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LÉGISLATIVES 2022

Boris Chong-Sit : « Ce n’est pas un troisième tour des élections de la CTG »

Propos recueillis par Samuel Reffé Dimanche 3 Avril 2022 - 19h27
Boris Chong-Sit : « Ce n’est pas un troisième tour des élections de la CTG »
Boris Chong-Sit au cours de son premier meeting ce samedi 2 avril au Grand Hôtel Montabo. - NuageCom.com

 Ce samedi 2 avril, près de 400 personnes ont assisté au premier meeting du candidat aux élections législatives Boris Chong-Sit. L'avocat, actuellement conseiller territorial dans les rangs de l'opposition à la CTG, revient pour France-Guyane sur les prémices de sa campagne dans la 1ère circonscription et introduit les dossiers qu'il compte amener au Palais Bourbon.

 Vous avez officialisé votre candidature samedi, notamment après avoir reçu l’appui politique de Guyane Rassemblement à la mi-février. Peut-on dire que la campagne des élections législatives va passer la seconde vitesse ?
C’était un premier meeting, une première rencontre avec la population. J’étais un des premiers à annoncer ma candidature. J’ai déjà commencé sur le terrain, mais ça sera l’occasion de poursuivre ce travail de proximité. J’ai fait des réunions chez les habitants, je rencontre de petits groupes de personnes. Je consulte aussi des spécialistes dans plusieurs domaines, économique notamment, pour enrichir ce que j’ai à proposer à la population.
La démocratie « respire » dans la 1ère circonscription avec des candidatures en nombre. Est-il plus difficile de se « démarquer » dans ces conditions ?

Non, je mène une campagne telle que je la ressens. J’ai décidé d’écouter ce que la population a envie de placer dans le débat public. C’est pour cela que je multiplie les réunions et que je consulte des sachants dans plusieurs domaines. Je vais maintenant m’atteler à aller faire du porte-à-porte dès que la campagne officielle sera ouverte.
Lisa Clifford, secrétaire générale de section à Remire-Montjoly pour Guyane Rassemblement aux élections territoriale, sera votre suppléante si vous êtes élu. Qu’est-ce qui vous a amené à faire ce choix ?

Elle est aussi adjointe au maire de Remire-Montjoly. C’est une jeune femme engagée dans la vie publique. Elle a envie d’apporter sa contribution et représente l’énergie et la jeunesse. On a effectivement mené la dernière campagne des élections territoriales ensemble.
Vous en parliez samedi. Après la défaite de Rodolphe Alexandre aux élections territoriales, des personnes vous ont conseillé de vous éloigner de l’ancien président de la CTG et de son parti. Que leur avez-vous répondu ?

Je réponds que ce n’est pas du tout la même élection. Ce n’est pas un troisième tour des élections de la CTG. Hier, j’ai voulu rappeler la loyauté qu’était la mienne vis-à-vis de Rodolphe Alexandre par rapport aux combats passés que nous avions menés ensemble. Aujourd’hui c’est une nouvelle page. Un engagement qui est personnel puisque c’est une candidature uninominale, ce n’est pas une candidature de liste. Dès 2012, on m’a suggéré de me porter candidat. J’ai estimé que je n’étais pas suffisamment mature à la fois en termes d’expérience politique et puis dans ma vie personnelle et professionnelle. En 2017, j’étais concentré sur mon mandat à la CTG. J’avais collaboré avec M. Canavy à la mise en place de ce nouvel outil institutionnel. Je voulais continuer à travailler au sein de cet outil que j’avais contribué à créer. Aujourd’hui je me sens prêt. En tant que juriste et élu local, ce mandat-là correspond à ma personnalité et mes compétences. Il faut faire part de toutes les conditions requises pour pouvoir être candidat.

Près de 400 personnes présentes au premier meeting du candidat, dont de nombreux adhérents à Guyane Rassemblement, le parti politique créé par Rodolphe Alexandre, ex-président de la CTG. - NuageCom.com

Vous faites partie, en tant que conseiller territorial, du comité de pilotage mis en place au sujet de l’évolution statutaire. Comment les deux prochains députés de Guyane vont-ils pouvoir agir dans le sens d’un « rattrapage structurel » ?

