’exécutif a du mal avec l’exercice démocratique et la pluralité des idées. Il nous fait donc le coup du report pour éviter tout débat en misant sur le basculement de la majorité sénatoriale en sa faveur. C’est une mauvaise nouvelle pour la Guyane, dont le cadre institutionnel est inadapté.

Qu’allez-vous faire pour sauver la chambre de métiers ?

En 2016, à l’Assemblée nationale, nous avons voté une exonération de certains frais pour les petits artisans, afin de leur donner un coup de pouce au démarrage. Le gouvernement de l’époque s’était engagé à compenser les pertes pour les chambres de métiers et de l’artisanat d’Outre-mer. Cette promesse n’a pas été tenue par l’équipe de Macron. Cela entraîne donc une diminution de 28 % de ressources fiscales pour la CMA qui compose déjà avec des finances fragilisées par les lois travail et la loi Pacte, auxquelles je me suis opposé. J’ai récemment interpellé la secrétaire d’État en charge de l’artisanat ; pour l’instant pas de réponse de sa part. Je rencontre bientôt la ministre des Outre-mer en vue de trouver une solution, sans devoir attendre la prochaine loi de finances, à la rentrée.

Propos recueillis par Bernard DORDONNE

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3 commentaires

Vos commentaires

Paassy 20.06.2019
Hein ?

Attendez, comment peut-on se féliciter de l'abandon de Montagne d'Or pour des motifs environnementaux et de demander à l'état les moyens d'une croissance verte pour la Guyane pour ensuite espérer un "cadre propice à la valorisation de nos richesses aurifères, au bénéfice des Guyanais" ?
C'est complètement illogique (pour rester poli) !

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josy 17.06.2019
Campagne

Déjà en campagne de manipulation !!!!

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Gabriel Serville 20.06.2019
Transparence

Bonjour, pourriez vous être plus explicite afin que je tente de répondre à vos interrogations. Bonne journée

Gabriel Serville

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