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Législatives 2022

Législatives : Les partis politiques servent-ils encore ?

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr Dimanche 12 Juin 2022 - 21h10
Législatives : Les partis politiques servent-ils encore ?

Les partis politiques guyanais qui ont pratiqué le pouvoir ont essuyé une lourde défaite à l'occasion du 1e tour des législatives 2022. Le  MDES, seul "vrai" parti ayant résisté, n'a pour l'instant jamais été aux manettes. Analyse. 

 On pourrait facilement répondre : non. Les partis qui ont pratiqué le pouvoir sont en mort cérébrale depuis samedi soir.

L'alliance de gauche, qui rassemble Walwari, fondé par Christiane Taubira et Roland Delannon, le Parti socialiste guyanais, de Justin Catayée (dont on commémore les 60 ans de sa mort) enchaîne les défaites cuisantes aux territoriales, aux municipales et aux législatives depuis 2010. La tentative de renouveau menée au sein du PSG par Roland Léandre ne prend pas. Pourtant, il a rajeuni les effectifs. Il a fédéré des personnes de la société civile comme Wender Karam, président du Cosma sur Saint-Laurent, Nahel Lama des Frères de la Krik, Gauthier Horth, ancien président des orpailleurs de Guyane (Fedom-g), Barbara Douglas, Mirta Tani... Résultat : 3,53% pour Karam, même pourcentage que lors des municipales et 2,890% pour Line Létard. Un cumul de 452 voix sur tout le territoire...

Guyane Rassemblement (GR) a perdu un scrutin en 2021, Rodolphe Alexandre perd donc pour la première fois en... 27 ans et patatras, la maison s'effondre. La confiance s'est envolée, les gens partent en ordre dispersé et les militants restent chez eux. D'un Grand chelem en 2020 dans les municipales, on abouti à un parti qui n'existe plus.

Est-ce la faute de Boris Chong-Sit qui a refusé le terme d'investi, qui a déclaré sa candidature avant la primaire du parti et qui ne mentionnait pas assez son appartenance à GR ? La stratégie mise en place par l'avocat se comprend. Il n'a jamais soutenu la politique vaccinale de Macron, le barreau s'est mis plusieurs fois en grève pendant le quinquennat. Dans le même temps, GR apportait son soutien au président. Souhaitant “une campagne de vérité”, il a refusé que son nom soit associé à la majorité présidentielle. Dans ce contexte, marteler son appartenance à Guyane Rassemblement devenait compliqué.

En ce qui concerne LFI, comme écrit précédemment, le mouvement était encore une fois divisé. Si l'union se réalise, des succès à venir peuvent donc encore se produire. Davy Rimane peut encore l'emporter dans l'Ouest.

La lourde défaite de Nouvelle force de Guyane (NF) ne s'explique pas. La campagne avait été longue, préparée. Sandra Trochimara, madame le maire de Cayenne a apporté son soutien comme la sénatrice Marie-Laure Phinera-Horth. Pourtant Myrtha Cattier ne rassemble que 140 voix.

"Les gens ne sont pas allés voter car ils avaient tous 6, 7, 8 amis comme candidats et par loyauté ne voulaient pas choisir. Nous, avec 18 candidats, c'était difficile ", constate la sénatrice et présidente de NFG Marie-Laure Phinera-Horth. De là à envisager une telle déroute...

Pour autant, un parti, l'un des plus vieux de Guyane après le PSG et un an plus jeune que Walwari sera au second tour : le MDES. Un vrai parti, structuré avec une idéologie et des livres derrière. “On ne lâche pas les jeunes comme ça au MDES pour faire un effet d'annonce. On nous protège, on apprend, on nous fait lire. Je suis entrée à 15 ans, et aujourd'hui, c'est le moment”, confie Samantha Cyriaque, vice-présidente de la CTG.

L'amalgame entre l'expérience et la fermeté idéologique des fondateurs sexagénaires, dont Fabien Canavy, secrétaire général, Maurice Pindard, Jean-Victor Castor et une cellule communication composée de trentenaires a fonctionné. Pour faire le lien entre les deux : les deux vice-présidentes de la CTG, Samantha Cyriaque, Karine Cression-Ibris et peut-être aussi René-Serge Avril.

Dans la campagne de Jean-Victor Castor, il n'y a pas que le MDES. Je ne suis pas MDES, par exemple. C'est du 70-30”, estime Xavier Nelson, connu pour sa participation à la caravane de la liberté, comme Rayline Robeiri, la directrice de la communication du candidat Jean-Victor Castor.

Peut-être est-ce la bonne formule ? Mais était-elle plus forte que 30 ans de constance dans le combat politique jamais usé, ou très rarement par l'exercice du pouvoir exécutif ?

• Les résultats complets du 1e tour à retrouver ici

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