Le député est un des membres du pouvoir législatif. Il contrôle l’action du gouvernement. Mais c’est surtout quelqu’un qui porte les dossiers et la voix de la Guyane au niveau national. C’est un lobbyiste, finalement. Concernant l’évolution statutaire il y aura nécessairement, à un moment donné, une loi organique. C’est un travail purement parlementaire. Il faut de la crédibilité vis-à-vis du gouvernement pour essayer d’apporter dans cette construction une contribution qui soit prise en compte par l’Etat. On va d’abord élaborer le meilleur statut d’autonomie possible. Ensuite il faudra en discuter avec le gouvernement puisqu’on ne peut pas faire cela seul vu qu’en bout de chaîne il y aura une modification constitutionnelle. Le gouvernement ne la mettra à son agenda que s’il est d’accord avec ce que nous proposons. Ceux qui font croire qu’on va construire seuls le statut d’autonomie de la Guyane ne disent pas la vérité. Il y a forcément un moment où il faudra collaborer avec le gouvernement.
Le fait qu’un nouveau gouvernement va s’installer dans les prochaines semaines constitue-t-il une inconnue par rapport à l’évolution statutaire ?

Bien sûr. Cette inconnue-là on ne la maîtrise pas. On devra en tenir compte par la force des choses. Et il est certain que selon celui ou celle qui sera président il peut y avoir des calages différents.
Plus généralement, quels sont les dossiers guyanais qui doivent être rapidement  présentés à l’Assemblée Nationale ?

Déjà, dans les lois de finances, il faut qu’il y ait des budgets alloués au rattrapage structurel de la Guyane et également à la question des dotations globales de fonctionnement (DGF). Il y a une forme d’inéquité, donc il faut un peu d’ingénierie pour qu’on puisse avoir à la fois des dotations, mais également des moyens supplémentaires pour compenser ces inégalités qui existent entre l’hexagone et la Guyane. Par la loi, on peut s’affranchir de tous ces critères nationaux pour avoir des critères spécifiques d’appréciation des dotations. Ça peut se faire sans modification constitutionnelle.

Il faut aussi libérer les énergies pour que nous puissions avoir un vrai développement endogène. Pouvoir exploiter les ressources de ce péyi, c’est-à-dire l’or, l’agriculture, la pêche, le pétrole… Ce sont des sujets qui me tiennent à cœur et qui se recoupent sur ce qu’on appelle le développement endogène de la Guyane. On doit également étudier des pistes pour voir comment le pouvoir d’achat peut être amélioré. Ce qui suppose de poser sur la table la question de la fiscalité, de l’octroi de mer… Plus généralement comment appréhender les formations des prix en Guyane, notamment les produits de première nécessité et les carburants avec les pistes alternatives qui s’ouvrent aujourd’hui dans le débat, notamment l’approvisionnement dans des pays voisins. Ce sont des sujets qui sont importants à travailler finalement. Au-delà de la communication politique il y a vraiment une expertise à apporter pour trouver une solution adéquate.
En ce qui concerne la communication politique, comment comptez-vous établir un lien avec les électeurs Guyanais ?

Je voudrais avoir un discours de vérité avec la population. Je ne compte pas mettre de populisme dans la communication politique. Peu de sujets sont simples à appréhender et à traiter. Je veux apporter des réponses concrètes pour qu’il y ait des résultats et pas simplement pour séduire.
Votre profession d’avocat constitue-t-elle selon vous un avantage de poids pour un mandat de député ?

La familiarité avec l’outil juridique est un avantage évident. Je ne vois pas non plus le député comme un simple technicien du droit. Il faut aussi une dimension politique, donc de la personnalité. C’est un alliage des deux. La connaissance du droit est un avantage, mais ce n’est pas suffisant.


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