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« Le collectif part de l’individu »

Vendredi 15 mars 2019
« Le collectif part de l’individu »
Olivier-Ernest Jean-Marie veut « contribuer à la connaissance des institutions par tous » et utilise le terme « être architecte de la transparence démocratique ». - Serge Ravin

Candidats, scores, dépenses électorales : toutes ces données et bien d’autres se trouvent dans les 142 pages de l’ouvrage d’Olivier-Ernest Jean-Marie. Les taux de participation aux élections particulièrement bas confortent l’auteur dans sa quête de l’émergence d’une intelligence collective, une autre forme d’organisation de la cité.

Comment peut-on qualifier cet ouvrage ?

C’est un ouvrage statistique mais aussi pédagogique. Statistique pour les résultats des élections entre 2007 et 2017, comprenant toutefois pour la deuxième circonscription les résultats des élections législatives partielles de 2018 qui avait été repoussées. Il y a aussi de la pédagogie sur la notion des indemnités des élus. J’explique le barème indemnitaire et la base de l’indemnisations.

Sur le financement public des formations politiques, j’explique quels sont les partis qui sont financés par l’État et selon quelles conditions. On trouve aussi la liste des élus de Guyane. Il y a donc des statistiques mais aussi des explications. L’objectif est de promouvoir la transparence des financements et de faire connaître le paysage politique guyanais. Pour les citoyens, les militants, les élus et leurs collaborateurs directs, les journalistes, les universitaires et tous ceux qui découvrent la Guyane.

Où se situe cet ouvrage par rapport aux précédents ?

Ce mémento fait suite à deux essais que j’ai écrit précédemment. Le premier, Sortir de la pyramide hiérarchique, pose la question de savoir comment, dans la cité et dans l’entreprise, on peut migrer d’une organisation pyramidale vers des organisations plus collaboratives et en prenant des exemples très concrets et très opérationnels. Le deuxième, Grand Tjè Gran Lespri, est un plaidoyer pour une Martinique collaborative et positive.

Tous ces ouvrages sont des ouvrages politiques mais pas de politique électoraliste. C’est de la politique dans le sens de l’organisation de la vie collective. Ce sont des réflexions, des contributions, des propositions pour mieux discuter, mieux débattre, mieux décider, mieux faire et mieux évaluer ensemble dans le cadre des politiques publiques. C’est très important pour moi.

C’est votre contribution au débat citoyen ?

Ma contribution de citoyen ordinaire qui occupe l’espace public, c’est de montrer qu’il nous faut des outils et des méthodes. Or maintenant nous n’avons pas d’outils ni de méthode. Pour mieux travailler, échanger, décider, vivre et faire ensemble. Il y a un apprentissage à faire au niveau collectif mais aussi au niveau individuel. Une des priorités des politiques publiques devrait être l’émancipation individuelle pour permettre aux acteurs de ces sociétés de gagner en confiance en soi et en estime de soi. Si on veut construire une équipe, un collectif puissant et ambitieux, il faut que ce soit basé sur des individualités performantes. Que ce soit en Guyane, en Guadeloupe ou en Martinique, individuellement, on n’est pas très accompagné pour gagner en confiance en soi, en estime de soi. Quand on ne se sent pas capable, on a du mal à imaginer des actions collectives. On a du mal à imaginer l’autre comme un allié. On le voit plutôt comme un rival qu’il faut neutraliser, dominer ou à qui il faut se soumettre. On a toute une révolution culturelle à effectuer sur cette prise de conscience de l’importance de l’émergence du sujet, donc du « Je », pour qu’on puisse construire un « Nous » ambitieux et positif.

Cette intelligence collective ne prend-elle pas forme dans des combats tels que celui mené en France par les gilets jaunes ?

On vit un temps, et ce n’est pas propre à la France, à l’Europe ou au monde, où on s’interroge sur le vivre ensemble, le faire ensemble, le défiler ensemble.

Parce qu’on vit dans un monde qui est incertain, complexe, ambigu, accéléré avec les réseaux sociaux, les nouvelles technologies et on a besoin, pour redonner du sens à la collectivité, de se référer à des méthodes de définition de politiques communes avec des notions de valeur. On vit dans un monde sans valeur, un peu désorienté qui favorise la montée des individualismes et sous le diktat de l’immédiateté.

Dans ce contexte-là, oui, la crise des gilets jaunes souligne la difficulté du vivre ensemble, du décider ensemble et la nécessité de sortir d’une logique pyramidale où le pouvoir et l’information sont concentrés aux sommets et les citoyens sont réduits au rôle de figurants et les citoyens veulent faire entendre leur voix. Ils veulent participer aux décisions qui concernent leur quotidien. Et ça, c’est quelque chose de nouveau qui n’existait pas il y a quarante ou cinquante ans.

Propos recueillis par Serge RAVIN

Harry Audebourg, écologiste, délégué régional du parti Cap 21 - Serge Ravin

Bio express

Olivier-Ernest Jean-Marie, écrivain antillais, vit en Martinique. Il a écrit deux essais : Sortir de la pyramide hiérarchique et Gran Tjè Gran Lespri. Le troisième ouvrage et dernier-né, Le memento des élections 2007-2017 Guyane, est un triptyque qui contribue à la connaissance des institutions et des personnes qui animent la vie politique guyanaise, guadeloupéenne, martiniquaise. (InnoMa, 35 euros)

Harry Audebourg, écologiste, délégué régional du parti Cap 21

« Régulièrement, je recherche des résultats d’élections et d’autres informations… Ce qui est intéressant aussi, c’est l’analyse sur les comptes de campagne, auxquels on n’a pas toujours accès, qu’il livre et qui sont très éclairantes. Notre système se différencie de celui des Etats-Unis d’Amérique où il n’y a pas de limite des dépenses de campagne. Ainsi, même avec de la bonne volonté et un bon programme, un candidat n’a aucune chance d’être élu si sa campagne n’est pas accompagnée de lourds moyens financiers. »

Harry Audebourg, écologiste, délégué régional du parti Cap 21 - Serge Ravin

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