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« Le gouvernement met sous cloche la Guyane »

Propos recueillis par Bernard DORDONNE Mardi 4 Juin 2019 - 12h29
« Le gouvernement met sous cloche la Guyane »
Rodolphe Alexandre. - DR

Rodolphe Alexandre critique la décision du gouvernement de jeter à la poubelle le projet Montagne d’or. Il évoque l’idée de ne pas rencontrer le ministre de l’écologie lors de sa visite en Guyane dans quinze jours.

Comment interprétez-vous l’arrêt de la recherche de pétrole en Guyane ?

Pour l’instant, nous ne sommes pas dans un cadre dérogatoire. Nous avons reçu la réponse de la société Total, dans laquelle les responsables nous signifient qu’il n’y avait pas de pétrole dans le puits qu’ils ont foré. Nous ne sommes pas convaincus quand on sait qu’il y a du pétrole au Guyana, au Suriname, à Macapá. Nous n’avons aucune expertise, aucun chiffre, donc nous nous contentons de cette solution temporaire en sachant qu’il y a d’autres zones qui n’ont pas été exploitées. En revanche, nous nous réservons le droit d’attaquer la loi Hulot, qui est une loi scélérate, qui est venue sans consentement, sans consensus nous empêcher de chercher du pétrole en Guyane. Il faut savoir que cette loi s’oppose au droit d’accorder le permis par la CTG. Dans la loi Guyane, que nous sommes en train de rédiger, il est certain que nous allons revenir sur une compétence minière globale.

 Regrettez-vous la décision du gouvernement d’arrêter le projet Montagne d’or ?

Je suis relativement amer et sidéré par une décision prise de façon aussi unilatérale. Je ne suis pas sur une position d’affect et idéologique, je suis sur un projet qui était encore à l’étude et pour lequel la Collectivité territoriale travaillait pour avoir une appropriation effective du projet en Guyane. Incontestablement, il y avait 700 emplois direct mais aussi autant d’emplois indirects. Il y avait des retombées budgétaires et fiscales pour la Collectivité. Nous étions en discussion pour rentrer au capital, pour que des actionnaires guyanais puissent y rentrer, pour qu’il y ait un fond souverain qui soit accordé aux communautés amérindiennes, également pour l’accord en matière énergétique pour la Guyane. Le débat national a été phagocyté et dépourvu de toute démocratie.

Le débat sur le projet de la Montagne d’or est brutalement arrêté parce que le gouvernement prend en otage la Guyane dans la problématique du changement. Par cette décision, le gouvernement met sous cloche la Guyane. Je me pose la question de savoir si je vais recevoir le ministre de la Transition écologie François de Rugy, lors de sa venue en Guyane dans quinze jours.

 La secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, s’oppose farouchement au projet Montagne d’or. Qu’en pensez-vous ?

L’intervention de la secrétaire d’état du ministère de la Transition écologie est affligeante, hautaine et dilatoire. Une fois de plus, la Guyane est prise en otage pour satisfaire les écologistes sans dialogue, ni enquête approfondie auprès des partenaires du monde économique, voire de la population, pire sans compensation financière : les Guyanais devront se contenter d’être des mules pour l’Europe ! Hier, nous accueillions la lie de la société métropolitaine avec le bagne implanté en Guyane. Aujourd’hui, nous sommes l’épée de Damoclès de la planète.

L’orpaillage illégal se vampirise sur tout le territoire après avoir atteint Cacao à 60 km de la ville capitale, au cœur de l’agglomération ! Une provocation de plus des garimpeiros qui continue à déverser du mercure dans nos criques et fleuves tous les jours.

Il y a eu une passe d’armes entre vous et le préfet Patrice Faure, concernant le calcul du prix de l’essence. Est-il vrai que la CTG peut faire baisser le prix des carburants ?

Il n’y a pas eu de passe d’armes entre moi et le préfet. Nous sommes chacun dans notre rôle et dans nos compétences. Mais le préfet n’était pas là, il y a sept ans, lorsque la Région avait accepté de reverser 7 millions sur la taxe sur les carburants pour ne pas subir l’augmentation de la hausse du pétrole. à cette époque, j’ai assumé ma responsabilité. Aujourd’hui, c’est à l’état d’assumer la sienne. Je le dis sans détour : la CTG ne peut pas refaire la même chose car notre budget est extrêmement serré. On a pu sortir une capacité d’auto-financement de 27 millions, après avoir connu un déficit de 90 millions. Les 27 millions supplémentaires doivent permettre de lever un emprunt pour concourir à l’investissement que nous avons lancé. Pour l’instant, ce sont les éléments géopolitiques internationaux qui frappent la hausse du carburant. Il faudra attendre qu’il y ait une accalmie pour que le coût du baril puisse redescendre.

Vous êtes allé constater l’évolution du programme d’installation des compteurs électriques dans les villages amérindiens. Pourquoi ?

Je suis allé, vendredi, avec le directeur d’EDF Guyane, Michel Durand, à Maripasoula afin de constater l’évolution du programme d’installation des compteurs électriques dans les villages de Taluen, d’élaé, de Cayodé et d’Antecume Pata. Lors de ce déplacement, j’ai convié le président du Medef national, Geoffroy Roux de Bézieux, en visite sur le territoire, pour lui demander d’appréhender les difficultés en termes d’équipement, associées à la situation d’enclavement dans lequel se trouvent certaines communes du territoire.

L’électrification dans les villages amérindiens est une révolution. Ils ont désormais de l’électricité à l’intérieur des carbets. Grâce aux installations électriques, ils ont aujourd’hui l’ampoule et la prise dans les maisons. Ils peuvent acquérir un réfrigérateur ou même une télévision.

Il y a plus de 4 000 personnes aussi bien à l’est qu’à l’ouest de la Guyane qui n’ont pas d’électricité. Mon objectif est de tout couvrir.

Allez-vous jouer les médiateurs entre le maire de Matoury Serge Smock et l’opposition de son conseil municipal concernant l’emplacement du terrain pour la construction du nouveau lycée de Matoury ?

J’ai déjà joué le rôle de médiateur et je suis prêt à le jouer autant de fois qu’il le faudra, pour l’intérêt de la jeunesse guyanaise.

Dans cette affaire, je constate que l’on a un terrain viabilisé pour lancer un concours d’architectes et construire un lycée dans les meilleurs délais dans la zone de Copaya, à Matoury. Je note par ailleurs que le dossier Gibelin est lourd pour une construction rapide car le PLU de transformation n’a pas été voté. Il n’est pas viabilisé et il n’y a pas de route d’accès. Dans cette affaire, on perd du temps. Mon choix est fait mais je ne peux pas aller au-delà du conseil municipal et des conseillers. Je regrette que la jeunesse soit lésée. Elle va se trouver dans de plus grandes difficultés en termes de transports par rapport à la carte scolaire.

Pour les élections municipales de mars 2020, votre parti politique, Guyane rassemblement, sera-t-il présent dans toutes les communes ?

C’est sûr que mon parti Guyane rassemblement ira aux élections municipales. Mais nous sommes à neux mois du scrutin et je prends le temps d’organiser mon parti pour l’engager aux prochaines échéances électorales.

Rodolphe Alexandre. - DR
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