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Suriname

Le système électoral en question

E. Gernez Samedi 6 Août 2022 - 10h57
Le système électoral en question
La Cour constitutionnelle du Suriname a été installée le 7 mai 2020. Elle est composée d’une présidente, d’un vice-président et de trois membres, qui – ainsi que les trois membres adjoints – sont nommés pour une période de cinq ans sur recommandation de l’Assemblée nationale. - EG

Hier, La Cour constitutionnelle du Suriname a statué sur le système électoral. Elle indique que le règlement électoral ne respecte pas la Constitution. Elle n’est donc pas valide en l’état.

  C’est à la demande d’une avocate, maître Serena Essed, qu’une révision du règlement électoral a été examinée par la Cour constitutionnelle.
Contraire à la Constitution et aux traités internationaux
  La Cour a tenu compte de la Constitution et des conventions internationales relatives aux droits de l’homme, ainsi qu’aux droits civils et politiques. Sa décision est motivée par l’observation que le règlement électoral, tel qu’il est, ne permet pas à la volonté souveraine du peuple de s’exprimer.
  Elle souligne ‘’des conflits avec le principe d’égalité et l’interdiction de discrimination’’. Elle n’a pas le pouvoir de proposer un système électoral différent, elle rend juste la décision sur la demande présentée. Cette décision prend effet immédiatement. Cela veut dire que, aujourd’hui, si élections anticipées il devait y avoir, elles ne pourraient se tenir de manière valide. Il appartient, à présent, à l’Assemblée Nationale, de définir un nouveau règlement électoral.
Pas d’évolution depuis 35 ans
  L’origine de ce problème de représentation vient du mode de scrutin et de l’évolution démographique. A la base, un découpage électoral en districts qui élisent des représentants. Ce découpage géographique été au moment de sa création utilisé pour garantir une bonne représentation aux communes de l’intérieur. Il n’a pas été revu depuis 35 ans. Avec l’évolution démographique, on assiste maintenant à un déséquilibre de représentation et les districts urbains sont sous-représentés.
Conséquences directes sur la vie politique
   En pratique, cela veut dire que les partis qui ont leur ‘’clientèle’’ dans les communes de l’intérieur sont sur-représentés. En nombre de voix, ils ont plus de sièges à l’Assemblée. On pense tout de suite, par exemple au parti Abop, qui est plébiscité dans les parties Est et Centre du pays.
  Son leader, Ronnie Brunswijk, accessoirement Vice-Président, avait ainsi fortement réagi à l’annonce de la tenue de la Cour pour examiner le règlement électoral. Il avait proférer des menaces, annonçant faire venir ses militants en masse dans les rues de Paramaribo pour défendre l’actuel règlement électoral. On comprend ses motivations, alors que c’est son parti qui serait le grand perdant de cette mise à jour.


La Cour constitutionnelle a été récemment créée, il y a un peu plus d’un an. Avec son premier exploit, il y a un an, confirmant la validité du procès des meurtres de décembre 82, elle avait déjà assise son autorité. Avec cette décision sur le règlement électoral, elle indique clairement que, désormais, il faudra compter avec un arbitre de poids pour garder l’arène de la vie politique du Suriname.


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